mardi 17 juin 2014

Abysse - "E N (D) G R A V E" (2012)


(Par Vivine Lilith)


Parution : Format : Label : Univers : Pays :
23 avril 2012 LP Auto-production Ambient Rock Metal Instrumental France


Abysse - E N (D) G R A V E (2012)
Track-list :

1) Eagle of Haast
2) Ten Thousand Changes
3) Mastodon
4) Forest Monument
5) Sharp and Chrome
6) Golden Life
7) Light for Wheke



Line-up de l'album :

Vincent Barbaud : Guitare.
Geoffrey Véron : Guitare.
Jérémy Cas : Basse.
Sébastien Pineau : Batterie.

Membres additionnels :

Aucun.






Et voici que mon esprit tourmenté s’engouffre doucement dans un Abysse musical, parsemé de sonorités surprenantes... Laissez-vous porter par ces ondes retentissantes et explorez l’atmosphère unique qui se dégage des profondeurs instrumentales d’Abysse...

Ce groupe de Cholet se compose uniquement d’amis de longue date, s’adonnant à leur virtuosité musicale. C’est en 2004 que ces jeunes musiciens autodidactes commencent à jouer pour le plaisir en interprétant des reprises. Abysse est créé en 2005 par ces quatre compères qui composent donc des morceaux instrumentaux, sans vraiment savoir s’ils ajouteront une voix...

Les bonnes nouvelles arrivent en 2006 avec l’enregistrement au Karma Studio de leur première démo “De Profondeur en Immersion”. Six titres enregistrés en prises live qui font l’objet de premières chroniques très encourageantes pour l’avenir de ce groupe instrumental. Suivant leurs envies et continuant leur marche abyssale, ils décident d’améliorer leur technique et leur prestation scénique, en s’inscrivant, en 2007, au conservatoire, département Musiques Actuelles. Suivant les conseils de Laurent Pataillot, la rythmique et le professionnalisme des ces jeunes ne font que croître...

C’est alors qu’en septembre 2008, une extraordinaire expérience humaine et musicale se produit... Ils enregistrent un EP, “Le Vide est Forme” au Dôme Studio, avec David Potvin (Lyzanxia, One-Way Mirror...). Un souvenir mémorable pour eux, puisque les retours de différents articles à ce sujet, confirment que ce groupe de passionnés est fait pour les mélodies instrumentales. Leur amitié inébranlable ne nécessite aucunement l’ajout d’un chant, et donc ils décident de ne pas intégrer un cinquième membre. De plus, leur EP “Le Vide est Forme”, comportant trois excellents titres (Déviance, One Last Breath et Se Déformaient), est disponible en suivant le lien ci-après :




Vous remarquerez au passage que le visuel artistique est excellent. Ces couleurs profondes de noir, de bleu et de blanc, rappellent évidemment les gouffres marins... Nos regards plongent sans retenue dans les plus obscures entrailles d’Abysse... Les lettres du groupe s’entrelacent comme les racines d’un arbre. Se sont là des symboles importants : liens sacrés et unis contre vents et marées...


C’est Hades Design qui réalise tous les visuels d’Abysse depuis le début. Et pour cause, le batteur est aussi créateur artistique, ce qui permet au groupe de dévoiler ses talents et de se comprendre rapidement sur le rendu artistique final.



En 2011, Abysse enregistre enfin cet album fabuleux...


Mes chers lecteurs, si comme moi, vous avez besoin d’aérer votre esprit et de ne plus penser à rien, je vous conseille fortement cet opus exceptionnel : "E N (D) G R A V E ". C’est un remède efficace contre la morosité ambiante...

