mardi 8 mars 2016

General Lee - "Knives Out, Everybody!" (2015)


(Par LeMasc)


Parution : Format : Label : Univers : Pays :
15 juin 2015 LP Basement Apes Industries
Don't Trust The Hype Recordz
Grains Of Sand Records
Post Hardcore
ou la Savate à la French
France


General Lee - Knives Out, Everybody! (2015)
Track-list :

1) Fuel Injected Suicide Machine  YouTube
2) The Beast Inside
3) The Nameless Six
4) The Conqueror Worm
5) Hellbound On VHS
6) Sergio Leone Built My Hotrod
7) Satanico Pandemonium
8) Black Samurai
9) Letter Of Aaron Kosminski From Hell
10) Night Chaser



Line-up de l'album :

Arnaud Palmowski : Chant.
Florian Urbaniak : Batterie.
Vincent Perdicaro : Basse.
Fabien Zwerneman : Guitare.
Martin Catoire : Guitare.
Alex Renaux : Guitare.


Membres additionnels :

Alex Diaz : Chant (sur The Beast Inside).
Vincent Peignart-Mancini : Chant
 (sur Sergio Leone Built My Hotrod).
Manon Hlldr : Chant (sur Night Chaser).





Trois ans se sont écoulés depuis la précédente fournée, c’est comme si le monde avait changé.

Depuis 2008, on peut dire que j’ai découvert LE groupe français me faisant ressentir le plus d’émotions au fil de leurs sorties d’albums. De plus, le groupe a su prendre l’auditeur à contre-pied à chaque album tout en gardant une ligne conductrice évidente laissant une marque de fabrique.

Aujourd’hui "Knives Out, Everybody!" n’échappe pas à la règle : une fois le gros V8 démarré plus rien n’est laissé au hasard et on subit uppercut sur uppercut, et pour les coller un peu plus fort. Alex Diaz  de The Prestige est venu prêter main forte, ou plutôt flow fort, au groupe sur The Beast Inside… L’énergie dégagée par les six lascars est telle qu’on se demande comment il est possible de rester une personne normale après une telle expérience…

Si "Raiders of The Evil Eye" avait laissé une part belle aux mélodies plutôt posées (voie largement plus exploitée sur "Roads"), là pas de place pour la tendresse si-je puis m’exprimer ainsi… comme l’impression d’être sur un manège, et que les gens autour tendent les bras afin de venir vous donner ce que l’on pourrait appeler une calotte permanente ; un peu comme quand on était gamin avec nos vélos et le carton tenu avec une pince à linge dans les rayons… Sauf que là, ben c’est nous le carton…

Et pour autant, rien n’est laissé au hasard. Les petits détails sonores sont là. Et j’avoue en avoir fait beaucoup dans le paragraphe précédent, car tout n’est pas au taquet en permanence… Des moments plus « lents » – si-je puis me permettre – sont présents mais tout aussi malsains…The Nameless Six…ou The Conqueror Worm avec une espèce de passage mettant l’auditeur dans un état d’attente avec les chœurs renforçant l’ambiance. L’auditeur est pris à contre-pied car vu comme on était parti, on ne s’attendait pas à une telle performance. Je m’y perds, je m’y oublie et ne vois pas comment ne pas rester imprégné en permanence de cette sensation…
Mais le manège reprend sa place, Hellbound On VHS, et le nouveau batteur montre bien qu’on n’est pas là pour enfiler des perles, j’ai un bus à prendre alors… Go !!
J’allais vous parler du côté Tarantino de l’album, déjà par sa pochette, totalement dans une ambiance cinéphile. Et lorsqu’on découvre que le titre suivant a un lien avec le cinéma avec de gros jeux de mots laissant planer le but recherché – Sergio Leone Built My Hotrod – (aussi puissant qu’un Hot Rod), emmené par un « Arn » Palmowski en guise de ministre et soutenu dans sa campagne par Vincent Peignart-Mancini de The Butcher’s Rodeo dans un pur style série B digne de ce nom. Je suffoque et cherche à reprendre mon souffle…

