jeudi 11 août 2016

Tyrant Fest - Jour 1 (Amiens, 22/04/2016)



Tyrant FestJour 1

(Otargos / Phazm / Dunkelnacht)

Circle of the Tyrant

(par Bloodhound)



Moment :22/04/16.
Lieu : La Lune des Pirates (Amiens, 80).
Live-report : Jour 2 (deuxième journée).


Tyrant Fest - Jour 1 @La Lune des Pirates, Amiens 22/04/2016


Jadis débordante d’énergie métallique, l’antique cité de Samarobriva (communément appelée Amiens de nos jours) se repose depuis déjà quelque temps sur ses lauriers : ses gloires passées ont complètement disparues des radars (définitivement ou non), et peu de jeunes loups semblent avoir l’appétit de reprendre le flambeau (ou alors ils bénéficient d’un chargé de com particulièrement incompétent, ou les deux à la fois, allez savoir…). Peut-être est-ce un hasard de calendrier, mais à peine quelques mois après la fusion des régions Nord-Pas De Calais/Picardie (ne comptez pas sur moi pour user de ce nom fadasse dont « on » a décidé à notre place), voilà qu’une association de notre région jumelle (Nao Noïse pour ne pas la nommer) nous propose un festival ma foi bienvenu et au demeurant fort sympathique :  2 soirées de bruit et de fureur réparties en 3 groupes chacune ; du métal, du vrai, du brutal !

Est-ce moi qui ai pris un coup de vieux, mais l’absence de bouilles familières (voire de bouilles tout court d’ailleurs : on était moins nombreux qu’une réunion du fan club de François Pays Bas) attendant l’ouverture des portes me donne un léger malaise : beaucoup de jeunots devant se demander si je ne me suis pas trompé d’endroit (et vérification faite, en effet, Marcel Amont ne jouait pas ce soir) ; on a beau savoir que ça arrivera fatalement un jour, on s’imagine que c’est pour bien plus tard et ça fait tout drôle quand ça vous tombe finalement sur le coin de la gueule… Nonobstant, n’écoutant que l’âge de mes artères, je fais fi de leurs quolibets silencieux (manquerait plus qu’ils aient l’impudence de me narguer) et franchis le seuil de notre bonne vieille Lune des Pirates, où je me fais décidément désormais bien rare…



Dunkenacht_logo

C’est donc dans une salle encore clairsemée que les gaillards de Dunkenacht grimpent sur scène… Comme son germanique patronyme ne l’indique pas, Dunkelnacht est un groupe lillois officiant depuis 2005. Français me direz-vous ? Mais alors pourquoi ce grand gaillard blond aux allures de Viking nous cause en Anglais ? Il se la pète ? Ben non en fait : ce brave garçon, qui fera pourtant l’effort de glisser quelques maladroits frenchies mots dans le texte, est en fait hollandais et a intégré la formation en 2014 pour le dernier album en date, « Revelatio », sorti la même année. Nous livrant un Black guerrier aux relents Thrash/Death, le groupe peine à chauffer la salle qui se remplit peu à peu mais reste de marbre et distante (probablement à cause de la disparition de Prince annoncée la veille). C’est injuste les 1ères parties, non pas que leur musique soit des plus originales, bien loin de là, mais c’est toujours un peu triste de voir un groupe s’esquinter (nul ne peut nier qu’ils mettaient tout ce qu’ils avaient dans chaque riff, frappe – sacré cogneur au passage – ou hurlement), se donner à fond devant un public qui ne les connait pas et reconnaitrait sans rougir ne pas être là pour eux… Mais c’est la dure loi du système, il faut faire avec, et beaucoup de groupes aujourd’hui incontournables en ont passés par là… Fort heureusement, ils réussissent à conquérir le cœur de quelques agités (Ah, Amiens : pays des slammers fous…), que le vocaliste ne manquera pas de pointer du doigt et remercier à diverses reprises… A ce sujet, je ne doute pas que ce brave garçon soit le plus gentil du monde, mais nous balancer qu’après différentes dates européennes nous sommes le meilleur public, faut pas nous prendre pour des lapins de six semaines non plus (ou alors ils avaient fait la tournée des morgues…) ! Un groupe efficace à défaut d’être inspiré, qui ne demande qu’à grandir et avec lequel il faudra sûrement compter à l’avenir.

Set-list Dunkelnacht :

1) le 1er morceau
2) le 2nd
3) celui qui suit
4) là logiquement ça doit être le 4ème
5) ah oui : y avait celui-là aussi…
6) au temps pour moi : ce morceau là se place avant !
7) Patron, la même chose !
8) là c’est le dernier pour ce soir
9) ah ben non finalement… y avait combien de titres pour finir ?





