vendredi 29 janvier 2016

Starofash - "Ulterior" + interview Jason Mehlhorn



Starofash - "Ulterior" (original motion picture soundtrack)

(2009)

(par Vlad Tepes)



Parution : 2009
Format : LP
Label : Mnemosyne Productions
Univers : Intimisme en clair/obscur…
Pays : Norvège


Starofash - Ulterior (original motion picture soundtrack)
Track-list :

1) The dream
2) Yellow light
3) He waits
4) Alone at last
5) The letter
6) Girls on benches
7) In love
8) Sleeping spy
9) Michael
10) Run Sophie
11) Bad dreams
12) No pulse
13) Wake up
14) Make up
15) Someone in the house
16) No Jacob’s dream 1
17) Still alone
18) Dark street
19) Get out of my life
20) No Jacob’s dream 2
21) Empty me
22) Sophie’s theme YouTube


Click here for English Version :
Version anglaise/english version


Line-up :
Heidi S. Tveitan : Voix/Tous instruments/Paroles.


Chapitrage :
Epilogue : Interview de Jason Mehlhorn.


Le premier pas est important, unique, intemporel. Jason Mehlhorn le sait bien car "Ulterior" est son tout premier film, tout comme je prends ma plume pour écrire mes tous premiers mots au sujet de Starofash

Je viens ici me plonger dans l’entremêlement des confidentialités, où la discrétion musicale s’invite à la discrétion cinématographique. En effet, "Ulterior" est qualifié par son auteur de film à micro-budget, à tel point qu’il ne sera jamais divulgué sur format DVD. (1)




Par ailleurs, Starofash est toujours apparu comme un projet confidentiel, et cette bande originale de film en sera probablement le secret le mieux gardé (2), comme une boite à musique poussiéreuse que l’on a un jour la chance de découvrir dans quelque grenier porteur d’infinis et discrets souvenirs.

Il me faut me contenir pour ne pas être d’emblée dithyrambique concernant Starofash, projet ambitieux et inclassable derrière lequel se cache un seul être, dont l’atypisme côtoie avec élégance une audace que tant d’artistes pourraient lui envier : Heidi S. Tveitan. Ma "discrète" passion à l’égard de son art musical me porte à vous parler à cœur ouvert de cette bande originale de film dont le mélomane averti devrait se rendre hautement curieux.

Laissez votre âme venir nager en eaux troubles avec Sophie (incarnée par Maria Marleaux), où le courant jouera à vous faire frissonner et/ou frémir…







I. Errances subjectives…
The dream
– Ear – Un triste piano livre quelques notes, sobres et mélancoliques…
– Eye – Insoumis à la gravité, le corps de Sophie flotte, mais retombe peu à peu alors que les vapeurs oniriques se meurent : ses deux petits yeux s’ouvrent.

Yellow light / He waits
– Ear – Reprenant quelque entrain, ce piano nous guide en un terrain inconnu, où chaque pas s’identifie à chaque note.
– Eye – Une maigre chaleur descend des nuages pour irradier le bitume de peau. Mais d’étranges cliquetis échappent à Sophie. Un œil se diffusant dans l’air… une enveloppe sous les paumes de pied…

Alone at last
– Ear – Sortant du cercle, le violon prend notre main comme pour nous inviter à une douce valse…
– Eye – Un jeu de fermetures semble tenir Sophie entre deux espaces. Puis, les pieds sévèrement ancrés dans le sol, survient la rupture de deux êtres-monde(s)…

The letter
– Ear – Tournoiement de courte durée, la perplexité prend la suite du chemin…
– Eye – Bruissement de papier : l’œil dévoile ses perceptions en trois feuillets découpés ; Sophie au corps clivé, au regard nié.

Girls on benches
– Ear – … avant qu’un climat d’effroi nous guette subitement, s’entremêlant à la douce mélancolie. Le piano entre alors en légère dissonance, les touches s’appuyant avec abruptesse.
Ici se crée une sorte de clivage, laissant l’auditeur perplexe et perdu. Que peut-on se représenter à cet instant, alors que le présent fait preuve d’une si grande ambivalence ?
– Eye – Tous ces corps qui ne sont pas les tiens, que cachent-ils ? Qui sont-ils ? As-tu peur Sophie ?

In love
– Ear – La mélancolie semble se propager, se diluant dans l’air…
– Eye – La rose sur papier échoue à entrer en un monde neutralisé, désaffecté pour ses dernières secondes. Que ressens-tu Sophie ?

