vendredi 6 novembre 2015

Skeleton King - "Natural Kingdom" (EP 2015)


(Par Inquisitor)


Parution : Format : Label : Univers : Pays :
8 juillet 2015 (digital);
novembre 2015 (CD)
EP Autoproduction/
Trendkill Recordings (version CD)
Metal prog/
expérimental instrumental
France (Marseille)


Skeleton King - Natural Kingdom (EP 2015)
Track-list :

1) Majestic Waves
2) Strange Society
3) Natural Kingdom
4) Melancolia



Line-up de l'EP :

Cédric Desami : Guitare.
Nicolas Micallef : Guitare.
Thibault Gascon : Basse.
Edouard Poux : Batterie.

Membres additionnels :

Aucun.





Dehuman, Gruesome, Skinless, Antropofago... Le Death, c'est sympa, mais j'avais envie de changer un peu de style et de proposer quelque chose de plus léger. Alors, quand on m'a offert l'opportunité de chroniquer une production de mon choix, j'ai immédiatement pensé à une formation récente mais pleine de talent : Skeleton King. Quator de metal prog/expérimental venu tout droit du Midi (découvert un peu par hasard car le bassiste est un ancien camarade de classe), j'ai rarement été conquis aussi rapidement par un EP de prog. Habituellement, plusieurs écoutes sont nécessaires avant de pouvoir juger (ou non) de la qualité d'un album, et c'est d'autant plus vrai pour ce style plus fin, et qui demande une attention plus soutenue lors de l'écoute. Et aussi, bien sûr, plus d'écoutes, certains joyaux ne révélant leurs trésors qu'après plusieurs passages dans la platine.

Un vrai coup de cœur donc, et ce dès l'écoute du premier titre Majestic Waves qui était disponible sur le Bandcamp du groupe. L'intro déploie déjà une ambiance mystérieuse, aérienne. Puis le morceau se développe, les guitares se font plus présentes, développant des mélodies soutenues par des claviers cosmiques mais résolument modernes. La structure du morceau est tout à fait remarquable puisque les instruments s'égarent chacun dans une phrase mélodique qui leur est propre avant de de se rejoindre sur un refrain plein de promesses, de beaux jours d'été. La musique de Skeleton King prend aux tripes tant elle raconte des choses sans un mot.

Le second morceau, Strange Society, est quant à lui bien plus inquiétant que le précédent. Les mélodies se font moins rassurantes et plus saccadées. Les claviers prennent une place plus importante et ce n'est pas pour déplaire, les sonorités industrielles s'imposent avant de se retirer subtilement. Le jeu guitares/claviers ne s'arrête jamais, s'exprimant tour à tour. Le tout est agrémenté de quelques samples électro trouvant parfaitement leur place dans les compositions de Skeleton King.
L'atmosphère rassurante et chaleureuse de Majestic Waves est aux oubliettes, un maelstrom de notes nous attire dans quelque chose de sombre, un monde peuplé de machines où le ciel est noir de charbon. Moins sympathique mais tout aussi jouissif, ce second titre prouve que les gars de Skeleton King sont à l'aise sur plusieurs terrains. Mais attendez la suite.

Avec le titre éponyme, on peut encore une fois profiter du combo guitares/claviers électro fonctionnant à merveille. Et on prend aussi pleinement conscience de l'importance de la ligne rythmique, et du boulot effectué par Edouard et Thibault, respectivement à la batterie et à la basse. Les fûts et les cymbales structurent le morceau et subliment l'espace acoustique sans jamais détourner l'attention des guitares. Et la basse, en plus de soutenir la batterie et de renforcer l'assise rythmique des morceaux, n'hésite pas à groover derrière tout le monde en suivant les samples ou en balançant une mélodie tout à fait différente. Et ça marche. C'est beau. On ne peut plus parler d'une « intelligence des compositions », mais de génie. Les musiciens font tous preuve d'une maîtrise exemplaire, et les morceaux sont faits de manière à ce que chaque instrument soit mis en avant, mais jamais en tombant dans l'écueil de la démonstration technique. Pas une seule fois.

Hélas, l'EP finit par s'achever, avec Melancolia qui est – je vous le donne en mille – encore une réussite presque écœurante. Le morceau porte bien son nom : l'atmosphère y est mélancolique, pleine de souvenirs qui sont autant de photographies d'une lointaine époque où tout allait bien. Les mots ne suffisent pas pour décrire la finesse de la narration musicale : les harmonies s'entremêlent, s'unissent, puis se séparent. On a droit à de superbes claviers vintage pour accompagner les cordes, et tout va si bien ensemble qu'on croirait à un conte de fées. Et, "Natural Kingdom", c'est justement ça.

Un conte de fées d'une vingtaine de minutes capable de vous emmener loin, très loin. Tout est à sa place, tout est mesuré, tout est léger et pertinent. "Natural Kingdom" est typiquement l'exemple de l'expérience musicale à vivre, l'écrit ne rend pas justice à la subtilité et à la profondeur d'une telle œuvre. Chaque petite seconde de la musique de Skeleton King vous attire plus haut, dans les étoiles, vous isolant de vos simples préoccupations terrestres.

Et, enfin pour enfoncer le clou, "Natural Kingdom" est parmi les plus belles choses que j'ai pu entendre en termes de production. Chaque instrument sonne avec un naturel inouï. On a l'impression d'écouter un rêve : le mix est céleste, d'une largeur incroyable et colle véritablement à la musique de Skeleton King. Oui, le fond est déjà d'une qualité exemplaire, mais quand la forme est irréprochable également...  Quelques mots par ailleurs sur l'artwork de l'EP, très réussi, et qui met bien en image la musique proposée par le groupe : organique, brillante et majestueuse. Un travail réalisé par Elusive Daeva Artworx, dont c'est, apparemment, la première création.

Je vais me répéter, mais j'insiste : courez écouter cet EP magistral. Passer à côté serait une grossière erreur. Même si le prog n'est pas votre tasse de thé, je vous assure que vous avez tout à gagner en laissant une chance à Skeleton King.

Octobre 2015,
Rédigée par Inquisitor.



Liens officiels
Bandcamp (EP disponible en écoute intégrale)

Facebook Elusive Daeva Artworx


Où se procurer l’objet ?

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