jeudi 12 mars 2015

Korpiklaani / Týr - Live Paris 2014



Korpiklaani / Týr

Sang, Sueur & Musique Folk…

(par Dökkalfar)




Moment : 10/12/14.
Lieu : Nouveau Casino (Paris 11ème).


Korpiklaani / Týr @ Nouveau Casino, Paris 10/12/2014


Seconde soirée au Nouveau Casino en moins de sept jours, de quoi commencer à s’habituer à la configuration des lieux. Malgré un line-up amputé de leur tête d’affiche Sabaton, la salle parisienne est pleine à craquer, avec un public très hétéroclite mais étonnamment jeune comparé à ce qu’on a pu voir il y a quelques jours lors du concert d’Audrey Horne.

Au programme donc ce soir, un monument du metal folk finlandais ? Non, pas Finntroll, les autres : Korpiklaani, épaulés ce soir par le groupe qui a probablement fait connaitre les Iles Féroé au monde entier, à savoir les quatre Vikings de Týr. Deux groupes que je n’ai jamais eu l’occasion de voir au Hellfest car toujours programmés en même temps que des groupes dont j’étais fan. C’est donc une première, mais une expérience très intéressante pour le non-spécialiste du genre que je suis.




Týr_logo

Týr

Quasi uniques représentants d’un pays qui doit compter en tout et pour tout quelques dizaines de groupes de métal pour une population d’environ 50000 âmes (c’est dire à quel point il est difficile de partir gagnant lorsqu’on souhaite percer dans un domaine aussi concurrentiel que la musique) , les quatre Féroïens sont néanmoins parvenus à se faire connaitre au monde entier depuis leur formation au début des années 2000. Après un "How Far to Asgaard"  passé relativement inaperçu, c’est l’album "Eric The Red", dont le clip du morceau Regin Smidur a beaucoup été diffusé, qui leur a permis de se faire véritablement connaitre. C’est ensuite la signature de trois albums chez Napalm Records (décidément) qui leur a fait conquérir le monde (ce sont des Vikings après tout), avant une surprenante signature chez Metal Blade pour l’album "Valkyrja" sorti il y a maintenant un an.


Týr
Týr
Týr

Mais revenons à ce qui nous intéresse véritablement ce soir. Pour être totalement franc avec vous, je n’ai jamais été un grand fan de Týr ; je les ai découvert à une période où j’écoutais moins de métal à tendance folk ou viking à part Skälmold ou Falkenbach. Et même si je m’y remets grâce notamment à des groupes russes, c’est loin d’être mon genre préféré alors que j’adore le folk plus acoustique. Ceci étant, il y a des groupes qu’on a du mal à vraiment apprécier en album car on estime que la frontière entre l’épique et le pompeux est parfois très mince, mais qui vous impressionne vraiment en live. Et c’est le sentiment que le combo féroïen va me procurer ce soir (oui, c’était là que je voulais en venir). En ouvrant avec le véritable hymne qu’est Blood of Heroes, Týr permet au jeune public d’immédiatement se déchaîner, et de mémoire, avec tous les concerts que j’ai pu faire, c’est la première fois que je vois une entrée aussi chaude. Hold The Heathen Hammer High ensuite me permet d’apprécier la complicité entre les membres du groupe, avec des postures et attitudes très différentes des 3 gratteux : Terji Skibenæs en guitar-hero, Gunnar Thomsen à la basse qui bouge énormément et interagira avec le public (féminin notamment), et au milieu Heri Joensen qui jouera parfaitement son rôle de frontman, telle une force tranquille. Le tout formerait parfaitement une sorte de triptyque freudien Moi/Ca/Surmoi, très intéressant. Mais assez de psychanalyse pour les nuls et d’analogies pour ce soir !  Grindavisan et Tróndur í Gøtu, titres en féroïen, permettent quant à eux d’avoir une très jolie démonstration d’harmonies vocales typiquement scandinaves. C’est un troisième titre du nouvel album "Valkyria" désormais qui nous sera présenté, Mare of my Night ; puis By the Sword in my Hand, que n’aurait pas renié un groupe comme Blind Guardian, avec un public toujours aussi chaud. Petite « accalmie » néanmoins avec le sublime Sinklars Vísa, sûrement mon morceau préféré ce soir ; mais pas assez pour se refroidir car Lady of the Slain refera remonter la température. Et il n’y a pas à dire, les refrains de Týr sont hyper accrocheurs et le groupe assure, c’est indéniable.


Týr
Týr
Týr

Chantée par la plupart, si ce n’est tous les groupes irlandais ou d’origine irlandaise, c’est sa version « métallique » de The Wild Rover que Týr nous offrira peu de temps avant de conclure son set : pas super fan de cette version tant cette chanson est parfaite en acoustique voire a capella, mais la proposer à côté des nombreuses chansons à boire de Korpikaani est très judicieux et assez logique donc, ne boudons pas notre plaisir. Et commencer par un hymne mérite de terminer par un autre, à savoir Shadow of the Swastika, qui conclura un set passé très rapidement et qui aura su me séduire notamment par ses harmonies et passages a capella dont je suis très friand. Donc raid plus que réussi pour les quatre Vikings.




