vendredi 9 septembre 2016

Tyrant Fest - Jour 2 (Amiens, 23/04/2016)



Tyrant FestJour 2

(Regarde Les Hommes Tomber / Moonreich / Yrzen)

Wrath of the Tyrant

(par Bloodhound et Vlad Tepes)



Moment : 23/04/16.
Lieu : La Lune des Pirates (Amiens, 80).
Live-report : Jour 1 (première journée).


Tyrant Fest - Jour 1 @La Lune des Pirates, Amiens 22/04/2016


Texte/photos : Bloodhound.
Vidéos : Vlad Tepes.

Second et dernier soir de ce mini-fest aussi sombre que rare dans nos contrées. Effet samedi soir oblige, le public se masse plus rapidement que la veille, ou peut-être est-ce dû à une autre raison… Nous ne tarderons pas à l’apprendre à nos frais : ce soir c’est également ½ tarif pour les casse-couilles !!! Et, nombreux ou non, ceux-ci vont vite manifester leur présence… Car si le casse-couilles est par nature extraverti, il est également doué d’une connerie sans limites et très enclin à étaler cette dernière à l’infini. Observons par exemple ce couple, blindés l’un et l’autre comme un régiment de Panzers, tentant d’établir leur nid près de l’endroit où nous étions postés… Le mâle tout d’abord : très imbu de lui-même, celui-ci se veut (ou plutôt se croit) de nature sociable et pédagogue. Grand adepte de la masturbation (intellectuelle hein ? sinon comment ils feraient pour se reproduire aussi vite ?), il a une opinion très arrêtée sur tout et rien à la fois et, comme tous ceux qui ne savent rien, il se délecte à faire partager à qui veut l’entendre (enfin je me comprends) son ignorance abyssale… C’est donc contraints et forcés que nous apprendrons que les malheureux groupes présents ce soir manquaient de « texture » (en Français dans le texte), et que non, décidément, rien ne valait l’Electro-Punk ! La femelle, quant à elle, cause moins (étonnant pour une femme, non ?) mais agit plus : de nature perverse, elle met à profit son état d’ébriété avancé pour s’éclater (ça personne ne va le lui reprocher) mais ce au détriment des autres, et là ça craint carrément… Adepte d’un pogo décomplexé, cette sadique ajoute à un défoulement légitime le plaisir aristocratique d’emmerder ceux qui essaient de bosser, comprenez les photographes : dès qu’elle en repérait un concentré, tentant désespérément de réussir un beau cliché malgré ces lights insupportables, elle prenait alors tout son élan pour lui rentrer dedans, le tout avec un sourire à s’en décoller les oreilles ! Car pour couronner le tout, cette xxxxx (annotez ici le nom d’oiseau de votre choix, envoyez-le à Psychopathia Melomania, Poste restante, France et le gagnant emportera une soirée dans le restaurant de son choix [à ses frais] avec la Lady…) semblait  persuadée que tout le monde (sa victime y compris) allait rire de sa bonne blague ! La bonne blague en effet… Mais cessons là d’évoquer ces parasites qui ne méritent d’ailleurs pas l’importance que je viens de leur accorder…



Yrzen_logo

Comme je le précisais en introduction du report de la veille, ce genre de soirée est bienvenue tant métalliquement parlant il ne se passe plus grand-chose au niveau de la scène amiénoise. C’est donc avec surprise que j’apprends qu’Yrzen, le groupe ouvrant ce soir, est un groupe… local, formé en 2011 sur les cendres de Moonwrath et ayant même déjà un album à son actif : "Fimmròt" (2013). Si même la scène underground se met à avoir son propre underground, on n’est pas sortis du sable ! Heureuse découverte donc ? Et bien oui… et non !




Oui, car le groupe semble avoir un réel potentiel, tant en maitrise de ses instruments qu’en inspiration ; qu’elle soit thématique (un morceau est par exemple consacré à l’empereur Charlemagne [vous savez : celui qui a eu cette idée folle un jour d’arrêter la colle !] dont nous apprendrons ce soir qu’il était bien plus tyrannique que les livres d’Histoire ne veulent bien nous le laisser croire [dis donc gamin, tu m’as l’air bien jeune pour avoir connu cette époque…]) ou même musicale (il est toujours agréable de voir un groupe affirmer son identité en s’affranchissant rapidement de ses influences, lesquelles ne se font pas trop lourdement ressentir ici). De plus, le jeune public semble tout acquis à leur cause…




Et c’est là où le bas blesse : j’ai bien failli me faire avoir ! Le groupe, venu avec « son » public, joue sur ses terres et donc en terrain conquis ! Leur aisance sur scène prend du coup une résonnance différente et, si la prestation n’en est pas mauvaise pour autant, mon 1er ressenti me parait faussé : quitte à les revoir, il serait intéressant que cela soit cette fois face à un public, sinon hostile comme il sait si bien l’être devant une 1ère partie, du moins plus sceptique et curieux afin de voir ainsi le groupe réellement se battre pour conquérir, et non comme ce soir nous livrer une joute de convenance… A suivre donc…


Set-list Yrzen @Tyrant Fest, La Lune des Pirates, Amiens 23/04/2016
Set-list Yrzen :

1) voir
2) photo
3) de
4) Vlad





Moonreich_logo

« Moonreich, c’est des grands malades ! » A les voir investir la scène un à un, certains le visage bardé de bandages noircis, il est clair que voilà un look original qui ne démentira pas cette rumeur… Groupe parisien formé en 2008, Moonreich (qui n’est pas le croisement illégitime de Secrets of the Moon et de Queensrÿche !) est une des dernières signatures des « fins découvreurs de talents » Acteurs de l’Ombre. Au passage, leur derniers opus "Pillars of Detest" (2015) est une petite bombe qui mérite l’investissement (comme TOUTES les signatures de LADLO, soit dit en passant [de rien les gars!]).