Sleeping spy
– Ear – … devant fin brouillard, devenant mystère galopant. Quelque chose se met en marche, mais dans une direction qui nous est pour l’instant inconnue.
– Eye – L’émotion émerge en Sophie, le corps se mouvant peu à peu entre les murs. Mais son visage se fige quelque peu…

Michael
– Ear – Le piano fait ici preuve de bien moins de mystère, posant l’effroi dès les premières notes. Une certaine opacité prend corps, les notes passant d’une fine pose à l’image d’une main s’appuyant toujours plus sur notre épaule. Le contact devient de plus en plus pressant…
– Eye – L’intrus est là, posant ses doigts, marquant son territoire dans le tien Sophie. Il capture jusqu’à ton odeur…

Run Sophie
– Ear – Ce piano marchant nous revient pour un court instant…
– Eye – … Reprendre un souffle au dehors, reprendre ton souffle Sophie. Puis, une nouvelle coupure, une entaille.

Bad dreams
– Ear – … pour de tristes rêves.
– Eye – Il rode…

No pulse
– Ear – Le piano lourd vient incarner une main intrusive, porteuse de terreur. S’ensuit une fourberie de légèreté, nous laissant tremblant à l’extrême.
– Eye – L’intrus ne donnant pas son nom délivre l’Horreur : une seule goutte de sang… tant d’autres à l’intérieur.
Sophie, délivre ta vengeance avec ce scalpel effilé. Ce cadavre n’est pas le tien.

Wake up
– Ear – Un réveil triste, étrangement dépourvu de cette terreur pourtant si réelle. Où sommes-nous ? Où sont terrées nos émotions ?
– Eye – Ton poignet en souvenir de l’Horreur, Sophie.

Make up
– Ear – Faire semblant… ô piano, tu sembles nous narrer une illusion, nous montrant une fine couche de givre, masquant ce que l’on refuse de re-voir au sein du Réel.
– Eye – Se faire face à nouveau. (Se) Mentir. Ruminer. Pâlir.

Someone in the house
– Ear – Le givre se fragmente doucement, avant que de fortes notes de piano nous fassent sursauter. Notre paroi d’âme tremble de tout son poids.
– Eye – Quelqu’un ? Sophie… Un brut sourd et ton âme s’affole à nouveau, en une lourde compulsion.

No Jacob’s dream (1)
– Ear – La vision est trouble, rendant le Réel difficile à percevoir. La pensée se trouble alors, esclave de l’insaisissable. La réalité… notre réalité semble se muer en cauchemar.
– Eye – Cauchemar : L’intrusion provient de toutes parts, ce couteau glissant sans cesse de tes doigts. L’Horreur.

Still alone
– Ear – Nostalgie de notre tristesse, antique désormais. Le violon, l’interprète de mots qui nous échappent…
– Eye – Affronter encore, le dos enfoncé dans le mur. Ouvrir enfin cette fenêtre, et laisser l’air aspirer les souvenirs de Mort. Mais ils flottent, et tu pleures…

Dark street
– Ear – La tristesse légère n’est plus. Nos pas sont lourds, comme absorbés par le sol.
– Eye – La solitude absolue, Sophie. Cet enfermement te tue à petit feu, alors que plane le fantôme…

Get out of my life
– Ear – Les pas s’accélèrent, cherchant à distancier le Réel, ce Réel. Les yeux tournés vers le ciel, cherchant une lumière vive, nous restons à tournoyer en nous-mêmes.
– Eye – Un fauteuil en linceul, et le flot de questions se trouve aspiré par le vide. Tu glisses peu à peu, toi aussi aspirée…

No Jacob’s dream (2)
– Ear – La terreur cloisonne, nous enferme peu à peu. Oui piano, nous sommes écrasés. Condamnés à l’errance trouble…
– Eye – En vapeurs oniriques (suffocantes), le linceul se déplace alors au-dessus de son visage endormi, ses poignets en sanglant témoignage. Dissociée, Sophie tu te regardes ne plus être, et lui fait face pour la toute dernière fois.
« I travel away
But I am stuck
Wherever I go… »

Empty me
– Ear – La tristesse vient à nouveau nous cueillir, nous enrobant de mains habiles. Apportant contenance, elle nous montre cet enfermement nôtre. Repliés du monde, à jamais.
– Eye – Partir, Sophie. Scruter le gris horizon.
6h : Ce ruban clôt ta bouche, enferme tous les mots en ton âme. Au-revoir Sophie.
« Do you know me?
Will you find me?
I lost my heart
Somewhere in you »
-          "Sophie, to Sophie"

Sophie’s theme
– Soul – Le piano trace le déracinement du Réel, nous coupant de lui. L’âme tout autant que le corps accède à la libération, flottant dans les airs, s’élevant dans les cimes… retrouvant sa légèreté alors que les derniers questionnements s’évaporent dans le lointain.