En fait, il n’y a pas que les compositions qui ont progressées, mais la production a pris un sacré coup de pompe au derche aussi. Autant quand on voit un film français, la plupart du temps à la façon de filmer on sait d’où ça vient : là c’est l’inverse, rien à envier à l’outre-Atlantique, on est dans le très, très haut niveau… Je m’en gave et en redemande, la salive à la commissure des lèvres, le regard se révulse. On approche du sublime. Je sais c’est souvent le cas avec  General Lee et surtout quand c’est moi qui en parle…

Satanico Pandemonium ne fait que renforcer une atmosphère poisseuse, déjà fortement corrompue pour ma part, laissant se répandre la sauce visqueuse de la hargne contenue dans un bocal cassé tout en mid-tempo, et le thème qui s’installe vers la moitié du morceau ne peut laisser personne indifférent.
Début 2015, un morceau était apparu en avant-première, sorte de préambule à l’album. Black Samurai avait effectivement bien tenu son rôle mais rendant insoutenable l’attente de six mois avant la prochaine dose.

La violence est latente, sous-jacente, pas vraiment directe, comme une mise sous pression, un lion enragé en cage. Les titres Letter Of Aaron Kosminski From Hell ou Night Chaser en sont le meilleur exemple, renforcé sur cette dernière dans l’opposition du chant d’Arnaud et celui de Manon Hlldr (chanteuse de The Shiny Deers). Le résultat est divin et définitif car il clôture cet album…




Alors, plus j’écoute cet album, (je dois frôler les deux-cents fois), plus je me rends compte du côté addictif de ce groupe mais aussi du côté tabou… Tant que je ne parle pas de General Lee, ça va ; tant que je n’entends pas quelques secondes de General Lee, ça va ; sinon c’est mort, il faut que j’en écoute, comme une drogue dont on ne peut se passer si rien ne la tente, un peu comme si vous aviez arrêté de fumer et que dès qu’un pote se pointe avec un clope, bim, on replonge… Et là, parfois je me fais des journées entières avec toute la discographie, soit dans l’ordre, soit en mode shuffle…

Alors voilà, contrairement à ce qu’on pourrait croire lors d’une première écoute, "Knives Out, Everybody!" n’est pas foncièrement différent des précédents, il fait complètement suite à l’évolution en mettant la barre toujours plus haut.

Certes, il est beaucoup plus rentre-dedans mais d’apparence seulement. Si on pénètre le monde de General Lee, on s’aperçoit que leur marque de fabrique est toujours présente et que les premières empreintes laissées par "Hannibal Ad Portas" ou "The Sinister Menace" sont toujours plus ou moins là.
Ce disque est une merveille,  mélangeant tout ce que l’on attend de ce style de musique et vous bottant le derrière exactement comme il se doit. Moi, je valide, je valide, je valide....... cet album est un chef-d’œuvre…


P.T. (Post Tristum) :
Oui, triste, car le lendemain de la clôture de mon article ci-dessus, j’apprenais que General Lee avait décidé d’en finir après quinze ans de concerts à travers la France et l’Europe, partageant les affiches avec des groupes tels que Cult Of Luna, Suicidal Tendencies, Amenra, Coilguns, The Ocean, This Will Destroy You, etc… laissant derrière eux deux splits (avec As We Bleed et Euglena), quatre albums aussi énormes les uns que les autres et des tas de fans tristes…
C’est ainsi…
Arnaud m’en a parlé, ils n’ont pas le choix, les choses font que ça devient trop compliqué. Donc afin de faire une dernière « bagarre » tous ensemble, la grande messe de fin aura lieu à l’Aéronef de Lille, le 30 avril 2016… donc un concert à ne pas manquer afin de rendre hommage une dernière fois et comme il se doit à General Lee !!!


Février 2016,
Rédigée par LeMasc.


General Lee


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