Cet album leur a permis de jouer au Hellfest 2012, de faire une tournée européenne, et de jouer avec des groupes que l’on ne présente plus, tels que Soulfly, Kruger, Hypno5e, Gorod...
D’après les dires des membres, je cite : « Pour notre premier album, on a voulu composer les morceaux par l'intermédiaire d'un concept. Chaque morceau correspond à un animal un peu mystique ayant disparu il y a des années. L'ordre des animaux a été choisi pour symboliser la descente dans les Abysses : partir des airs avec l'aigle, jusqu'aux profondeurs avec le calamar. Les noms dans le livret sont les noms d'origine en latin. On voulait s'essayer à quelque chose de conceptuel afin d'avoir une ligne directrice pour notre premier long format. »

Quant à l’originalité artistique de la couverture, je cite : «  On a voulu faire une tâche de Rorschach par le fait que l'auditeur voyageait et s'imaginait ce qu'il voulait. On voulait retrouver cette idée-là par cette tâche. On l'aime beaucoup car on peut y voir plein de chose : un ange, un éléphant, un sexe masculin, un sexe féminin, etc... C'est une tâche qu'on a vraiment faite avec de l'encre en pliant une feuille et Sébastien ne l'a quasiment pas retouchée. »

Plongez au cœur de cet inlassable et saisissant opus, et laissez-vous emporter par les flux d’Abysse...

Ce premier titre, Eagle of Haast (un aigle géant), est d’emblée mon premier coup de cœur. Abysse nous plonge pendant près de neuf minutes, directement dans l’ambiance explosive de ce groupe d’inséparables. Le rythme cardiaque est au ralenti dès le départ, avec sa jolie mélodie en fond un peu exotique, tel cet aigle planant majestueusement dans les airs. Puis les guitares s’invitent avec la batterie de manière tranquille, et explosent pour laisser place à un nouveau rythme doux mais assuré. Les harmonies s’accélèrent et la course effrénée s’annonce... Ce vol grandiose est une montée d’adrénaline dans le sang... Les pauses et rythmes sont plutôt bien coordonnés. La basse et les guitares sont en harmonie quelque soit la vitesse des notes. À plus de trois minutes, la basse fait place : elle s’affirme très mélodique et lente, avant de reprendre l’accélération des sons vers la septième minute. Que du bonheur oyant la rapidité excellente des notes jouées, totalement emportée... Un ralenti léger survient puis s‘arrête quelques secondes vers la fin du morceau. Pour enchaîner directement sur le titre suivant sans nous laisser reprendre notre souffle ! Une perle musicale, un bonheur instrumental !

Conquise, je guette le second morceau Ten Thousand Changes (une libellule géante). Abysse nous entraîne directement dans des rythmes endiablés telle une tempête... Dès le début, la double pédale est très rapide. La mélodie des guitares et de la basse ralentit ce voyage inconditionnel dans les airs et repart de plus belle avec des rythmes soutenus de guitares et de basse, en accord parfait.  Les harmonies de guitares sont sublimes et délicates. La tempête s’efface... À presque cinq  minutes, le rythme soutenu revient en force et s’enchaîne de nouveau comme une bourrasque de notes, pour s’achever en douceur et en parfaite harmonie entre la batterie et la guitare. L’enchainement de ces deux premiers titres est indissociable...

Mastodon (un bison géant) fait place. Les pieds sur Terre, après cet étrange voyage aérien, les solos et riffs de guitares sont nets et bien placés. La batterie est toujours en parfait accompagnement. Du punch et une énergie à revendre ! Les solos de basse sont appréciés. La reprise du rythme soutenu de tous ces instrument donne envie de courir, un sentiment de liberté naît. Une envie de headbanguer est inébranlable... S’ensuit pour finir, un  ralenti léger et franc.

Forest Monument (un cerf avec d'énormes cornes) est pour moi plus mélodique, plus progressive à mes ouïes. Un début de sons original et des harmonies plus lentes, qui laissent place aux solos de guitares et de batterie. Ils offrent de majestueuses mélodies, lesquels adoucissent cette arrivée sur Terre par le jeu des cymbales délicates. Ce titre semble mystérieux, presque épique et transitionnel, de par ces solos de guitares majestueux et doux... Vous pouvez d’ailleurs visionner leur clip ci-dessous en suivant ce lien :




Sharp and Chrome (un tigre aux dents de sabre) s’installe rapidement avec des notes de guitares légères, accompagnée de la basse. Le rythme effréné de la batterie est mis en avant. Aucun son ni instrument n’est laissé au hasard. Les sublimes solos de guitares en fond m’enchantent fraîchement telle une légère brise marine. Ce titre se veut agressif et puissant telle la course effrénée de ce tigre majestueux... Le rythme est soutenu et adéquat, pour une reprise en douceur des harmonies qui montent crescendo, de manière très rapide pour finir en sons plus doux. Une oxygénation bien  présente dans les veines, qui donne des ailes...