– Soul – Une note, seule, résonne et se meurt.







II. Une pellicule de piano…
Atypique. Le mot est lâché. En effet, "Ulterior" constitue une pièce à part dans la discographie de Starofash, mais pas seulement. Malgré que cette bande originale de film se détache de toutes les autres œuvres de l’entité, elle conserve pourtant en son sein tout ce qui constitue sa musique. Là est tout le paradoxe : "Ulterior" est à la fois externe et interne au chemin musical de Starofash.

L’élément le plus caractéristique est peut-être ici le piano, ou du moins le ressenti qui en est issu. Ce distinguo est essentiel à écrire car Starofash ne peut être qualifié au travers des instruments qui s’y exprime ci-et-là, mais bel et bien par le ressenti brut : la finalité prévaut au détriment des éléments permettant d’y accéder. En est issue cette sensation profondément intimiste, ici cloisonnée.

Toutefois, l’atypisme que je mentionnais tout à l’heure provient de la forme de cet intimisme sur "Ulterior", aux parois épurées et d’une sobriété poussée à l’extrême.



III. Une méthode
Décors : Une aube timide, où le noir laisse progressivement place au gris. Une noirceur créée de toutes pièces, au coin du feu, loin du monde.

La voie auditive fut notre porte d’entrée et notre sanctuaire d’expression, la voie rétinienne venant la soutenir en second plan. Faire prévaloir l’œuvre de Starofash sur celle de Jason Mehlhorn dans le présent écrit ne pouvait se faire sans l’accord préalable et inconditionnel de ce dernier.

Puis se sont entremêlées ces deux formes, pour fusionner en mon âme, et dont mes mots en sont la tortueuse synthèse. Faut-il comprendre ce qu’il se passe ? Pas nécessairement : seul le ressenti – diamant brut – existe et demeure.

Je tiens à remercier chaleureusement Jason pour sa disponibilité, ainsi que pour m’avoir offert l’immense privilège de voir "Ulterior".



Avril à Août 2013 – Février
à Juillet 2014,
Rédigée par Vlad Tepes
.


Notes :
(1) Vous pouvez trouver un "behind the scenes" du film juste ici :
·         Première partie : http://www.youtube.com/watch?v=_xuaIs_CfQQ
·         Seconde partie : http://www.youtube.com/watch?v=08OdZKp7b_s
 (2) L’album se présente sous la forme d’un petit digipack limité à 300 exemplaires, numéroté soigneusement à la main.

Liens officiels
1. Starofash
Site officiel : http://www.starofash.com/

2. Jason Mehlhorn

Où voir le film ?
(Password : bingo)

Où se procurer l’objet ?


Starofash - "Ulterior" (original motion picture soundtrack) (2009)





"Ulterior" : Epilogue.

… Interview de Jason Mehlhorn



Vlad Tepes : Salut Jason ! Tu es le réalisateur de "Ulterior", et je pense que tu devrais te présenter pour ceux qui ne te connaitraient pas déjà…
Jason Mehlhorn : Salut Vlad et merci de vouloir m’interviewer. J’ai terminé la réalisation de "Ulterior" il y a de nombreuses années donc cela me surprend que les gens y portent encore un intérêt. Je me dois aussi d’ajouter que j’avais l’intention de re-visionner le film pour re-rafraichir ma mémoire concernant ce processus et cette période mais n’ai pas réussi à le faire. Quand je termine un travail je ne le regarde jamais de nouveau et j’essaie juste d’avancer vers la prochaine étape. Mes réponses ne seront peut-être pas 100% exactes mais peut-être est-ce plus intéressant ainsi !
Pour revenir à ta question, je suis un réalisateur d’Irlande. J’ai fait des documentaires, des films expérimentaux et des fictions dont "Ulterior" fut mon premier long métrage. J’ai récemment achevé mon second long métrage.

