lundi 26 octobre 2015

Melted Space - "The Great Lie" (2015)


(Par Lucy Dayrone)


Parution : Format : Label : Univers : Pays :
16 octobre 2015 LP Totentaz Prod/Sensory Records Opéra Metal symphonique France


Melted Space - The Great Lie (2015)
Track-list :



Line-up de l'album :

Pierre Le Pape :
Composition, piano,
orchestrations et paroles.



Membres additionnels :

Guillaume Bideau "Hagen" : Chant.
Christine Rhoades "Hope" : Chant.
Aylin Gimenez Garcia "Titania" : Chant.
Attila Csihar "Thanatos" : Chant.
Mikael Stanne "Loki" : Chant.
David Vincent "Azrael" : Chant.
Niklas Kvarforth "Parcifical" : Chant.
Mariangela Demurtas "Baba Yaga" : Chant.
Kobi Farhi "Sphinx" : Chant.
Manuel Munoz "Apollo" : Chant.
Arno Strobl "Dante" : Chant.
Clémentine Delauney, Virginie Goncalves
& Lucie Blatrier "The Fates"
: Chant.
Adrien Grousset : Guitares.
Brice Guillon : Basse.
Michael Saccoman : Batterie.
Arjen Anthony Lucassen :
Solo de guitare, solo de dulcimer
et solo de synthétiseur sur le titre The One Who Lost The Faith.
Sylvain Coudret : Solo de guitare sur le titre Titania.
Adrian Martinot : Solo de guitare sur le titre Terrible Fight
et Hopeless Crime.


L’orchestre philarmonique de Prague conduit par Adam Klemens.


Deux ans après « Between », Melted Space récidive avec un opéra metal « The Great Lie » sorti le 16 octobre 2015 chez Sensory Records, pour le plus grand plaisir des fans ayant adoré l’histoire de Remus et Romulus, magistralement interprétée par Emmanuel « El Worm » Levy (Wormfood)  et Black Messiah (ex-Seth), appuyé par Ashmedi dans le rôle de Janus (Melechesh) et Liv Kristine dans celui de la louve (Leaves’ Eyes). Entre autre, Manuel Munoz qui jouait Appolo et Dante (The Old Dead Tree), valeur sûr de l’EP « Between » qui a donné toute sa dimension à ce dernier.

Si je reprends ces quelques voix comme référence, ce n’est pas anodin. Celles citées ci-dessus sont des puissances magnifiques, qu’elles soient gutturales ou non, l’une va creuser les abysses sonores tandis qu’une autre jouera de vibrations et d’émotions, formant ainsi tout le long de l’EP un formidable alliage de voix fait pour sublimer l’œuvre de Pierre Le Pape.




Et pourtant… pourtant dans « The Great Lie », je ne peux pas saluer le « casting » qui, selon moi a été hasardeux, ne rendant pas hommage aux héros interprétés dans cet opéra.
Si on peut globalement s’enivrer de l’œuvre en générale tant on y trouve du plaisir dans la composition et la voix de certains « acteurs », on pourra également être déçu d’une ambiance très heavy metal, tant dans la voix de Guillaume Bideau (Mnemic/One-Way Miror ; ex Scarve) qui interprète Hagen, le héros de l’histoire, que dans des passages musicaux. Habituellement, Melted Space s’orientait plutôt vers le dark metal, malgré la voie symphonique des œuvres, hors dans ce nouvel album, nous avons affaire à des combats vocaux purement injustes, dignes des films fantasy où le héros est souvent un petit jeune homme faisant face à des gros méchants.
Alors si c’était bien cela qui était voulu, c’est réussi. La voix claire de Guillaume Bideau face à celle gutturale de David Vincent (ex-Morbid Angel), par exemple donne un air de David et Goliath…

Je trouve dommage le choix de Guillaume Bideau, non pas pour le héros ou la voix heavy, un opéra aux accents heavy est très bien aussi comme idée, et je n’ai rien contre ce chanteur, sauf que pour mieux faire, il aurait fallu, toujours selon moi, une vraie voix heavy, avec de la puissance, car celle de Guillaume Bideau en manque cruellement. En voix clair. Car en voix gutturale comme on peut l’entendre dans les chansons de Scarve, il y a de la maturité et de la puissance ! Mais en voix claire, la sauce ne prend pas. Il y a un sentiment de « forcing », une volonté de bien faire mais qui n’atteint pas la perfection que demandais ce rôle. A la rigueur, Kobi Farhi (Orphaned Land) dans le rôle de Sphinx, qui n’a que quelques minuscules couplets à chanter sur le titre Glass Castle’s Beast, a une voix très mélodieuse et aurait aisément pu jouer Hagen, incarnant de ce fait la jeunesse mal assurée du héros.

