lundi 30 décembre 2013

Interview Nydvind 1 - Juin 2013


Nydvind_logo



The "Nordic Heathen" interview





Chapitre 1 : Horizon(s) of Nydvind


(par Vlad Tepes)



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Version anglaise/english version


Nydvind


Nydvind est une entité qui me tient à cœur depuis 10 ans maintenant, depuis que "Eternal Winter Domain" a émergé d’une glaciale journée. Durant toutes ces années, de nombreuses choses se sont déroulées dans la vie du groupe et il nous semblait essentiel d’aller à la rencontre des Nydvind pour en savoir bien plus sur le passé, le présent et le futur de l’entité.

Moi et Metalovore avons ainsi rencontré Richard, Nesh et Eric lors d’une splendide journée, où nous nous sommes engouffrés dans les bois pour réaliser cette Nordic Heathen interview. L’échange fut long – très long même – et d’une richesse que nous avons choisi de vous faire partager en intégralité (soit plus de 2h d’interview !).

Ainsi, nous vous offrons ici le premier chapitre de cette Nordic Heathen interview, où les Nydvind nous parlent de leurs innombrables projets. Asseyez-vous confortablement, et laissez-vous surprendre par les vents glacés…






Vlad Tepes : Nous sommes ici dans ce terrain boisé avec les Nydvind. Bonjour messieurs.
Richard/ Nesh/ Eric : Bonjour.

Vlad : J’ai beaucoup de questions pour vous, j’espère que vous êtes armés de patience. On va peut-être commencer par des questions un peu générales sur Nydvind et le concept – je mets de grosses guillemets – parler ensuite de vos projets en cours, car j’ai ouïe dire qu’il y en avait une tripotée. Et ensuite reparler du premier album, voguer après vers le deuxième, puis boucler la boucle. Et terminer sur des questions générales, parfois improbables. Mieux vaut terminer par des questions improbables en fin d’interview je pense. On démarre ?
Richard/ Nesh/ Eric : Allons-y.

Vlad : Nydvind… un nom très énigmatique. Qu’est-ce qu’il signifie de manière générale ? Est-ce une appellation onirique ou y a-t-il un sens précis derrière que vous souhaiteriez nous dévoiler ?
Richard : Alors en fait "Nydvind" c’est un nom qui est sorti un peu de nulle part, je l’ai trouvé par hasard. Je l’ai trouvé à un moment où je voulais justement fonder un projet nordique. Et en voulant fonder ce groupe nordique, je voulais jouer avec une sonorité… je voudrais dire scandinave mais pas vraiment scandinave parce qu’il n’y a pas de référence directe avec la Scandinavie. Et j’ai hésité entre plusieurs noms pour le groupe et j’ai trouvé "Nydvind". "Nydvind" m’a beaucoup plu. C’est un peu plus tard que je me suis rendu compte qu’en traduisant, c’était très proche d’une traduction du Norvégien : ça veut dire "vent nouveau" en Norvégien - "ny" voulant dire "nouveau" en Norvégien, et "vind" le "vent". Donc "le vent nouveau" en Norvégien, c’est ce que veut dire le nom du groupe de façon presque directe. Alors par contre c’est complètement involontaire, mais finalement je trouve ça plutôt sympa comme façon de voir les choses. Je ne commente pas trop souvent le fait que ça veuille dire "vent nouveau" – en l’occurrence ce n’était pas du tout volontaire – mais je trouve que c’est une façon de décrire le groupe de façon assez poétique et assez différente de ce qui se fait. "Vent nouveau" aussi dans le sens où il n’y a rien qui ressemble à Nydvind je pense, en toute humilité. Je pense que quand on a fondé le groupe, on a voulu faire quelque chose de très différent de ce qui se faisait, même si on a des influences qui sont assez identifiées et dont on pourra parler tout à l’heure, je pense que la musique de Nydvind – et d’ailleurs ça ressort assez régulièrement dans les interviews – est quand même une musique assez originale et on nous compare assez rarement à des groupes, en tous les cas pas de manière très flagrante. Donc voilà le sens du nom et l’histoire de la création de ce groupe.

Vlad : D’accord. Effectivement on aura l’occasion d’y revenir, mais Nydvind fait effectivement une musique très racée, particulière. Moi la question que je me posais étant donné que vous êtes quand même malgré tout assimilés – je ne vais pas vous fâchez – à la scène pagan…
Richard : Y a aucune raison que ça nous fâche ! On assume parfaitement d’être dans cette scène.