Vlad : Pour cette bande originale de film, tu as travaillé avec Heidi S. Tveitan/Starofash. Comment cela est arrivé ? Peux-tu nous narrer l’histoire de cette rencontre artistique ?
Jason : J’étais en train de travailler sur le script et écoute souvent de la musique quand j’écris ou développe des idées car cela semble m’aider à un certain niveau. Plus tôt dans cette journée j’ai recherché un album où intervenait Heidi sous le nom de HardingRock, qui était une collaboration entre Heidi, son mari et un musicien de folk local de leur ville d’origine en Norvège. Il y avait dessus un titre électronique nommé Nykken qui selon ce que j’en ai compris fut entièrement écrit par Heidi et immédiatement je savais que c’était l’humeur de la musique dont avait besoin le film et j’ai envoyé un mail à sa structure de production, Mnemosyne Productions, et les choses ont démarré de là.

Vlad : C’était ton premier film. Etait-ce symbolique pour toi que ce soit Starofash qui constitue sa bande originale ?
Jason : Je pense que mon seul intérêt à essayer d’utiliser les talents d’Heidi résidait dans le fait que sa musique était idéale pour le film et je souhaitais quelqu’un avec une voix caractéristique. Il y avait la possibilité que si Heidi n’était pas intéressée il n’y aurait pas eu de musique dans le film puisque je suis presque convaincu l’avoir vu ainsi à l’origine. Mais quoiqu’il en soit, je sais de manière certaine que je n’aurais jamais demandé à un autre compositeur de « sonner comme ça » en imitant le style d’Heidi, ce qui est extrêmement fréquent dans le cinéma à petit budget. C’est insultant pour tout le monde je trouve.
Donc même si je ne pense pas que c’était symbolique de l’utiliser pour mon premier film, le fait qu’elle n’ait jamais travaillé sur un long métrage auparavant était un peu rassurant pour que nous puissions trouver notre chemin ensemble. Je me souviens aussi qu’elle était bien plus tolérante envers moi qu’elle n’aurait dû !

Vlad : Comment te sens-tu relié à la musique de Starofash ?
Jason : C’est une question difficile. J’ai suivi le parcours musical d’Heidi depuis Peccatum dans les années 90, ça a dû être, et je pense que la musique qu’aiment les gens est un reflet de leur être, faute d’un meilleur mot, donc je suis définitivement relié à sa musique mais c’est très difficile de traduire ces choses-là en mots.

Vlad : En parlant plus particulièrement du film, comment le perçois-tu aujourd’hui ?
Jason : J’ai fait ce film à un moment où j’en savais très peu sur la réalisation et l’écriture de films car la majeure partie de mon expérience précédente provenait de documentaires, et j’étais encore relativement jeune et le budget était très modeste. C’était sans aucun doute le plus grand et abrupt tournant d’apprentissage que je n’ai jamais eu sur aucun projet de film et par conséquent un des plus importants pour cela. Il y a beaucoup d’idées dans le film résonnant encore en moi et je les ai depuis explorées dans d’autres projets et continuerai à le faire.

Vlad : En parallèle, comment Heidi perçoit "Ulterior" ?
Jason : Je ne suis pas certain mais j’ai peu de doute sur le fait qu’elle ait beaucoup appris de l’expérience elle aussi.

Vlad : En parlant de la chronique ci-dessus, est-ce que mes mots ont rencontré ta perception de la musique de Starofash ?
Jason : Oui, beaucoup et un grand merci d’avoir chroniqué le film ! C’était très agréable à lire et c’est intéressant aussi d’entendre des opinions et plus encore, des interprétations du travail. Une de mes grandes difficultés à moi – et je pense la plupart des réalisateurs qui ont réalisé des films – est de savoir comment quelqu’un d’autre les perçoit puisque c’est si subjectif. Même si je suis rarement à la recherche d’avis, c’est très plaisant de les entendre quand ils sont offerts et ce indépendamment qu’ils soient bons ou mauvais. J’avais aussi oublié quelques scènes du film que tu as commentées dans cette chronique et c’était très intéressant, d’avoir des souvenirs resurgir.

