vendredi 10 avril 2015

Yawning Man / Fatso Jetson / Domadora - Live Paris 2015



Yawning Man / Fatso Jetson / Domadora

« In the desert you can remember your name… »

(par Dökkalfar)



"Legends of the Desert" tour – Volume II
Moment : 15/02/15.
Lieu : Glaz'Art (Paris 19ème).


Yawning Man/Fatso Jetson/Domadora @ Glaz'Art, Paris 15/02/2015


Cela faisait plus de deux mois que j’avais déserté (le jeu de mots était trop tentant) le Glazart. La faute à certaines obligations professionnelles qui m’empêchaient quasiment tout concert, et les rares dates avant la « trêve » de Noël ont eu lieu dans d’autres salles. Mais ce mois de février permet enfin de redevenir fidèle à Stoned Gatherings, orga’ qui a cette capacité à vous faire remarquer que, si vous pensez relativement vous y connaître en stoner, vous possédez encore toujours de sacrées lacunes. Une nouvelle preuve ce soir avec la mise en avant d’un grand espoir du stoner français, Domadora, et une double tête d'affiche menée par Monsieur Mario Lalli, tête pensante de Fatso Jetson comme de Yawning Man.

Décidément, le public parisien me surprendra toujours : alors même si le fait qu’on soit en plein week-end de vacances est un facteur d’affluence, je reste néanmoins étonné de voir une salle du Glazart très pleine pour des groupes loin de la notoriété d’un YOB ou d’un John Garcia. Mais vue la rapidité avec laquelle les pass’ mensuels se sont vendus c’est assez logique au final, et suis vraiment ravi de voir que la scène stoner se porte très bien. Voilà pour la petite parenthèse : place aux trois Franciliens de Domadora.



Domadora_logo


Domadora @ Glazart 2015

Le combo originaire d’Ile-de-France a beau n’avoir que 3 ou 4 années d’existence, il en a déjà sacrément sous le capot. Leur 1er album "Tibetan Monk" a déjà été fortement salué par la critique internationale, c’est dire.


Domadora @ Glazart 2015
Domadora @ Glazart 2015

Pour être franc, j’ai découvert l’existence du groupe il y a seulement peu de temps, mais les quelques vidéos disponibles sur Youtube m’avaient déjà plutôt emballé ; j’étais donc très curieux de voir et d’entendre tout ça en live. Et force est de constater que j’ai été vraiment impressionné par leur maturité. Ils connaissent leurs classiques c’est certain, après tout le desert rock (et ses dérivés) n’est pas le genre où sortir des sentiers battus (normal pour du desert) est aisé. Et pourtant, là où bon nombre de groupes finissent par être profondément monotones et par tourner en rond (normal encore pour du desert), Domadora est capable de varier et d’accélérer son jeu de façon totalement imprévisible, ce qu’il fait qu’à aucun moment ils ne nous perdent (et on les perd par la même occasion), avec quelques rares vocaux lâchés çà-et-là pour contribuer à l’ambiance qu’ils sont parvenus à créer. Du super boulot donc, et une excellente mise en bouche en attendant la venue de Monsieur Mario Lalli.


Domadora @ Glazart 2015








Fatso Jetson_logo

Fatso Jetson @ Glazart 2015

Il y a des albums que vous découvrez totalement par hasard, en parcourant Youtube par exemple ; vous écoutez un morceau puis un autre, puis un autre, jusqu’à ce que vous vous rendiez compte qu’en réalité vous avez tout écouté, et que vous avez sacrément pris votre pied. C’est ce qui s’est passé lorsque j’ai découvert tardivement, il y a 4 ou 5 ans, l’album "Flames for All", en même temps – si je me souviens bien – qu’un album de Five Horse Johnson (si je ne m’abuse), mais ce n’est pas ce dernier qui nous intéresse ce soir.


Fatso Jetson @ Glazart 2015
Fatso Jetson @ Glazart 2015

Ce soir le groupe se présente en power trio et non en quatuor (Larry, cousin de Mario étant indisponible pour cause d’heureux évènement), c’est son fils Dino qui se chargera de la basse (et que l’on reverra plus tard avec Yawning Man pour quelques morceaux), Tony Tornay assurera classiquement son rôle de batteur. Ce qui surprend d’emblée, c’est cette espèce d’aura que possède quelqu’un comme Mario ; on pense à Chris Goss (Masters of Reality), et également à toutes ces légendes du desert/stoner qu’on a déjà eu la chance de voir fouler la scène du Glazart.


Fatso Jetson @ Glazart 2015
Fatso Jetson @ Glazart 2015

Me voilà déjà ravi car c’est le tube instrumental Graffiti in Space, de "Flames for All", qui ouvre le bal, annonçant une set-list groovy à souhait. Mario, sans être virevoltant, s’agite beaucoup, multiplie les mimiques et c’est un régal de pouvoir le voir et le shooter. Les titres suivants nous permettront de voir à l’œuvre le maître au chant, et également d’entendre cette basse ronflante sur le titre Phil the Hole. Des morceaux efficaces relativement courts, à l’image des 2 minutes et quelques de I’ve Got The Shame, s’entremêleront avec des pièces plus longues et confirmeront la facilité avec laquelle le groupe puise dans toutes ses influences, du punk au surf, en passant par tous leurs dérivés.  Bon, j’ai tout de même un regret (deux en fait) : j’espérais le titre Died in California de l’album "Cruel & Delicious", et c’est une nouvelle fois l’album "Toasted" qui sera mis à l’honneur avec le culte Too Many Skulls puis Rail Job. Mario a une sacrée patate et son fils est véritablement incroyable de précision, tous deux épaulés par un putain de batteur complètement fou. On en prend plein les oreilles, et le groupe ira même jusqu’à grandement satisfaire l’amateur de symétrie que je suis en concluant leur set par un autre titre de "Flames for All",  The Untimely Death of the Keyboard Player.