Vlad : … il y a effectivement cette originalité. Alors c’est une scène qui est très bercée de mythologie, etc. Je me posais la question du fait que vous soyez plus ancrés dans quelque chose de clairement mythologique, ou dans quelque chose de beaucoup plus personnel, contemplatif, subjectif au final… ou est-ce que vous êtes dans les deux axes ?
Richard : Je vais commencer par répondre et peut-être qu’après Nesh pourra poursuivre. La raison d’être du groupe était au départ de ne surtout pas être mythologique, pour deux raisons. La première c’est que quand j’ai fondé Nydvind on était déjà dans Bran Barr. Bran Barr lui est très clairement mythologique. C’est un groupe qui est à l’initiative d’Aed Morban son fondateur, un groupe directement inspiré des légendes celtiques, avec au-delà de ses inspirations un véritable engagement dans le monde de la reconstitution historique. Et moi à titre personnel – je dis bien moi à titre personnel – je n’ai aucune accointance avec la mythologie, ça ne m’intéresse à priori pas du tout même si avec les années on a pu évoluer. Mais à la fondation du groupe c’est complètement personnel, plutôt… je ne dirai pas philosophique parce que ça ferait un peu prétentieux, mais poétique et très personnel dans la façon de voir les choses. A l’instar de certains autres groupes qui n’utilisent pas énormément de références – je pense notamment à Empyrium, le groupe allemand – qui a fait du pagan, enfin du pagan dark/doom avec une vision très poétique, très personnelle et qui ne faisait pas de références à des histoires mythologiques, etc. Donc on était complètement dans cette démarche au départ. Je citerai aussi une autre influence qui est Satyricon, les deux premiers albums de Satyricon – "Dark medieval times" et "The shadowthrone" – qui sont des albums qui ne font pas de référence directe à la mythologie. Satyricon est un groupe norvégien donc on aurait pu imaginer qu’ils parleraient des Vikings mais pas du tout. Quand on lit les paroles des premiers Satyricon, c’est la forêt, les châteaux, c’est finalement assez abstrait. Et moi j’étais complètement dans cette démarche-là au départ. Alors après c’est vrai que le groupe s’est enrichi de nouveaux membres, il y a eu un certain nombre de remises en question du concept du groupe au fil des années. Et peut-être que c’est à Nesh de parler de la suite, de ce que ça peut donner plus tard.
Nesh : Moi surtout sur la vision du groupe quand je suis rentré dans Nydvind, c’est plutôt le côté nature en fait, écologique aussi, on a un petit peu cet esprit. Effectivement il n’y a vraiment aucune notion mythologique mais on est dans un esprit où on communie avec la nature, notre environnement, la forêt. Par rapport à ça d’ailleurs, notre lieu de ressource – où on va chercher certaines idées et où on se retrouve de temps en temps (plus au début que récemment) – c’est dans les Vosges en fait, à un endroit très nature avec ses grandes forêts vosgiennes, des lacs, la montagne, et justement en hiver avec toute cette neige. C’est l’esprit je pense qui est à la base au niveau du groupe, et qui nous unit et qui nous a permis d’évoluer, d’avancer un petit peu jusqu’à aujourd’hui. Donc il est clair que par la suite on nous a souvent affiliés justement au côté pagan/mythologique. C’est vrai que le viking métal ça a été aussi un engouement à une certaine époque. Le fait d’avoir été signés chez Trollzorn, ça a été aussi un symbole qui nous a plus affiliés à ce style de musique. Moi personnellement je suis plus impliqué dans le côté mythologique viking, faisant partie d’une association de reconstitution historique, la Branche Rouge dont fait partie le fondateur de Bran Barr Aed Morban. On est une bande de compagnons vraiment attachés à cette mythologie viking, on a fait beaucoup de recherches. Donc je pense que ça influe aussi un peu sur nos idées, et puis aussi à l’écoute de groupes orientés viking comme Amon Amarth, beaucoup plus dans l’esprit death métal, ou des groupes qui viennent de la scène finlandaise ou alors justement suédoise ou norvégienne, qui peuvent influer un petit peu sur la composition musicale et peut-être un peu sur les thèmes sous-jacents. On évite de l’exprimer de manière très claire, précise. C’est vrai que "Sworn to the elders" par exemple, le deuxième album, fait référence à nos ancêtres donc là on part sur un côté qui est plus ou moins mythologique, sous-entendu mais sans vraiment aucune référence. Sur le prochain album, on n’est pas encore vraiment fixé mais il y aura peut-être une notion – sans préciser, sans date, de manière assez floue – quelque chose qui va faire appel plutôt à un passé où on pourra s’imaginer que ce sont peut-être des Vikings, peut-être que ça n’en sont pas ; on va essayer de garder un petit peu cette ambiguïté sur le groupe, sans l’afficher mais sans le renier non plus complètement. C’est un peu l’idée sur le prochain album. Après on verra sur les suivants, quand on en parlera sur cette partie spécifique sur l’avenir du groupe.

Vlad : Du coup vous êtes un petit peu sur le fil alors, d’après ce que je comprends.
Richard : Complètement, et c’est tout le problème du groupe d’ailleurs, car depuis la création du groupe on nous a tout le temps taxés de groupe de pagan… alors on est un groupe de pagan, j’ai aucun doute là-dessus, par contre les gens font un amalgame entre pagan métal et mythologie. Parce que les Norvégiens et les Suédois parlent des Vikings, les Irlandais type Primordial/Cruachan parlent des Celtes, les Germains parlent des Teutons, etc. Et les Français, on n’est pas nombreux à faire du pagan en France, nos collègues parlent des Celtes et des Gaulois. Ce n’est pas le cas de Nydvind parce que ce n’est pas comme ça que je voyais le groupe. Comme je le disais tout à l’heure, j’avais envie de fonder Nydvind pour justement m’éloigner un peu de ce que je connaissais dans Bran Barr. Parce que Bran Barr, musicalement et textuellement, c’était quelque chose de très assumé comme étant du pagan celtique à la fois dans la forme et dans le message. Nydvind je voulais que ce soit du pagan nordique – je dis bien nordique et non scandinave, parce que justement le Nord c’est un concept assez abstrait – à la fois dans la forme et dans le fond. C'est-à-dire dans le fond, le premier album parle beaucoup de neige, de froid. C’est glacial, à la fois dans la forme et dans les textes. Et puis on s’est rendu compte qu’on ne pouvait pas faire tous les albums sur la neige et sur le froid, y en a d’autres qui le font mieux que nous (je pense à Immortal notamment, que j’adore au passage)…

Vlad : C’est autre chose.
Richard : Voilà c’est autre chose mais on n’allait pas sortir dix albums avec à chaque fois : frost, snow, mountain, etc. Donc on s’est un peu renouvelé sur le deuxième album, avec "Sworn to the elders" qui est plus classique en termes de textes puisqu’il y a des références à la nature, mais aussi des références aux ancêtres et à l’Histoire de manière générale. Et puis là on va franchir un nouveau cap avec les prochains albums puisqu’on a trouvé un concept intéressant, je ne sais pas si on en parle tout de suite ou plus tard…