Vlad : Pour tes futurs films, peux-tu peut-être nous parler d’autres collaborations musicales ?
Jason : Oui, je viens d’achever un long métrage nommé "Drifting" qui est la première partie d’une trilogie de films. Le film incorpore la musique d’un gars talentueux du nord de l’Irlande qui est la personne derrière les groupes Beithíoch et projet ambient appelé Síol Na Gréine. Ces groupes qui pourraient avoir un intérêt pour tes lecteurs et il y a quelques albums complets en ligne en téléchargement gratuit. La musique que j’utilise de lui était déjà pré-écrite, plutôt que de lui avoir fait composer quelque chose. Je ne suis pas encore certain de la musique qui pourrait être ou pas dans les deux autres films mais j’essaie de standardiser la trilogie donc cela aurait eu plus de sens d’avoir de la musique dans les trois.
Je viens aussi de commencer un documentaire sur internet concernant un célèbre musicien dont le nom devrait être familier pour tes lecteurs mais il y a encore beaucoup de choses complexes à régler pour s’assurer que cela puisse avoir lieu donc je ne peux pas trop en dire à ce stade malheureusement. Si tout se passe comme prévu ce projet de long métrage sera disponible à visionner gratuitement en ligne dans moins d’un an.

Vlad : S’il y avait une seule image ou un seul élément dont tu voudrais que nous nous souvenions au sujet du film "Ulterior", quel serait-il ?
Jason : Il y a quelques plans que j’aime encore du film mais parmi mes favoris il y a ce plan du jardin de derrière où Sophie regarde sa porte du patio arrière alors qu’elle est piégée à l’intérieur de la maison. Je pense que cela arrive vers les 40 minutes du film et encapsule peut-être un des thèmes du film. Il s’agit également d’un obscur petit hommage au film "Playtime" de Jacques Tati que j’adore.

Vlad : En parallèle, s’il y avait une note ou un élément dont tu penses que nous devrions nous souvenir concernant la bande originale de "Ulterior", quel serait-il ?
Jason : Le personnage principal du film, Sophie, est très internalisé et je voulais que les compositions d’Heidi reflètent ses pensées et sentiments cachés, ce qu’elle a fait merveilleusement. Je pense que la plupart de tout ça s’accumule au sein de la dernière pièce musicale du film, donc je la choisirai pour que les gens l’expérimentent.

Vlad : Je me dois de te remercier Jason pour ton temps et ta gentillesse, invitant les plus fervents lecteurs à découvrir ton univers visuel, à travers "Ulterior" et au-delà…
Jason : Il n’y a aucun problème Vlad et merci encore pour ton intérêt et ton soutien !


Janvier 2016,
Dirigée et traduite par
Vlad Tepes.



Starofash - "Ulterior" (original motion picture soundtrack) (2009)








Starofash - "Ulterior" (original motion picture soundtrack)

(2009)

(by Vlad Tepes)



Release : 2009
Format : LP
Label : Mnemosyne Productions
Realm : Intimism in clair/obscur
Country : Norway


Starofash - Ulterior (original motion picture soundtrack)
Track-list :

1) The dream
2) Yellow light
3) He waits
4) Alone at last
5) The letter
6) Girls on benches
7) In love
8) Sleeping spy
9) Michael
10) Run Sophie
11) Bad dreams
12) No pulse
13) Wake up
14) Make up
15) Someone in the house
16) No Jacob’s dream 1
17) Still alone
18) Dark street
19) Get out of my life
20) No Jacob’s dream 2
21) Empty me
22) Sophie’s theme YouTube



Line-up :
Heidi S. TveitanVocals/All instruments/Lyrics.


Chaptering :


The first step is important, unique, timeless. Jason Mehlhorn knows that pretty well because "Ulterior" stands as his first movie, like I take my quill to write my very first words about Starofash

Here I dive into the interspersion of privacies, where musical discretion invites itself to a cinematic one. Indeed, "Ulterior" is qualified by its creator as a micro-budget movie, to the extent that it has been never spread on DVD format. (1)




Besides, Starofash always appeared as an undisclosed project, and this original soundtrack stands as its most guarded secret (2), like a dusty music box which we’re lucky to find one day in some attic carrying infinite and discreet souvenirs.

I must contain myself to not be hastily dithyrambic about Starofash – an ambitious and unclassifiable project, within which is hidden one single being, whose elegant uniqueness stands alongside an audacity that so many artists could envy: Heidi S. Tveitan. My "discreet" passion in regard to her musical art carries me to talk to you open-heartedly about this original soundtrack that any aware melomaniac should be highly curious.

