mercredi 18 février 2015

Opeth / Alcest - Live Paris 2014



Opeth / Alcest

Mikael m’a tuER…

(par Dökkalfar)




"Pale Communion" tour.
Moment : 05/11/14.
Lieu : Le Bataclan (Paris 11ème).


Opeth / Alcest @ Le Bataclan, Paris 05/11/2014


Quel soulagement de pouvoir enfin voir Opeth cette année après les avoir ratés deux fois, d’abord dans cette même salle du Bataclan, puis au Hellfest où ils ont toujours la bonne idée de jouer le dimanche soir à 1h du matin. Je ne vais pas vous le cacher plus longtemps, mais les Suédois étant mon groupe préféré, je vais avoir un peu de mal à être parfaitement objectif dans ce live-report, donc ne m’en voulez pas. En plus, c’est ma première fois dans cette prestigieuse salle parisienne dont on m’a dit le plus grand bien. L’annonce de cette soirée avait donc toutes les qualités pour m’emballer d’avance. Autre réjouissance anticipée, Opeth est accompagné des Français d’Alcest sur leur tournée européenne, et je suis curieux de voir ce que cet éminemment respectable combo francilien, que je n’ai jamais vu sur scène, a à offrir au cours d’un concert.

J’approche donc de la salle après avoir galéré pour trouver une place de parking. Il est près de 19h, les portes vont bientôt s’ouvrir et il y a déjà une très longue queue de fans dans la rue du Bataclan ainsi que dans sa perpendiculaire. Avec un air un peu dépité je m’y insère, espérant pouvoir tout de même trouver une place proche de la scène. Le temps passe, ça avance lentement, très lentement, et ce n’est qu’un quart d’heure avant le début du set d’Alcest que je parviens à pénétrer dans cette sublime salle après checkpoint et récupération du pass photo. Quelques clichés pour faire des essais de lumière, puis je me rends à l’entrée du pit-photo quelques instants avant que les Français n’arrivent.



Alcest_logo

Alcest

Faisant partie de ces quelques rares groupes français à être signés sur le label allemand Prophecy Productions. Je réalise au moment où j’écris ces lignes qu’Alcest existe depuis 1999, alors qu’il s’est passé près de 10 ans avant qu’ils ne sortent "Souvenirs d'un autre monde" et que leur succès commence peu à peu à monter. Aujourd’hui duo respecté, en France comme à l’étranger grâce au très bon travail de leur label, les deux Parisiens sont parvenus à opérer une jolie transition dans leur style musical, passant d’un post-black metal à un post-rock/shoegaze. Au passage, j’aimerais noter la cohérence du label Prophecy Productions dans les groupes signés, entre black/gothic, folk, ambient, acoustic, de Falkenbach à The Vision Bleak, en passant par Dornenreich. Alors quand on écoute un peu Alcest, on réalise qu’ils ont tout à fait leur place au milieu de ces groupes délicieux. Mais revenons au concert en lui-même.

Alcest
Alcest

Le duo Neige et Winterhalter arrive sur scène, et est comme à son habitude accompagné de Zéro à la guitare et d’Indria à la basse. C’est parti pour 45 minutes d’enchantement dans un Bataclan plein comme un œuf.  Une arrivée des plus sobres, à l’image de leur musique ; c’est vêtu  d’un joli t-shirt de Chelsea Wolfe que Neige accompagné de son combo commence sa set-list par le duo Wings/Opale. Ce dernier, qui pourrait très bien être chanté par un groupe comme M83 donne le ton d’une série de morceaux qui s’annonce toute en légèreté, mais sans renier leur héritage black métal avec le sublime  Là Où Naissent Les Couleurs Nouvelles, issu des "Voyages de l’Ame". Entre les morceaux, Neige est peu bavard, mais est visiblement content d’être là et ravi d’avoir pu accompagner Opeth pour sa tournée européenne. En continuant dans les "Voyage de l’Ame", c’est le très « anathemien » Autre Temps qui est proposé, single qui a permis à pas mal d’entre nous – moi y compris – de découvrir véritablement le groupe.  Le son n’est pas totalement parfait, la voix de Neige est un poil trop en retrait pour parfaitement l’entendre de là où je me situe, mais l’ambiance créée par le groupe est assez magique. Et je réalise que c’est au final mon premier vrai concert de post-rock à Paris. Post-rock qui se confirme avec L'Eveil Des Muses issu de leur dernier album "Shelter", avant le morceau le plus post-black métal Percées de lumière, de leur second album "Ecailles de Lune". La prestation des Français se conclura par cette très longue pièce de 10 minutes qu’est Delivrance (issue de "Shelter") ; et chose amusante (et que mon esprit facétieux suppose volontaire), c’est également par Deliverance qu’Opeth terminera également sa set-list, mais nous verrons ça dans la seconde partie du live-report.

Alcest
Alcest

Nous voilà arrivés à la fin du concert d’Alcest, 45 minutes de douceur offertes avec brio par Neige et ses acolytes. Alors certes le groupe n’est pas le plus démonstratif du monde (et leur attitude est à mes yeux totalement cohérente avec la musique qu’ils produisent), et ils ont le mérite d’explorer des contrées sonores souvent boudées par bons nombres de metalheads. Ils parviennent cependant à nous transporter dans leur univers, pour peu que l’on accepte de prendre un peu de recul, s’ouvrir l’esprit et fermer les yeux. Ce soir, la mission a été accomplie avec brio.