Vlad : Comme vous voulez, on peut en parler tout de suite !
Richard : Parce qu’en fait on a eu une idée, Nesh en l’occurrence a eu l’idée qu’on a trouvé excellente – on n’est pas les premiers malheureusement à l’avoir eu puisqu’un groupe suédois qui s’appelle Vintersorg l’a eu avant nous – c’est de sortir 4 albums sur les 4 éléments. Et ça c’est une super bonne idée parce que ça nous a permis artistiquement de nous donner une feuille de route, un cap sans avoir à se dire « qu’est-ce qu’on va faire sur le prochain album ? de quoi on va parler ? quels seront nos thèmes ? quelles seront les ambiances musicales qu’on va aborder ? ». Et là on est complètement, entre guillemets, dans un plan de carrière. Le mot est un peu barbare mais je pense qu’on est dans un plan artistique où on sait que sur les 4 prochains albums, si tout va bien – on va toucher du bois – le groupe continuera à exister sur ces 4 prochains albums. Ce sont les 4 éléments, donc le prochain album va évoquer l’eau. Le nom de l’album c’est "Seas of Oblivion" et ça sera un album qui sera essentiellement centré sur la thématique de l’eau et de la mer en général, avec comme disait Nesh cette dimension un peu exploratoire, les grandes sagas de nos ancêtres – alors on ne sait pas d’où ils viennent, de quand ça date…
Nesh : Sur le principe, je vais juste faire un petit retour en arrière sur pourquoi ce choix d’albums et du groupe. Donc ça vient principalement du fait que je suis arrivé un peu à la composition au niveau de la guitare, au départ de la basse dans Nydvind depuis la création du groupe, peu de temps après la création du groupe ; le poste de guitariste s’étant libéré, moi ayant quitté Bran Barr et ayant été guitariste au sein de Bran Barr a eu une certaine influence au niveau de Nydvind. Donc j’ai commencé à composer en fait, et plusieurs fois on a eu l’occasion d’écouter certaines compositions que j’avais faite de Bran Barr et Richard m’a précisé « Tiens, ça sonne un peu Nydvind, c’est un peu dans l’esprit ». Donc on a décidé plutôt que de chercher un guitariste supplémentaire, de travailler aujourd’hui à trois musiciens : Richard qui continue la guitare et le chant, Eric à la batterie, et moi qui prend de manière studio – puisqu’en formation live, ça complique un peu les choses – qui continue à composer les lignes de basse mais aussi à composer une partie des lignes de guitare. Donc là je mixe différentes influences, et en fait le premier morceau de Nydvind qui a été composé s’appelle Sea of Thalardh, qui est un morceau que j’ai trouvé assez simple au départ d’ailleurs, que je n’aimais pas du tout. Et un jour en l’écoutant « Tiens si j’essayais de le remanier », simplement en gardant la structure et peut-être de rajouter une deuxième ligne de guitare supplémentaire et en composant une ligne de basse. Et en ayant travaillé dessus, en ayant simplement apporté certains éléments complémentaires, la structure était bonne, la base était là. Et en apportant ces petits éléments, je me suis dit « Tiens, c’est un morceau pas si mal que ça », qui est même plutôt bon d’ailleurs. Dans l’idée on s’est dit « Tiens, Sea of Thalardh, deux/trois influences », on s’est dit « Pourquoi pas ». Et en fait, ce qui s’est passé c’est que Richard a trouvé une illustration sur internet, qui illustrait un paysage maritime un peu chaotique avec un bateau, une énorme vague. Il y avait aussi… je ne sais plus ce qu’il y avait exactement dessus. Et en fait on s’est dit « Pourquoi on l’utiliserait pas pour une pochette d’album ? », et à ce moment-là pourquoi pas baser un album-concept complètement sur l’eau, en partant justement sur ce mélange entre la pochette qu’on avait vu et le morceau Sea of Thalardh, et de broder un peu autour sur cet esprit. Et après, de se dire « On va voir ce qu’on peut faire sur les albums suivants ».
Et donc ensuite par rapport à cet album basé sur l’eau on s’est dit, je me suis dit en partie avec mes collègues « Et bien pourquoi pas essayer de baser les albums suivants sur une thématique des éléments ». On a déjà l’eau, pourquoi pas ensuite la terre, l’air, le feu. Et après on s’est dit vu qu’on a des influences un peu multiples, des compositions qui rentrent peut-être finalement plus dans un style musical que dans un autre sur certaines compositions. Richard a une énorme influence doom, Eric aussi est pas mal branché sur ce style musical ; et moi de mon histoire de passionné et de métalleux le doom c’est aussi un style de musique qui me parle, j’en ai joué à une époque plus ou moins, pas au même niveau que Richard mais j’ai quand même pas mal d’influences par rapport à ça. Et on s’est dit, pourquoi pas baser un style de musique par rapport à un élément : un élément – un album – un style de musique bien spécifique. Et sur les 4 éléments, 4 styles de musique différents. Par rapport à ça, effectivement sur le prochain album "Seas of Oblivion", on va rester un peu dans l’esprit pagan, peut-être un peu plus épique. Par rapport aux différentes influences, on est aussi pas mal influencé par les autres groupes de la mouvance pagan. Moonsorrow ça reste une grosse influence, un groupe que j’apprécie vraiment. Il y a Primordial qui a aussi une certaine influence. Et dans ma composition, dans nos compositions ça se ressent un petit peu par rapport à ça. Et on s’est dit, on va utiliser ces petites influences pour continuer dans l’esprit pagan sur quelque chose d’un peu plus épique et qui peut effectivement bien se marier avec le côté maritime/navigation/exploration et tout ce concept. Donc le prochain album va être basé sur ce thème-là et avec ce style de musique que l’on va un peu varier plus ou moins. Au niveau des histoires et des thèmes on a eu l’idée de se dire que peut-être l’on pourrait se baser sur des faits historiques, et finalement on ne préfère pas. On ne préfère pas afficher haut et clair que de toute façon ce n’est pas notre style, ce n’est pas ce qu’on veut faire. Mais chacun interprètera je pense, y verra son image. L’idée c’est que chaque auditeur écoute et s’imagine un peu ce qu’il veut avec le support, les paroles, la musique et le lay-out de l’album à ce moment-là ; mais que chacun puisse s’imaginer un petit peu ce qu’il veut. Certains pourront effectivement très bien imaginer des Vikings, d’autres pourront imaginer plutôt de la navigation moyenâgeuse ou les fameuses explorations des Conquistadors espagnols et tout ce qui s’en suit par exemple. Voilà, chacun pourra imaginer un petit peu comme il veut par rapport à ça.
Richard : En fait je rebondis par rapport à ça. Nous ce qui nous importe c’est d’évoquer des sujets païens, historiques mais en étant toujours déconnectés de toute référence objective. Il y a quelques exemples sur le premier album, je pense notamment à The Call of Mother Earth, c’est un titre du premier album où en fait je parle très clairement d’un rite païen, puisque c’est le rite funéraire d’un guerrier qui a quitté le monde des vivants. Et j’évoque dans ces paroles-là toute une somme de rituels, de cérémonies qui sont très proches en fait de la Wicca par exemple et je ne veux pas la nommer parce que je n’ai pas envie de rentrer dans cette espèce de caricature, de dire « Moi je lis ça, donc j’applique ce que je lis ». On n’est pas dogmatiques en fait dans Nydvind, on ne veut surtout pas – déjà que l’on n’est absolument pas chrétien ni catholique – on ne veut pas non plus sombrer dans la caricature du Païen qui se réclame l’alternative à la religion monothéiste. Donc on est un peu l’empêcheur de tourner en rond entre guillemets… bon alors ça va, ça se passe bien pour nous, on n’a pas trop de problèmes, on a eu beaucoup plus de problèmes par le passé avec d’autres groupes (enfin je parle pour mon cas personnel). J’ai un autre exemple, c’est I, The exil, qui est un bonus-track de cet album, dont le titre a été écrit par notre cher ami batteur. Et en fait c’est un sujet qui évoque… c’est un voyage du défunt vers des contrées célestes : donc là on est très religieux dans l’approche, mais on ne nomme pas. On ne nomme ni le monde des cieux, ni l’ethnie, ni l’origine de ce personnage. Et en fait je pense qu’on va continuer sur le nouvel album à exploiter cette idée, c'est-à-dire qu’on va s’inspirer de choses mythologiques, historiques, littéraires, mystiques, etc., mais on ne veut pas rentrer dans des cases…