Let your soul come swim in troubled waters with Sophie (incarnated by Maria Marleaux), where the flow will play in making you shiver and/or tremble…





I. Subjective wanderings…
The dream
– Ear – A gloomy piano delivers here a few notes, sober and melancholic…
– Eye – Disobedient to gravity, Sophie’s body floats, but falls again slowly while dreamlike vapours fade away: her two little eyes open.

Yellow light / He waits
– Ear – Taking back some warmth, this piano guides us to an unknown soil, where each step identifies with each note.
– Eye – A skinny heat descends from the clouds to irradiate the skin’s asphalt. But strange inklings escape from Sophie. An eye releases itself into air… an envelope under feet’s palm…

Alone at last
– Ear – Outgoing from the circle, the violin took our hand, like inviting us to a sweet waltz…
– Eye – Some play of shuttings seems holding Sophie between two spaces. Then, with feet harshly anchored into the ground, occurs the split of two beings-world(s)…

The letter
– Ear – A short whirling, perplexity follows the way…
– Eye – Paper’s swishing: the eye unveils its perception in three jagged layers; Sophie in a splitted body, with a denied look.

Girls on benches
– Ear – … before dread climate spy abruptly on us, mixing up with sweet melancholy. Then the piano enters into subtle disharmony, keys leaning on with severity.
Here setting up some sort of a cleavage, leaving the listener puzzled and lost. What can we represent in ourselves at that instant, while the present displayed such a massive ambivalence?
– Eye – All these bodies that aren’t yours, what are they hiding? Who are they? Are you afraid Sophie?

In love
– Ear – Melancholy seems to spread, watering down into air…
– Eye  – The paper’s rose fails entering into a neutralised world, closed down for its last seconds. What do you feel Sophie?

Sleeping spy
– Ear –  … in front of a thin fog, becoming a galloping mystery. Something is put in motion, but yet in an unknown direction.
– Eye – Emotion is growing inside Sophie, the body moving little by little between the walls. But my face clots somewhat…

Michael
– Ear – Here the piano reveals less mystery, putting some dread from the first notes. Some opacity comes to life, notes moving from a thin pose to the image of a hand leaning on our shoulder forever more. The contact becomes more and more insistent…
– Eye – The intruder is here, leaning on his fingers, like marking his territory in yours Sophie. He even catches your smell…

Run Sophie
– Ear – This walking piano comes back to us for a very short time…
– Eye – … Catching a breath outwardly, catching your breath Sophie. Then, another break, a cut.

Bad dreams
– Ear – … for sad dreams.
– Eye – He roams…

No pulse
– Ear – The heavy piano comes to incarnate an intrusive hand, supporting terror. Follows a guile of lightness, leaving us trembling in the extreme.
– Eye – The intruder not giving his name delivers Horror: one only drop of blood… so many on the inside.
Sophie, release your vengeance with this sharp scalpel. This cadaver isn’t yours.

Wake up
– Ear – A sad awakening, strangely devoid of a terror however so real. Where are we? Where are earthed up our emotions?
– Eye – Your wrist as a souvenir of Horror, Sophie.

Make up
– Ear – Pretending… o piano, you seem to narrate us some illusion, showing us a thin frost’s layer, covering what we refuse to see again inside reality.
– Eye – Facing up to him. Fooling yourself. Brewing over. Fading.

Someone in the house
– Ear – Frost is slowly breaking up itself, before loud notes of piano making us jump. Our soul’s wall trembles with all the weight.
– Eye – Someone? Sophie… Some raw sound and your soul goes into panic again, like a heavy compulsion.

No Jacob’s dream (1)
– Ear – Vision is blurry, making harder to perceive reality. Thoughts become cloudy then, enslaved by the elusive. Reality… our reality seems to turn into nightmare.
– Eye – Nightmare: The intrusion comes from all quarters, this knife sliding continuously from your fingers. Horror.