Phazm_logo

Viennent ensuite les Nancéens de Phazm. Dire que je les attends impatiemment est un doux euphémisme tant leur retour était inespéré, et en plus avec une perle rare comme "Scornful of Icons", là c’est Noël avant l’heure, le petit Jésus en culotte de velours (ça c’est  juste pour faire bisquer Pierrick, qui ne manquera pas durant le concert de tancer vertement les monothéistes et leur fanatisme à la con)… Car, disons-le, cet album fera date dans les sorties hexagonales de 2016. Arrachant d’outre-tombe son Death’n’Roll si caractéristique, Phazm le fait forniquer avec un Black luxuriant et hypnotique que n’aurait pas renié un certain Comte Norvégien au sommet de Son art, le tout saupoudré d’une pincée de ces vocaux « shamaniques » si caractéristiques – que n’auraient pas reniés certains moines tibétains en frappant le gong traditionnel avec leurs parties génitales (un petit clin d’œil à Brassens ne fait jamais de mal) – donnant à l’ensemble une notion de sombre quête spirituelle intérieure dont beaucoup pourraient ne pas revenir pour peu qu’ils n’y prennent garde… De la belle ouvrage donc dirait un frère (et confrère), et comme je le disais moi-même à Pierrick en fin de soirée : « Peu de groupes peuvent se targuer de faire leur retour avec une pareille offrande ». En même temps, fallait bien qu’ils se fassent pardonner de nous avoir laissés plantés là…


Un Phazm cuvée 2016 donc, avec un line-up tout neuf (une fois encore Pierrick a su s’entourer de sacrés mercenaires (non, y en avait pas 7) : Joss Dréau (guitares), Fabien W. Furter (basse) & Pierre « Gorgor » Schaffner (batterie) seul rescapé du line-up "Cornerstone of the Macabre" de 2008. Il nous livre une prestation riche et intense, faisant la part belle au nouvel album (interprété en quasi-totalité), ainsi qu’à "Antebellum Death’n’Roll", le « classique » du groupe fêtant (déjà !) ses 10 ans. Un décor résolument tribal et païen, tiré de l’artwork du dernier album et que l’on doit à l’incontournable et talentueux Metastazis (coucou l’ami ! entends-tu toujours l’écho nostalgique d’une soirée amiénoise bien arrosée ?), remplace les squelettes purulents d’antan : fini le 2nd degré « comics », place à une obédience scandinave plus assumée que par le passé, plus rageuse et destructrice aussi. « Y-a-t-il des guerriers dans la salle ? » lance Pierrick avant une martiale et envoutante Conquerors March, ne manquant pas – comme je le soulignais plus haut – de remercier notre présence tout en louant l’absence de fanatiques bas du front, de l’espèce de ceux qui endeuillèrent le pays il y a quelques mois. Le groupe nous revient avec une volonté d’en découdre avec le monothéisme (quel qu’il soit d’ailleurs), faisant appel autant à notre rage intérieure qu’à cette fibre ancestrale qui subsiste en nous, vestige de nos fiers ancêtres combattants. Une prestation tribale et guerrière qui laissera sur le cul un public sorti enfin de sa léthargie (sans doute à cause de la disparition de Prince annoncée la veille). Y a pas à dire, cette reformation relève du PHAntaZM ! A très bientôt j’espère les gars !




Set-list Phazm :

1) Ginnungagap
2) The Bright Side of Death
3) Damnation
4) Howling for You
5) Ubiquitous Almighty
6) Never to Return
7) Conquerors March
8) The Godless Pope
9) Scornful of Icons
10) So White, So Blue, So Cold






A peine le temps de s’en remettre que déjà les joyeux drilles d’Otargos investissent la scène. On ne le soulignera jamais assez : le métal ne paie pas son homme, et force est de constater que nos Bordelais ont dû prendre un job à mi-temps dans une mine de charbon et qu’ils n’ont même pas eu le temps de se décrasser avant de venir… (ah, on me murmure à l’oreillette qu’en fait ça n’a rien à voir et qu’il s’agit là d’un corpse paint un tantinet plus étudié et inspiré que tous ceux qui se bornent à plagier les pandas scandinaves…). Otargos sur scène, ça envoie du bois (non : ils ne sont pas bucherons non plus…), tout en technique et violence maitrisée, un professionnalisme incontesté acquis au fil des tournées. Et ce soir ne fera pas exception : il n’y aura pas de quartiers et les survivants du show précédent vont s’en prendre plein la gueule ! Une set-list essentiellement axée sur "Xeno Kaos" (2015) et sur ses deux prédécesseurs (période à partir de laquelle le groupe a pris une orientation que l’on qualifiera d’obédience «Death ») sur laquelle se glisse un anachronique Kinetic Zero (extrait de l’album éponyme de 2007, que l’on qualifiera quant à lui d’obédience résolument « Black ») et ce avec une fluidité naturelle et déconcertante. Tout ce beau répertoire s’enchaine à une vitesse supersonique, le public a la rage (très certainement à cause de la disparition de Prince annoncée la veille) et remue autant qu’une mer démontée. Mais déjà Cloning the Divine clôture cette intense 1ère soirée. Et c’est donc fourbu mais rassasié et le sourire aux lèvres que je me houblonne une dernière fois les neurones avant d’entamer un tribute à Morphée, car demain soir on remet ça, et ça s’annonce tout aussi jouissif !




Set-list Otargos :

1) Dominatrix - Apex
2) Kinetic Zero
3) The Ruinous Powers
4) Origin
5) Fleshless - Deathless
6) Infernal Legions Strike A.E.
7) Human Terminate
8) Xeno Kaos
9) Remnant from a Long-Dead Star
10) Cloning the Divine


« Now I lay me down to sleep, Pray The Lord my soul to keep,
If I die before I wake, Pray The Lord my soul to take… »

Mai 2016,
Rédigé par Bloodhound.


Tyrant Fest - Jour 1 @La Lune des Pirates, Amiens 22/04/2016

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