Vlad : S’inspirer !
Richard : Voilà s’inspirer, et on ne veut pas car aucun d’entre nous dans le groupe n’est croyant pratiquant. Celtes, on l’est plus ou moins. Vikings, Nesh en parlait tout à l’heure, on n’a rien de viking si on considère l’origine purement historique. Donc on n’a pas envie de faire n’importe quoi, et je n’ai pas envie de m’exposer à des critiques – pas forcément en France – mais dans d’autres pays, notamment l’Allemagne où les gens nous ont dit « Mais vous venez d’où ? vous êtes français et vous parle de quoi ? ». Alors moi j’ai répondu à ces Allemands-là… parce que c’est vrais que les paganeux allemands sont extrêmement nationalistes (dans le bon sens du terme), c'est-à-dire qu’ils racontent tout comme les Irlandais, les Norvégiens, etc., l’histoire de leur terre et nous beaucoup moins. C’est vrai que les Français c’est différent, parce qu’on pourrait déborder sur le sujet mais le nationalisme en France est beaucoup plus tabou qu’il peut l’être dans d’autres pays en Europe. Et il n’est pas très bien vu en France de parler de la fierté d’être gaulois, sous peine d’être taxé d’extrême-droite ou de nationaliste, etc.

Vlad : Ce n’est pas du tout la même chose.
Richard : C’est complètement différent et c’est vrai que les Allemands s’étonnaient qu’on puisse ne pas parler de notre fierté d’être français. Alors moi j’ai expliqué que personnellement je suis fier d’être français, je n’ai aucun problème avec le nationalisme et cette fierté de mes racines. Mais je n’ai pas spécialement envie de donner à Nydvind cette couleur entre guillemets politique, même si ce n’est pas une couleur politique mais ça pourrait être considéré comme une couleur politique par notre environnement. Et ils étaient assez surpris. Les Hollandais d’ailleurs, Heidevolk, sont très très patriotes, ils ne parlent que de leurs racines ethniques. Je ne sais pas si tu connais Heidevolk ?

Vlad : Très peu.
Richard : Groupe de pagan hollandais. Les types sont ultra patriotes, et nous on les aime bien parce qu’on a tourné un peu avec eux mais on n’est pas du tout dans cette démarche d’identification nationale.
Nesh : On est un peu dans l’identification régionale !
Eric : C’est peut-être aussi propre au métal, à la musique métal. C’est quand même une scène qui est très identitaire, avec énormément de sous-scènes : tu verras black, pagan, death… c’est très compartimenté. Et c’est peut-être aussi une caractéristique du pagan métal : on parle de ses racines, on parle de son pays, de là où on est né, on exalte toutes ces choses-là. Mais sur le plan artistique finalement, le risque c’est de se retrouver constamment sur les mêmes références : mythologie, Odin, etc. Ce qui est intéressant justement avec Nydvind, et nettement plus intéressant par rapport à ce qui se fait dans le pagan métal, c’est justement de nouer avec la mythologie… surtout avec une forme de mysticisme lié à la nature, les éléments – l’eau, le feu, la terre… – et des climats – le froid, etc.
Richard : Contemplatif comme il disait tout à l’heure.