Still alone
– Ear – Nostalgia from our sadness, henceforth ancient. The violin, performer of words slipping from us…
– Eye – Confronting once again, the back knocked into the wall. Finally opening this window, and letting air breathing in Death souvenirs. But they’re floating, and you cry…

Dark street
– Ear – Light sadness doesn’t exist anymore. Footsteps are heavy, like being absorbed by ground.
– Eye – Absolute solitude, Sophie. This imprisonment is killing you slowly, while the ghost is soaring…

Get out of my life
– Ear – Footsteps are accelerating, searching to outrun reality. Eyes turned to the sky, looking for a bright light, we remain whirling inside ourselves.
– Eye – An armchair like a shroud, and the torrent of questions happens to be sucked up by the void. You slip slowly, aspirated you too…

No Jacob’s dream (2)
– Ear – Terror divides, enslaving us little by little. Yes piano, we’re being crushed. Condemned to a muddled wandering…
– Eye – Like oneiric vapours (stifling), the shroud moves above her asleep face, her wrists as a bloody testimony. Dissociated, you’re looking at you un-living Sophie, and cope with her for the last time.
« I travel away
But I am stuck
Wherever I go… »

Empty me
– Ear – Melancholy comes again gather us, wrapping up with deft hands. Bringing some composure, she shows us an enslavement now ours. Withdrawn from the world, forever.
– Eye – Leaving, Sophie. Examining the grey horizon.
6h o’clock: This ribbon closes your mouth, imprisoning all words within your soul. Goodbye Sophie.
 « Do you know me?
Will you find me?
I lost my heart
Somewhere in you »
-          "Sophie, to Sophie"

Sophie’s theme
– Soul – The piano draws the reality’s uprooting, cutting us from it. The soul as well as the body reaches liberation, floating into air, rising into heights… finding again its lightness while the last questionings evaporate inside the distance.
– Soul – One note, lonely, resonates and fades away.







II. Some piano reel…
Atypical. The word is set on. Indeed, "Ulterior" constitutes a piece apart from Starofash’s discography. Despite this the original motion picture soundtrack stands out from all other works from the entity, but it retains at its heart the same essence that makes up the other music. Here we can find some paradox: "Ulterior" is at the same time external and internal to Starofash’s musical path.

The most distinctive element is maybe the piano, or at least the experience which comes from it. This distinction is essential to the writing because Starofash can’t be qualified through its instrumentation which is expressed here and there, but definitely through the crude experience: the purpose prevails over at the cost of elements that leads to it. It all stems from a deeply intimist sensation, here walled up.

However, the atypical nature that I mentioned earlier comes from this intimism’s shape inside "Ulterior", with its uncluttered sides and a sobriety pushed to the extreme.



III. A method
Settings: A shy dawn, where black gives slow way to grey. Darkness entirely fabricated, around the fire, far away from the world.

The auditive way was our front door and our expression’s sanctuary, the retinal way giving support in the middle ground. Let Starofash’s work prevail on the one from Jason Mehlhorn inside the present writing couldn’t be done without the preliminary consent and unconditionality of him.

Then two forms intertwined, to merge into one soul, and my words stands as a tortuous synthesis. Must we understand what is happening? Not necessarily: only the experience of feelings – raw diamond – exists and remains.

I must warmly thank Jason for his availability, along with offering me
the huge privilege to see "Ulterior".



From April to August 2013 –
From February to November 2014,
Written by  Vlad Tepes &
 proofread by Jason Mehlhorn.



Notes:
(1) You can find a "behind the scenes" from the movie right here:
·         First part: http://www.youtube.com/watch?v=_xuaIs_CfQQ
·         Second part: http://www.youtube.com/watch?v=08OdZKp7b_s
 (2) The album looks like a small digipack limited to 300 copies, carefully hand-numbered.


Official links
1. Starofash
Official site: http://www.starofash.com/

2. Jason Mehlhorn

Where to see the movie?
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Where to buy the soundtrack?


Starofash - "Ulterior" (original motion picture soundtrack) (2009)





"Ulterior" : Epilogue.

Jason Mehlhorn's interview



Vlad Tepes: Hi Jason ! You’re the director of "Ulterior", and I think you should present yourself for people that don’t know you yet…
Jason Mehlhorn: Hi Vlad and thanks for wanting to interview me. I finished making "Ulterior" a number of years ago so it’s surprising to me that people still have an interest in it. I should also add that I meant to re-watch the film to re-jog my memory of that process and period but couldn’t bring myself to do so. When I finish a work I never watch it again and just try to move forward to the next thing. My answers may not be 100% correct but maybe it’s more interesting this way!
Going back to your question, I’m a filmmaker from Ireland. I’ve made documentaries, experimental films and fiction films of which "Ulterior" was my first feature length film. I’ve just recently completed my second feature film.