Dans « Between », je disais donc que Manuel Munoz interprétait Apollo et Dante. Dans « The Great Lie », il abandonne Dante qui sera interprété par Arno Strobl (CinC/We all Die (laughing) et journaliste chez Rock Hard France). Idem, ici impossible de ressentir l’émotion car la voix d’Arno Strobl me semble toujours hésitante et son anglais plutôt haché.

La voix de Clémentine Delauney (Visions Of Atlantis, ex-Serenity) sera mêlée, tout l’album durant, aux deux autres voix de Virginie Goncalves (ex-Kells) et Lucie Blatrier (A Quiet Day For Melow Dreams), interprétant The Fates (Les Destinées). Et j’aurai tellement bien vu Clémentine Delauney dans le rôle de Baba Yaga, sa voix aurait été parfaite pour interpréter ce rôle.
Quant à Mariangela Demurtas (Tristania) qui interprète justement Baba Yaga, je l’ai trouvé tout simplement fade. Manque total d’émotion sauf dans les passages lyriques pour lesquelles elle excelle. Titania, interprété par Aylin Gimenez (Sirenia) surfe sur la langueur du personnage, ce qui est très prenant.

Bien évidemment, ce n’est que mon avis et ce casting est bien la seule chose que je reprocherais à cet album, sauf pour les voix prêté à Thanatos (Attila Csihar de Mayhem/Void Ov Voice), Azrael (David Vincent, ex-Morbid Angel) et Parcifal (Niklas Kvarforth de Shining le groupe Suédois) qui sont des monuments de puissance tout simplement parfaite pour ces rôles-ci. On ne pouvait trouver mieux !

Melted Space

Dans ma chronique précédente je vous avais raconté un peu de quoi parlait l’histoire de « Between ». Comme vous le savez déjà, le principe de Melted Space, c’est de mélanger les mythologies. Ainsi, nous avons Loki et Thanatos, Titania et Apollo, etc. Mais quelle histoire peut bien lier tous ces personnages ?
Et bien je dois avouer qu’ici je n’ai pas bien compris l’histoire tant les paroles se mélanges par ci par là… En sautant d’un personnage à l’autre, parfois trop vite avec des vers anglais plus que simpliste, je n’ai pas réussi à cibler la trame complète de l’histoire.

Côté interprétation des « actes » (des titres), l’un va me ravir, l’autre me sembler fade, selon qui joue quoi, donc je m’abstiendrai d’en dire plus, j’ai assez écrit sur le sujet.
Toutefois, je voudrai saluer la performance de Manuel Munoz, le mourant Apollo, sur le titre A God Is Dead. Royal, magnifique, tant la voix que les chœurs placés et la musique d’une extrême sensibilité.

Une fois encore, Pierre Le Pape a su nous offrir un opéra d’envergure, malgré le casting qui me laisse perplexe, la musique est toujours aussi merveilleuse. De plus, détail non négligeable, la noblesse des véritables instruments est gravée sur cet album avec la présence de l’orchestre philharmonique de Prague, conduit par Adam Klemens ! Cela fait toute la différence, ça vibre, c’est comme vivre un concert en HD sur DVD et être directement au dit concert au premier rang face aux violons… La musique éclate de beauté, c’est sensationnel, poétique. Les compositions de Pierre Le Pape savent porter à merveille les voix des artistes choisis même si ces voix ne sont pas de mon goût, et justement, c’est là que je peux juger de la grandeur de ses compositions car même avec un chanteur moyen ou une chanteuse sans âme, son génie de compositeur saura maintenir le niveau d’excellence.

Concernant le support, c’est une fois de plus un digipack, ce qui ne me dérange guère. Dans la même charte graphique que « Between », toujours réalisé par Strychneen Studio (Hicham Haddaji) : ton plutôt sépia, typographie classique pour l’ensemble de l’artwork. L’image de couverture du digipack met en scène une mystérieuse jeune femme à genoux, devant une sombre montagne de cristaux. La couverture du livret des paroles met en valeur le portrait de Pierre Le Pape, maître de cet Univers, faiseur de fantaisie.

Globalement, cet album saura plaire à tous, mais si l’oreille et l’âme sont sensibles à la beauté, il se peut que comme moi vous soyez dérangé dans votre écoute par certaines prestations. Mais il ne faudra pas s’arrêter à cela, car c’est une œuvre qui mérite d’être écouté, même réécoutée, au moins pour les passages que l’on adorera, notamment dans les derniers titres qui se veulent plus graves, plus travaillés dans la guitare et dans les voix.
  
Octobre 2015,
Rédigée par Lucy Dayrone.


Pierre Le Pape (Melted Space)


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