Vlad : Je pensais à ça justement.
Richard : Très fusionnel, très contemplatif.
Eric : Alors justement c’est ça en plus l’enjeu artistique, c’est que chacun trouve, ait une lecture différente des créations de Nydvind, peut-être viking comme ça a été évoqué tout à l’heure. Pour moi ça évoque autre chose, selon les appartenances, selon tout un chacun. Chacun y aura sa lecture différente, et c’est ce qui fait l’intérêt des créations de Nydvind.

Vlad : En tous les cas, vous êtes sur quelque chose de profondément ambitieux, de très qualitatif. Quand on regarde finalement les dates de sortie de vos albums, on voit bien que vous n’êtes pas du tout dans une espèce d’urgence à sortir de manière un petit peu industrielle des albums, vous n’êtes pas du tout dans le "sortir un album pour sortir un album".
Richard : Oui, ça n’a jamais été comme ça qu’on a fonctionné, ni avec Nydvind ni avec les autres groupes. J’en veux pour preuve Bran Barr qui a sorti un premier album en 2000 et le deuxième en 2010. On prend notre temps, on est même – je le dis souvent – un peu dilettante, surtout moi. Il faut y voir là que ça fait un bon paquet d’années qu’on est dans la scène, qu’on n’est pas des nouveaux venus. Certains d’entre nous y sont depuis 20 ans. Ce n’est pas évident après 20 ans de carrière d’être au taquet comme on peut l’être les premières années. Les premières années on était effectivement beaucoup plus au taquet au niveau des sorties. Là on est dans une approche où on a envie de faire de la musique surtout pour nous et pas pour répondre à des besoins de marché, de délais, ce qui nous a un peu valu des commentaires de mémoire par notre label qui nous disait : « Y a pas beaucoup d’actu, vous tournez pas beaucoup, vous sortez pas beaucoup d’albums ». Moi je préfère presque ces groupes-là aux groupes qui tournent tout le temps et qui ont des albums tous les ans. Parce que comme disait Eric tout à l’heure ça banalise le produit, entre guillemets, et ça rend le groupe finalement banal. Je pense à des Cannibal Corpse, à des Marduk qu’on voyait tous les ans, qui sortaient des albums tous les ans. Je crois qu’ils se sont un peu calmés mais je me souviens il y a quelques années, c’était tout le temps le Winter… non le X-Mas festival. Tous les ans c’était les mêmes groupes.

Vlad : C’était très routinier.
Richard : C’était de la routine et puis finalement quand quelque chose sort tous les ans, c’est aussitôt consommé, aussitôt digéré, on passe à la suivante. Donc nous, je ne dirais pas que c’est volontaire de sortir un album tous les quatre/cinq ans mais ça nous convient, c’est notre rythme de travail. Je pense que les prochains albums risquent de sortir un peu plus vite, parce qu’on a cette chance d’avoir trouvé une ligne directrice pour les 3 ou 4 prochains albums, je trouve que c’est hyper motivant pour le groupe et ça devrait nous aider à sortir des albums plus souvent. Pour ma part je ne cherche pas la reconnaissance sur la scène métal, donc que l’album sorte 5 ans après l’album précédent je trouve que ce n’est pas grave. D’ailleurs pour exemple, quand Bran Barr a joué au Cernunnos il y a deux/trois ans, personne n’entendait parler de nous et les mecs étaient super contents de nous voir, du genre : « Ils sont toujours là ». Et au final on a donné un concert devant une salle complète, pleine, devant un public qui était super content de nous voir. Il y a aussi un peu ce côté happening finalement, qui fait que le groupe est de retour, et je trouve que c’est mieux plutôt que « C’est l’énième date ou l’énième album de Nydvind » à l’instar d’un Finntroll ou d’un Ensiferum, tous ces groupes de pagan qui sont complètement rentrés dans cette logique industrielle, complètement antinomique avec l’univers dans lequel on est.
Nesh : C’est la signature avec les labels. C’est l’avantage d’être amateur au final, de pas avoir d’obligations professionnelles si-je puis dire. C’est vrai que peu de groupes dans le pagan vivent de leur musique. Mais nous ça reste un loisir, et donc on n’a pas de label, on n’a pas d’obligation. Alors c’est vrai que certains d’entre nous aimeraient faire un petit plus de concerts, mais on se rattrape autrement ce n’est pas un souci. Mais au final ça nous laisse un petit plus de liberté par rapport à ça et on a moins de contraintes. Tu citais l’exemple de Bran Barr en concert ; moi je citerai quand même l’exemple de Nydvind au dernier Cernunnos : on avait encore moins d’actu par rapport à Bran Barr qui avait sorti l’album l’année précédente. Là on avait plus d’actu mais on avait des gens qui étaient là pour nous voir. Donc avec très peu d’actualité, les gens suivent quand même. C’est vrai que le fait de ne pas sortir un album régulièrement, pas faire d’actualité ou ce genre de choses, on perd peut-être le contact avec les personnes qui pourraient être intéressées mais de manière peut-être finalement pas aussi poussée. Et les personnes qui sont vraiment intéressées par le groupe, qui vont apprécier, qui aiment, s’informent et sont toujours au courant de ce genre de choses. Donc voilà c’est peut-être un choix, de se dire « Voilà, on a peut-être un noyau assez réduit de fans mais qui sont…
Richard : … qui sont fidèles et sur le long terme.
Nesh : C’est un peu l’idée, contrairement à justement à des groupes qui vont sortir des albums et qui vont avoir des fans d’un jour, qui ne le seront plus l’année suivante, qui vont oublier assez vite parce qu’ils consomment… société de consommation aujourd’hui à grande échelle, et même le métal fait partie de ce cycle de consommation.