Set-list Alcest :

1) Wings
2) Opale
3) Là où naissent les couleurs nouvelles
4) Autre temps
5) L'éveil des muses
6) Percées de lumière
7) Délivrance 





Opeth_logo

Opeth

Dire que j’attendais de revoir Opeth avec impatience est bien plus qu’un euphémisme ; c’était d’ailleurs une des dates de cette fin d’année que j’attendais le plus. Après les avoir ratés deux fois ces derniers mois, une date parisienne pour l’anniversaire de "Blackwater Park", c’est plus que motivé que je me prépare à revoir mon groupe préféré, avec en plus l’accès au pit-photo qui permettra ENFIN d’avoir de bonnes photos des Suédois, même si nous serons limités à deux morceaux.

Opeth
Opeth

Une arrivée du groupe discrète mais hautement acclamée par le public, avec en fond un sublime décor reprenant le thème de leur album "Pale Communion", c’est d’ailleurs par Eternal Rains Will Come, issu de cet album, que le bal est ouvert ; puis le single Cusp of Eternity qui définitivement rend vraiment bien en live. A ce moment-là, soit on a un peu triché comme moi et donc on sait qu’on va avoir droit à un véritable best-of du groupe, soit on se demande si Mike va jouer des morceaux à voix death (ce dernier ayant plus ou moins sous-entendu qu’il cesserait de faire du metal). Mais l’arrivée de Bleak va rassurer les plus sceptiques quant aux capacités vocales du sieur Akerfeldt. C’est aussi à ce moment-là que les imposants membres du service de sécurité nous font signe de quitter le pit-photo. Mais je parviens tout de même à capturer Mike en train de « growler » in extremis avant de retrouver la fosse. Malheureusement, des basses un peu trop puissantes brouillent un peu les parties vocales, et ce sera le seul petit problème de son que je déplorerai ce soir… mais c’est vraiment pour chipoter.

Opeth
Opeth

C’est à la fin de Bleak que la partie « comedy club » de Mike avec son humour si flegmatique commence. Les blagues et anecdotes fusent après les traditionnels remerciements, moment toujours très attendu par le public. Et même si le groupe est avant tout aimé pour sa musique, la bonne humeur et la simplicité qu’ils dégagent (à l’image d’un groupe comme Enslaved notamment) y contribue largement, à la différence de groupes qui se prennent totalement au sérieux.

Opeth
Opeth

Après cet interlude, c’est l’album "Still Life" qui est mis à l’honneur avec cette longue pièce qu’est The Moor, qui est pour ma part le premier album du groupe que j’ai acheté. Le public du théâtre, bien que relativement statique, semble prendre son pied (preuve que cela est possible), mais l’important service de sécurité n’a pour ainsi dire rien à faire ce soir face à tant de discipline. Le public, connaisseur et attentif, sait se tenir et continue d’headbanguer tranquillement lorsqu’Advent – issu de "Morningrise" – se lance ; morceau qui permet de confirmer, si ça n’a pas été déjà fait un millier de fois, que Martin Mendes, malgré sa grande discrétion, sait faire ronronner sa basse. Ces deux pièces terminées, c’est à un petit moment de grâce semi-acoustique auquel nous allons assister ; tout d’abord grâce à Elysian Woes (issu de "Pale Communion") qui fait vraiment penser à For Absent Friends, interlude de l’album "Deliverance", puis le merveilleux Windowpane (issu de l’album "Damnation", qui a une saveur particulière car c’est lors de cette tournée que j’ai vu pour la première fois le groupe sur scène. Alors même si j’aurais préféré In My Time of Need ou To Rid The Disease, je ne boude pas du tout mon plaisir. C’est enfin le single The Devil’s Orchard qui terminera cet intermède de metal plus soft. J’avoue, "Heritage" n’est pas, comme beaucoup, mon album préféré, mais force est de constater qu’il a été écrit pour le live, et je suis plus que conquis par cette retranscription scénique.

Opeth
Opeth

April Ethereal, tiré de "My Arms Your Hearse", initiera un retour à des morceaux de vrai death metal progressif, puis The Lotus Eater (issu de "Watershed"), sorte de morceau-témoin de tout le savoir-faire d’Opeth, tant techniquement que mélodiquement et dans capacité à transmettre des émotions. Le best-of continuera avec le cultissime The Grand Conjuration (issu de "Ghost Reveries" qui avait marqué leur changement de label, étant depuis chez Roadrunner) morceau sur lequel Joakim Svalverg (claviers) aura l’occasion de se déchainer sur ses bongos ; album qui n’est pas mon préféré mais qui offre son lot de formidables morceaux. On en a pris plein les yeux et les oreilles avec un light-show bien moins agressif que dans d’autres salles parisiennes. Et c’est déjà l’heure du rappel, rappel qui comme je l’ai dit précédemment, sera composé de l’hypnotique Deliverance, juste après la présentation des membres du groupe durant laquelle Mikael ne peut s’empêcher de taquiner ses collègues.

Opeth
Opeth
Opeth

Après près de deux heures d’une prestation quasi-parfaite, c’est dur de trouver quelque chose à redire. On vient d’assister à un grand moment de musique et on pourrait aisément trouver une série de qualificatifs pour exprimer la claque que nous venons de prendre. On ne peut être qu’admiratif devant tant de technique et d’humilité et on comprend pourquoi quasi toutes les dates du groupe sont sold-out à chaque fois. Merci au Bataclan de nous avoir offert un tel spectacle !
 




Set-list Opeth :

1) Eternal Rains Will Come
2) Cusp of Eternity
3) Bleak
4) The Moor
5) Advent
6) Elysian Woes
7) Windowpane
8) The Devil's Orchard
9) April Ethereal
10) The Lotus Eater
11) The Grand Conjuration

Encore :
12) Deliverance


Novembre 2014,
Rédigé par Dökkalfar.



Opeth / Alcest @ Le Bataclan, Paris 05/11/2014

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