Set-list Týr :

1) Blood of Heroes
2) Hold the Heathen Hammer High
3) Grindavísan
4) Tróndur Í Gøtu
5) Mare of my Night
6) By the Sword in My Hand
7) Sinklars Vísa
8) Lady of the Slain
9) The Wild Rover
10) Shadow of the Swastika





Korpiklaani_logo

Korpiklaani

Un peu à l’image du gamin de la pub Werther’s Original, je me souviendrai toujours de mon premier Korpiklaani. C’était à Lille dans une petite boutique où l’on pouvait encore acheter des cd promos d’occasion ; nous étions en 2003 et leur premier album "Spirit of the Forest" sortait. Intrigué par la pochette et le nom de l’album, et en plein dans une période où j’écoutais énormément Finntroll (le génial "Visor om Slutet" sortait la même année), je décide de l’acheter pour quelques euros sans réellement trop savoir à quoi m’attendre, mais la vente et la revente de cds promotionnels permettait alors de parfois tomber sur de véritables perles… Il s’était avéré que même si la voix de Jonne m’avait assez décontenancé par son côté inclassable (ni chant heavy, ni chant death, ni chant hurlé), j’avais été très séduit par l’instrumental, notamment par ce violon et ces sonorités « slavo-balkaniques ». Puis j’ai pas mal écouté l’album suivant "Voice of Wilderness", et alors que j’écoutais toujours beaucoup Finntroll j’ai délaissé Korpiklaani (ne me demandez pas pourquoi, c’est sans aucune raison) hormis les clips des singles que je regardais de temps en temps. Ce qui fait donc que je suis loin d’être un spécialiste du groupe et que je me présente plus ou moins comme un novice des six Finlandais ce soir.


Korpiklaani
Korpiklaani
Korpiklaani
Korpiklaani
Korpiklaani
Korpiklaani

Véritable photographie des différents morphotypes finlandais, l’hétéroclite combo entre sur la petite scène du Nouveau Casino et démarre très fort avec Ruumiinmultaa, histoire de ne pas laisser un public bien chauffé par Týr et déjà suant à grosses gouttes pour certains. Une nouvelle fois, le son dans la salle parisienne est absolument nickel, et c’est un vrai plaisir de pouvoir distinguer le son de chaque instrument du groupe, autant que la voix d’un Jonne toujours aussi souriant. Les chansons festives s’enchaînent, et du côté du public on est d’humeur à danser, mettant un peu de côté les pogos. L’ambiance ce soir est digne d’un concert des Dropkick Murphys avec son lot de chansons à boire et célébrant les plaisirs de la vie : ça bouge beaucoup, et les refrains, malgré la complexité de la langue, sont repris en chœurs par les fans les plus assidus. Et c’est très bon enfant tandis qu’un mélange d’odeur de transpiration et de bière monte peu à peu dans la salle, avec un déchaînement maximal lors des tubes/singles que sont des titres comme Vodka ou Wooden Pints. Mais ça ne bouge pas que dans la fosse : sur scène ça s’agite également énormément, à se demander comment le groupe fait pour tenir à six sur scène, et force est de constater, que sur des titres comme Rauta ou les deux « polkka » on prend vraiment sont pied. Et ce notamment grâce à Tuomas Rounakari dont le violon est selon moi l’atout majeur du groupe, dont la frénésie du jeu contrastera avec son visage si peu expressif malgré quelques rares sourires. Un Jonne ultra souriant voire charmeur (avec les dames) et joueur avec les photographes mènera parfaitement sa barque et enchaînera les hits, ce qui fait que comme Týr, le set passera très vite. Aucune place aux temps morts, et là où les Finlandais sont très forts, c’est lorsqu’il s’agira de parvenir à embarquer le public dans des morceaux qu’il ne connait pas, en l’occurrence le titre Sahti, immédiatement adopté, second acte de la soirée une nouvelle fois brillamment réussie.




Set-list Korpiklaani :

1) Ruumiinmultaa
2)  Juodaan viinaa
3) Sumussa hämärän aamun
4)  Sahti
5) Vodka
6) Rauta
7) Ievan polkka
8) Vaarinpolkka
9) Wooden Pints
10) Pellonpekko
11) Happy Little Boozer


  Alors certes, même si je pense que j’aurais encore plus apprécié à 1 voire 2 grammes, malheureusement le devoir et des ambitions alcooliques limitées ont fait que ça a été impossible. Néanmoins j’avoue, et je pense que ça s’est ressenti dans mon récit, avoir pris beaucoup de plaisir tout en constatant que Týr comme Korpiklaani font partie de ces groupes dont l’intérêt et le talent se révèlent sur scène, bien plus qu’en album, alors pour les rares sceptiques, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

J’aimerais juste terminer en remerciant Psychopathia Melomania pour la confiance qu’ils me portent, et surtout Garmonbozia et le Nouveau Casino pour nous permettre d’assister à de si bons moments. Vivement les prochaines dates !

Décembre 2014,
Rédigé par Dökkalfar.



Korpiklaani / Týr @ Nouveau Casino, Paris 10/12/2014

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