Vlad: For this motion-picture soundtrack, you worked with Heidi S. Tveitan/Starofash. How did this happen? Could you narrate us the story of this artistic gathering?
Jason: I was working on the script and often listen to music when I write or generate ideas as it seems to help me on some level. Earlier that day I had purchased an album featuring Heidi under the moniker of HardingRock, which was a collaboration between Heidi, her husband and a local folk musician from their hometown in Norway. There was an electronica track on it called Nykken that I understand was solely written by Heidi and I knew immediately that was the mood of the music the film needed and I sent an email to her production company, Mnemosyne Productions, and things went from there.

Vlad: This was your first movie. Is it symbolic to you to have Starofash being its soundtrack?
Jason: I think my only focus in trying to utilise Heidi’s talents was the fact her music was right for the film and I wanted someone with a distinctive voice. There was the possibility that if Heidi wasn’t interested there would be no music in the film as I‘m pretty sure I had originally seen it like that. But regardless, I do know for sure that I would never have asked another composer to “sound like this” in imitating Heidi’s style, which is extremely common in low budget filmmaking. It’s insulting to everyone I think.
So although I don't think it was symbolic that I used her for my first film, the fact she hadn’t worked on a feature film before was a bit comforting as we could find our way together. I also recall her being far more tolerant of me than she really should have!

Vlad: How do you feel linked to the music of Starofash?
Jason: That’s a difficult question. I have been following Heidi musical journey since Peccatum in the 1990’s, it must have been, and I think the music people like is a reflection of their being, for want of a better word, so I’m definitely linked to her music but it’s very hard translating these things into words.

Vlad: Speaking about your movie in particular, how do you look at it today?
Jason: I made the film at a time when I knew very little about directing and writing fiction films because most of my previous experience was in documentaries, and I was still relatively young and the budget was very small. It was definitely the biggest and steepest learning curve I’ve ever had on any film project and therefore one of the most important for it. There are many ideas in the film that still resonant with me and I’ve since explored them in other projects and will continue to do so.

Vlad: In parallel, how does Heidi look at "Ulterior"?
Jason: I’m not sure but I’ve little doubt she learned a lot from the experience too.

Vlad: Speaking about the review above, did my words meet with your vision of Starofash’s music?
Jason: Yes, very much so and many thanks for reviewing the film! It was very enjoyable to read and it’s also interesting to hear opinions and more so, interpretations of the work. One of the great difficulties I – and I think most filmmakers have making films – is knowing how anyone else perceives them since it is so subjective. Although I rarely ask for opinions, it’s very pleasant hearing them when they are offered and that is irrespective of if they are good or bad. I had also forgotten some scenes from the film that you commented about in your review and that was very interesting, having them memories flood back.

Vlad: For future movies of yours, can you speak to us maybe about other musical collaborations?
Jason: Yes, I’ve just finished an experimental feature film called "Drifting" that is the first part in a trilogy of films. The film incorporates the music of a talented guy from the north of Ireland who is the person behind the bands Beithíoch and an ambient project called Síol Na Gréine. These bands maybe of interest to your readers and there are some full-length albums online for free download. The music I used of his was already pre-written, rather than have him compose something. I'm not sure yet about the music that may or may not be in the other two films but I am trying to standardise the trilogy so it may make more sense to have music in all three.
I’ve also just started a web-based documentary about a prominent musician whose name should be familiar to your readers but there are still a lot of complex things to sort out to ensure it goes ahead so I can’t say too much at this stage unfortunately. If everything goes to plan that feature length project will be available to see for free online in less than a year.

Vlad: If there would be only one image or one element you would like us to remember about the movie "Ulterior", what should it be?
Jason: There are a few shots I still like from the film but among my favourites is a shot from Sophie’s back garden looking at her back patio door as she’s trapped inside the house. I think it happens about 40 minutes into the film and maybe encapsulates a theme of the film overall. It also is an obscure little homage to the film "Playtime" by Jacques Tati that I adore.

Vlad: In parallel, if there would be one note or one element you think we should remember about the "Ulterior" soundtrack, what would it be?
Jason: The main character in the film, Sophie, is very internal and I wanted Heidi’s compositions to reflect her hidden thoughts and feelings, which she did wonderfully. I think much of this accumulates into the last piece of music in the film, so I’d choose that for people to experience.

Vlad: I must thank you for your time and kindness Jason, inviting the die-hard readers to discover your visual universe, through "Ulterior" and beyond…

Jason: That’s no problem Vlad and thanks again for your interest and support!


January 2016,
Directed by Vlad Tepes.



Starofash - "Ulterior" (original motion picture soundtrack) (2009)

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