Vlad : En tous les cas, ça fonctionne avec vous parce que vous avez réussi à marquer les esprits. Effectivement vous n’avez sorti que deux albums, mais au Cernunnos je pense que l’audience n’aura pas exprimé peut-être autant de ferveur si vos deux albums avaient été d’une qualité bien inférieure. Donc là je pense que le pari est gagné.
Je vous propose de revenir un petit peu en arrière avec votre premier album si vous le voulez bien. A moins que vous ayez des choses à rajouter sur l’écriture de l’album…
Richard : Ben oui, on n’a pas fini !

Vlad : Je vais vous laisser poursuivre, parce qu’il y a cet interlude au bouzouki qui à mon sens a une autre couleur et qui n’appartiendra pas au troisième album d’après ce que j’ai compris.
Nesh : Je ne sais pas jusqu’à quel niveau on peut parler de nos idées… En fait dans l’idée on est parti du concept, pour refaire un tour vite fait sur l’historique, c’est que le prochain album – certains l’ont peut-être vu – devrait  s’appeler "Telluria". C’était un concept de Richard qui est basé sur la terre, avec un côté très tellurique. Et on s’est dit qu’au niveau de la couleur musicale c’est quelque chose qui correspondrait plus à des morceaux un petit peu plus mid-tempo, plus lourds, qui se rapprocherait au final peut-être du doom ou alors…
Richard : … voir du premier album.
Nesh : Voir du premier album, ce genre de choses. Richard a composé énormément de morceaux justement tout au fil de ces années, des morceaux de qualité et des choses qui sortiront un jour sur album. Et donc on avait commencé à travailler là-dessus. Et cette idée de travailler sur le côté aquatique/maritime, ça collait plus trop avec le concept et le nom de l’album, et on a décidé de rajouter "Seas of Oblivion" avant. L’album qui suivra s’appellera "Telluria", et sera basé sur le côté plus "terre" avec une musique un petit peu plus pesante. Alors il y aura toujours un peu des côtés "blast" mais très peu. Au final je pense qu’on sera plus dans des choses un peu plus mélodiques, parfois lourdes. Je pense que notre influence doom sera pas mal présente. Peut-être aussi du Wolves in the Throne Room, je sais que ça a été aussi une influence qui pourrait aussi bien rendre dans cet esprit-là. Je pense que cet album-là sera plus de la veine de Richard.
Richard : En fait, pour être tout à fait clair, cet album "Telluria" il y a déjà cinq titres qui sont déjà composés, que j’ai composé il y a une quinzaine d’années. J’exagère, 15 ans non. Pour rebondir sur ce que disait Nesh, quand on a fondé Nydvind il y a 12 ans, j’ai écrit une trentaine de titres. Forcément, 30 titres tout n’était pas très très bon, peut-être une dizaine ont été éliminés mais un certain nombre ne sont à date jamais sortis et vont alimenter le quatrième album "Telluria". Et donc on retrouvera pas mal de morceaux qui ont plus de 10 ans, donc qui auraient très bien pu figurer sur le premier album, dont je pense tu gardes un bon souvenir, en tous les cas que tu aimes beaucoup.

Vlad : Excellent souvenir !
Richard : Donc j’espère que tu aimeras le quatrième qui sera pas mal alimenté par cette époque de composition, donc assez sombre, assez froid. Pas si Wolves in the Throne Room finalement, je pense que…
Nesh : Certains passages…
Richard : Il y a aura certains passages un peu…
Nesh : Ce ne sera pas la base.
Richard : Voilà, ce sera quand même très Nydvind et très très mélodique. Je ne dirai pas froid parce que le premier album est froid c’est vrai, mais le quatrième sera plus mélodique, plus doom en fait que "Eternal Winter Domain". Et voilà, c’est tout pour "Telluria".
Nesh : Après on aura donc le suivant où là ça vient un petit peu plus de mon fait.
Richard : Beaucoup plus.
Nesh : Tu parlais effectivement du bouzouki. Alors ce qu’il faut savoir c’est que sur l’album "Seas of Oblivion", l’instrument va commencer à prendre une place sur certains morceaux, deux/trois breaks qui sont déjà composés et qui vont être agrémentés de guitare électrique, puisque le mariage finalement est pas mal du tout ! L’interlude qu’on a joué au Cernunnos sera je pense utilisé sur l’album "Telluria". Pour l’instant on ne lui a pas encore fixé de place : soit ce sera un interlude, soit ce sera même une production de l’album, ou ce sera un morceau où on brodera autour. On verra bien ce que ça donne. Dans mon côté musicien/apprentissage des instruments, j’ai commencé la guitare par la guitare électrique tout simplement, contrairement à d’autres qui ont plutôt commencés par la guitare classique. Et en fait je suis venu à la guitare classique un peu plus tard, et donc à jouer de la guitare classique petit à petit j’ai commencé à travailler ces choses-là. Et j’ai découvert il y a quelques années, début 2011, le groupe Tenhi, groupe de dark/folk finlandais, et j’ai eu un gros coup de cœur. Il y a aussi Empyrium dont on parlait tout à l’heure qui est aussi un groupe que j’apprécie beaucoup. D’ailleurs je crois que c’est Richard qui me l’avait fait découvrir il y a un certain nombre d’années. J’ai vraiment bien aimé ce groupe-là. Et d’autres groupes comme Agalloch que j’ai découvert par hasard, qui eux ont une influence musicale qui est plus mélodique, plus acoustique dans l’esprit. Et j’ai commencé à composer des structures, des squelettes de chansons uniquement à la guitare classique avec ces influences. Et au jour d’aujourd’hui j’ai cinq compositions qui sont composées de guitare classique avec des idées de quelques arrangements avec un autre instrument, on ne sait pas encore ce que ce sera. On verra bien : du violon, du chant ou bien une guitare électrique. Et ce genre de choses, on s’est dit que ça pourrait très bien coller sur le thème de l’air en fait dans les 4 éléments, de faire un album plus aérien, plus léger, plus mélodique, plus acoustique. Et au final ce sera très probablement l’orientation qu’on va prendre sur l’album qui suivra "Telluria", qui sera le concept de l’air, qui va vraiment un petit peu changer et même peut-être choquer.
Richard : Il sera radicalement différent car on ne sera pas les premiers à le faire…
Nesh : … on ne sera plus dans le concept métal pur et dur.
Richard : Ce sera un album acoustique.
Nesh : Voilà ce sera acoustique ou partiellement acoustique.
Richard : Dark/folk.
Nesh : On sera dans l’esprit dark/folk. On a écouté les compositions, ça plait plutôt pas mal à tout le monde, ça peut donner quelques idées. Pour l’instant ce sont des squelettes, des bribes de projet pour lesquels on se penchera par la suite. Mais c’est en cours et je pense qu’on est tous d’accord pour travailler là-dessus. Et puis au final l’album sur le feu on vous laisse un peu imaginer de quoi ça parlera et à quel style de musique ça pourra faire référence.