Bombe donc monopolisant comme de juste la moitié de la set-list, les 3 titres restants représentant chacun un de leurs précédents méfaits. Alors Moonreich sur scène, c’est comment ? Comme la 2nde partie de son anglo-germanique patronyme peut le laisser entendre, sur scène c’est la guerre !




Perpétuant le Black « War » Metal d’obédience scandinave de ses débuts, le groupe a désormais muri et, comme l’atteste le dernier opus, arbore désormais une « médaille progressive » sur son noir uniforme. Et, si le chant reste quant à lui assez conventionnel, il n’en demeure pas moins redoutablement efficace. Le résultat, symbiose de noirceur haineuse et de flamboyance malsaine, devrait leur permettre (enfin) de se démarquer de leurs petits camarades dans un milieu où originalité n’est pas loi.







Set-list Moonreich :

1) Believe & Behead
2) Curse Them
3) Le regard du pendu
4) Long Time Awaited Funeral
5) Terribilis Est Locus Iste
6) Pillar of Detest – World Shroud
7) Death Winged Majesty





Regarde Les Hommes Tomber_logo

Et pourtant la claque, la mandale, la purge et la pâtée réunies sont encore à venir. Daignez par avance m’excuser si au cours de ce report l’inspiration vient à me manquer tant je crains d’être à cours de superlatifs… La tête d’affiche de ce soir est donc Regarde Les Hommes Tomber, dont "Exile", le petit dernier (2015) chez LADLO encore et toujours, m’a retourné comme une crêpe.




Si le 1er album éponyme était bon, très bon même, son successeur est quant à lui juste jubilatoire et « parfaitement parfait » : une perle de Black Metal aux ambiances noires et magiques, envoutantes et oppressantes à la fois, comme on en écoute que trop peu dans une vie… De mémoire, seuls "In the Nightside Eclipse" d’Emperor (1994) ou "The Ghost of Heritage" de Winterfylleth (2008) m’avaient scotché de la sorte… Et, comme lorsque j’avais vu ces derniers sur scène, je me fais la réflexion que leur âge (on les croirait tout juste sortant de la fac) contraste sévèrement avec la maturité de leur musique. Mais comme disait ma grand-mère : « La valeur n’attend pas le nombre des années » et la prestation de ce soir fera taire jusqu’aux plus sceptiques. Nombreux d’ailleurs seront les amis me confiant en fin de soirée ne pas avoir vécu une telle expérience depuis fort longtemps…




Expérience oui, car on n’assiste pas à un concert de Regarde Les Hommes Tomber, on le vit ! On le vit au même titre que les artistes vivent leur œuvre, Thomas, le nouveau vocaliste,  en tête. En voilà une découverte ! Celui qui officie parallèlement dans War Inside voit ici son potentiel exploité à sa juste valeur et, littéralement possédé par son interprétation, entre par la grande porte dans ce cercle très fermé (aux côtés d’Aaron Stainthorpe ou d’Alan Averill), celui des chanteurs de grand talent qui ne se contentent pas d’interpréter leurs textes mais qui sont véritablement habités par eux.




L’interprétation des musiciens n’est bien sûr pas en reste : d’une rigueur métronomique et d’une intensité rare, ils mêlent les morceaux du 1er album avec ceux du nouveau avec une telle fluidité qu’on croirait entendre une seule et même œuvre interprétée dans son intégralité (c’est la mode en ce moment).




Et que dire de cette montée crescendo des 2 derniers titres (The Incandescent March & Embrace the Flames) qui nous envoute littéralement, nous transporte et nous oppresse jusqu’à son magistral final libérateur ? La marque des plus grands assurément. Et pourtant modestes avec ça : Thomas me confiera quelques semaines après, à l’issue d’un autre concert dont nous ne manquerons pas de parler plus tard en ces pages, « Avec les gars on fait ce qu’on aime, le plus humblement possible, et avec du cœur ! ». C’est sans doute ça, le talent…




Ce soir, nous aurons eu beau regarder attentivement, nous n’aurons vu aucun homme tomber… Mais nous aurons au contraire eu l’immense privilège de voir de grands artistes s’élever…
… vers de très hautes sphères à n’en pas douter.





Set-list Regarde Les Hommes Tomber :

1) L’Exil
2) A Sheep Among the Wolves
3) Wanderer of Eternity
4) Ov Flames, Flesh and Sins
5) … To Take Us
6) The Fall
7) Thou Shall Lie Down
8) The Incandescent March
9) Embrace the Flames


Juillet 2016,
Rédigé par Bloodhound.


Tyrant Fest - Jour 1 @La Lune des Pirates, Amiens 22/04/2016

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