Fatso Jetson @ Glazart 2015

Et même si on regrettera l’absence de Vince Meghrouni pour assurer les parties de saxo et d’harmonica, on aura droit à un grand moment d’histoire du stoner/desert, sans pour autant encore réaliser que la seconde salve se prépare, tout en se demandant comment Mario & co vont être capables d’enchaîner un second set.




Set-list Fatso Jetson :

1) Graffiti in Space
2) New Age Android
3) Phil the Hole
4) I’ve Got the Shame
5) Vincent’s Letter
6) Flesh Trap Blues
7) Magma
8) Too Many Skulls
9) Rail Job
10) Nervous Eaters
11) The Untimely Death of the Keyboard Player





Yawning Man_logo

Yawning Man @ Glazart 2015

Une pause somme toute rapide pour Mario, qui cette fois troquera sa guitare contre la basse, avant de retrouver ses camarades de Yawning Man que sont Gary Arce (guitare) et Bill Stinson (batterie), et également son fiston pour les premiers morceaux et la conclusion du set.


Yawning Man @ Glazart 2015
Yawning Man @ Glazart 2015

Venir écouter Yawning Man c’est un peu comme aller voir le préquel d’une saga : vous connaissez des éléments anciens du desert rock, vaguement ses origines, l’époque actuelle, voire un peu son futur, mais vous ignorez le fameux « ce-par-quoi-tout-a-commencé ». Alors on ne va pas remonter aux origines, pas ici pour donner un cours d’histoire je n’en suis pas capable, donc je ne remonterai pas à Blue Cheer ou à Black Sabbath, groupes éminemment influents, pour me concentrer sur le groupe qui nous intéresse ce soir, faisant partie, avec Master of Reality, de ceux qui ont véritablement développé et propagé ce son si particulier que nous aimons tant.


Yawning Man @ Glazart 2015
Yawning Man @ Glazart 2015
Yawning Man @ Glazart 2015

Le cours d’histoire, ce sont les quatre Américains qui vont (continuer à) s’en charger, et de la plus belle des manières, alors qu’ils doivent faire partie de ces rares groupes à attendre 20 ans d’existence avant de sortir leur premier album. C’est pour ça que la plupart d’entre nous ont dû écouter Fatso (plus productif et facile à trouver) bien avant d’entendre du Yawning Man. Certains groupes, très frontaux, se contenterait de nous balancer une avalanche de riffs rapides afin de montrer ce qu’ils savent faire. Le truc des Californiens c’est plutôt cette brise qui vous caresse les cheveux et vous berce, avec de temps en temps une vitesse qui augmente, mais sans jamais vous heurter ni vous brusquer. Vous savourez les 13 titres idéalement un verre à la main – de la simple pinte jusqu’au cocktail si vous êtes plus ambitieux – contemplatifs si vous adhérez au truc, avec quelques bâillements (Yawning Man, normal) non pas de déplaisir mais par le côté hypnotique du son des Américains. Vous serez réveillé à un moment en raison de problèmes techniques au niveau du pédalier de Gary, puis vous retomberez à nouveau. J’avoue, j’aurais surement préféré assister à cette prestation dans un canapé confortable, ou tranquillement sur un transat en extérieur ; mais ce serait chipoter, les conditions étaient des plus agréables, avec un public détendu, connaisseur et visiblement sous le charme…




Set-list Yawning Man :

1)  Daisy Cutter
   2) Draculito
    3) Dark Meet
    4) Dizzy With Da Beach
    5) Underwater Noise
    6) Far-off Adventure
    7) Ground Swell
    8) The Wind Cries Linn
    9) Perpetual Oyster
    10) Memorial Patters
    11) Rock Form
    12) Sand Whip
13) Catamaran


En résumé de cette soirée, un (français) futur grand du stoner, on l’espère, et ce malgré des diffusions assez confidentielles. Egalement la confirmation d’un groupe que j’adorai en album et qui déploie toute sa magie sur scène, et enfin la chance d’avoir vu un groupe majeur que j’aurai dû connaitre depuis longtemps. C’est au final tout ce que j’attends quand je me rends à un concert : découvrir de jeunes talents, voir des groupes que je connais et aime, et aussi voir des artistes majeurs et qui ont influencé leurs pairs. Une nouvelle fois ce soir, l’équipe de Stoned Gatherings et du Glazart m’a comblé, mission plus que réussie. Merci à vous toutes et tous, et pensée spéciale pour Christina Bishop, manager de Fatso Jetson & Yawning Man, pour sa gentillesse.


Février 2015,
Rédigé par Dökkalfar.


Yawning Man/Fatso Jetson @ Tour 2015

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