Vlad : On reste en tous les cas en attente. Effectivement tout ça promet de nouvelles choses. Moi vraiment quand je vous entends parler, je sens à la fois un certain ancrage dans ce que vous avez déjà fait, et en même temps cette volonté de s’affranchir. J’ai l’impression de quelque chose de très funambulique. Moi c’est vraiment le sentiment que ça me donne quand je vous écoute.
Richard : Je pense qu’en toute modestie, et je suis sérieux en disant ça, l’expérience d’un groupe ressemble à l’expérience des individus qui font le groupe. Je pense qu’aucun de nous trois ne sommes des vendus. On a toujours été originaux – Eric, Nesh ou moi – on a toujours joué dans des groupes différents. On n’a jamais fait ce que tout le monde faisait. Moi à l’époque où j’étais dans Despond, on était les seuls en France à faire ça. Après, ce que vient de raconter Nesh, je pense que ce qu’on va sortir avec l’album acoustique, le cinquième, on sera les seuls en France à faire ça. Il n’y en a pas beaucoup dans le monde qui l’a fait. Il y a certains groupes qui ont fait des albums acoustiques, Skyforger ou même Ulver, mais je pense que la scène française est une scène assez conventionnelle finalement.
Nesh : On peut citer Druidkh aussi qui a sorti un album acoustique.
Richard : Il y en a quelques uns qui ont sorti des albums acoustiques… et même Eric. On a tous des parcours un peu différents, et puis c’est ce qui doit résumer le groupe Nydvind. Le fait de ne pas donner beaucoup de concerts ça va dans cette optique-là aussi, parce qu’on n’a pas envie de faire comme tout le monde. Après certains d’entre nous voudraient jouer plus souvent, ce n’est pas toujours le cas. Mais c’est aussi l’ADN du groupe, c'est-à-dire qu’on est différents, on n’est pas comme tout le monde, et puis on a un projet artistique qui est quand même très très ambitieux. Mais surtout ça donne au groupe un élan à mon avis phénoménal par rapport aux prochaines années. Parce que comme je le disais tout à l’heure, il y a tellement de groupes qui se disent « Qu’est-ce qu’on va faire là ? ». Même Bran Barr on s’est posé la question pendant des années, après le deuxième album : « Mais qu’est-ce qu’on va pouvoir faire maintenant ? ». En l’occurrence ça a donné des dissensions qui ont provoqué une séparation dans le groupe. Mais voilà ce n’est pas le cas de Nydvind : on a un chemin qui est tracé mais qui pour autant n’est pas une prison, puisqu’on a encore énormément de liberté bien sûr. Et puis le dernier album risque d’être mémorable aussi puisque c’est un album de feu, donc ça risque d’être un album extrêmement violent. Et ça sera un pied de nez à la scène, parce que les gens pourraient très bien dire « Ils ont sorti un album acoustique ; qu’est-ce qu’ils vont nous sortir maintenant ? ». S’ils se prennent un album de black métal rentre-dedans, je pense qu’on va étonner notre monde. Et ça, ça nous fait le plus grand plaisir d’étonner les gens. Et puis ça nous fait d’autant plus plaisir d’entendre, comme tu le dis, qu’il y a des gens qui nous supportent même sans avoir énormément d’actu, sans donner beaucoup de concerts. Et puis c’est vrai qu’à chaque fois qu’on donne un concert, on a une fan-base qui est certes restreinte mais qui est très fidèle ; et ça, ça nous importe. Et surtout les gens nous disent effectivement qu’ils ont été touchés par notre musique, qu’il y a quelque chose qui se passe, que ce n’est pas du fast-food, et que finalement il reste quelque chose de Nydvind même si c’est à une échelle très très underground et très très modeste par rapport à d’autres groupes. Nous, ça nous suffit amplement voilà.