Golden Life (un gros crapaud à la peau doré) est mon second coup de cœur et réellement ma préférée. C’est pour moi le titre évocateur d’un long labeur entre passionnés et amis de longue date. Après un long début, plutôt lent et agréable, les mélodies se font clairement plus rapides. Ensuite la basse est mise en avant et les petits solos de guitares s’illuminent, la batterie donne le ton...  À trois minutes trente, tout s’arrête... Un son grave de basse s’impose : j’adore ! Et laisse place à cette guitare virtuose lente mais mélodique. C’est presque un son de balade un peu blues... pendant près de deux minutes avec des jeux délicats de basse. Et bam !! La batterie revient et le cœur repart en suivant ces rythmes rapides, pour finir avec cette batterie irréprochable. Une renaissance à l’état pur... Les guitares se font stridentes. En fond, la batterie termine en douceur... Plus de sept minutes d’extase mélodique pour ce titre, ô combien révélateur d’un talent unique et complexe.

Light of Wheke (un énorme calamar), plus de huit minutes endiablées... Les solos de batterie sont excellents et le rythme “double pédale” est très efficace. Encore une belle balade de sonorités plaisante mais plus soutenue. Les solos des guitares sont aussi excellents. Ils sont toujours en harmonie avec ceux de la basse. Vers quatre minutes vingt, une pause est méritée pour enchaîner sur un nouveau rythme endiablé et lumineux. Vers la cinquième minute, la pause refait surface de par le ralenti de la batterie, puis de nouveau cette accélération douce et soutenue, sur un fond de guitare stridente ! Et de nouveau cette reprise endiablée qui vous entraîne finalement dans les profondeurs abyssales...


Je vous laisse contempler ci-dessous les excellents clichés pris au Hellfest 2012 par Havelock Photos, en parcourant son site internet :


Abysse
Abysse
Abysse


Sachez que ces quatre musiciens sont scrupuleux à tel point que "E N (D) G R A V E " a été composé dans l’ordre exact des titres présentés...

Rien ne manque... Rien n’est à supprimer... Rien n’est à ajouter... Nul besoin d’une voix posée pour cet album terrible...

Cet album est pour moi parfait, de par une véritable harmonie et un gros travail de base, car tous les instruments sont mis en valeur. Il est complet car plusieurs styles de métal y sont répertoriés, tel le heavy, le prog et le mélodique. Cet opus me reste en tête après chaque écoute. Il s’écoute en boucle sans problème et donne une énergie sans pareil. C’est une atmosphère légère et rythmée, un souffle d’air musical telle une brise marine rafraichissante, à partager sans modération...


Et qu’on se le dise : un second album est en composition...

Ces jeunes amis musiciens qui évoluent avec professionnalisme, rigueur et patience, ont ancré leur passion parmi cet océan d’artistes variés. C’est une évolution croissante, même si ce second opus apparaît comme une évidence, il est très attendu des fans...

Je serai curieuse de savoir quelle voie ils suivront cette fois-ci... leur souhaitant de voguer en suivant leur inspiration viscérale, pour mieux entraîner un public attentif.

J’espère être prise aux entrailles autant que pour "E N (D) G R A V E "...

Je vous encourage vivement à découvrir en parallèle leur projet Orpheline... conçu avec les deux guitaristes d’Abysse et une amie bassiste. Ce premier EP constitué de neuf  titres, est  téléchargeable à partir de 1€ en visitant les sites ci-dessous :



Je voudrais, pour finir, remercier très amicalement et chaleureusement tous les membres d’Abysse, qui ont eu la patience et la gentillesse d’éclairer mes sombres chandelles dans les profondeurs de leur univers musical passionnant...


Avril 2014,
Rédigée par Vivine Lilith.



Sources :


Liens officiels

Bandcamp

Soundcloud

Facebook


Où se procurer l’objet ?

Bandcamp du groupe

Bigcartel

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...