Vlad : En tous les cas, Nydvind existe encore très bien, et c’est ça pour moi le plus essentiel. Mieux vaut sortir effectivement un excellent album plutôt que d’en sortir dix qui sont relativement mornes, et vous vous êtes clairement dans la première catégorie.
Richard : Je me permets de rebondir là-dessus. Ce qui nous a coûté aussi pas mal c’est cette multiplicité de projets : y avait Seide pour Eric, Bran Barr pour Nesh et moi, et d’autres projets pour Nesh. Ca a pas mal quand même plombé l’élan de Nydvind, parce que si Nydvind avait été le groupe unique entre 2003/2005 et 2010 je pense qu’on aurait sorti des albums beaucoup  plus vite et ça n’a pas été le cas. On a été pas mal occupés et puis on a eu pas mal de choses personnelles.
Nesh : Ca influe aussi parce qu’effectivement comme ce n’est pas forcément notre métier, on a aussi une vie professionnelle, une vie personnelle qui influent un peu sur nos disponibilités, notre investissement au sein du groupe, ce genre de choses. Donc ce n’est pas toujours évident de bien gérer, que tout le monde soit synchro sur cet engagement dans le groupe. C’est vrai qu’il peut y avoir un certain nombre de personnes du groupe qui veulent à un moment ou à un autre s’investir et se donner à fond, et les autres suivent pas parce qu’ils ont effectivement leur vie derrière. Et tout de suite, ça peut être un peu frustrant, et inversement ce n’est pas toujours le même qui est dans cette situation.
Richard : Par contre une chose est sûre c’est que là depuis qu’on a repris un rythme soutenu, il y a plus de six mois maintenant, on est tous les trois d’accord pour dire qu’on a envie d’avancer, on est très motivés. On a justement ce chemin artistique qui est devant nous et qui nous permet d’avoir des jalons dans notre progression. E je n’ai pas peur de m’avancer en disant que les deux ou trois prochains albums de Nydvind vont s’enchainer assez vite, parce que "Seas of Oblivion" va sortir au mieux en fin d’année, au plus tard début 2014. Enfin ça dépendra des choix de signature qu’on fera. Mais je pense que "Telluria" sortira l’année d’après, ça c’est quasiment certain. Alors c’est vrai qu’on rentre dans ce que je critiquais tout à l’heure, entre guillemets – c'est-à-dire les groupes qui sortent des albums trop prêts – mais là je pense qu’on a un élan, on en a envie. Et puis "Telluria" est quasiment composé à 70%. Et je pense qu’on a tous les trois envie d’avancer très très vite sur ces deux albums, parce que pour ma part je suis très curieux d’avoir l’album d’après, c'est-à-dire l’album acoustique. Et j’ai envie déjà de caresser un peu cet univers qui sera celui du 5ème et il n’a toujours pas de nom. Et c’est pour ça que j’ai envie que les deux, le troisième et le quatrième, puissent sortir assez vite parce que je suis très curieux de sortir le cinquième. Alors le sixième, n’en parlons pas ; le sixième ça va être une explosion.
Nesh : Je pense qu’en fait ce qu’il se passe, comme on le précise, c’est que le travail – on n’a pas non plus chômé durant ces années – sur "Seas of Oblivion" et sur "Telluria" est déjà bien avancé. On a commencé à travailler, c’est déjà arrangé, on a déjà quasiment toutes les structures. Sur "Seas of Oblivion" on a des structures qui sont quand même définitives, puisque la plupart des morceaux on les répète aujourd’hui une fois par semaine. On en a déjà joué quelques uns en concert. Sur l’album "Telluria" les morceaux sont déjà posés, structurés, et il y a peut-être quelques arrangements à faire sur l’album, mais on va dire que 70% du travail est fait. Donc ça va aller assez vite, puisqu’on a déjà travaillé sur certains morceaux. Et au final ces deux albums vont pouvoir sortir assez vite. L’album suivant va demander peut-être un peu plus de travail, parce qu’effectivement ce n’est pas forcément notre univers à la base. Il va falloir s’attacher beaucoup plus à la composition, aux arrangements, aux mélodies, et peut-être justement travailler avec d’autres instruments que ce dont on a l’habitude. L’idée c’était effectivement d’avoir une part belle à la guitare classique/acoustique, guitare folk éventuellement et aussi au bouzouki, et peut-être d’autres instruments. J’ai commencé à apprendre un autre instrument qui s’appelle le nyckelharpa, qui est un instrument folklorique suédois, instrument à corde et à archet donc qui est un peu plus compliqué à maitriser. Et éventuellement de jouer sur les instruments à corde, et avec certains contacts pourquoi pas rajouter aussi d’autres instruments à corde/à archet comme un violon, un violoncelle, ce genre de choses.
Richard : Et du dulcimer aussi.
Nesh : Du dulcimer à marteau et ce genre d’instruments. Alors tous les instruments, on ne pourra pas forcément tous les jouer – ce sera un album je pense qu’on ne jouera jamais live – mais faire appel à d’autres musiciens sur d’autres instruments pour justement agrémenter, donner plus de couleur à cet album.

Vlad : Et puis vous pourriez aussi penser à certains guests, un certain Markus Stock par exemple. Je dis ça vraiment à tout hasard…
Nesh : Au niveau des guests, je pense qu’on ne va pas le dire tout de suite, mais on a déjà des idées de guests sur le prochain album, surtout pour le chant. Mais c’est à confirmer avec nos contacts. Ce sera la surprise…
Richard : De toute façon sur l’album acoustique il y aura forcément des guests, pas forcément Markus Stock qu’on ne connait pas personnellement – qui est donc le leader d’Empyrium pour ceux qui ne le savent pas – ce n’est pas évident, on ne les connait pas. Par contre on aura des guests de la scène locale, de la scène folk, on aura des amis violonistes ou instrumentistes traditionnels. C’est certain que l’idée pour nous sur cet album acoustique c’est d’apporter quelque chose d’inédit – inédit en France je le précise parce qu’on n’a pas la prétention de faire quelque chose qui n’a jamais été fait avant nous – mais avec des instrumentistes acoustiques à corde. Surtout ne pas sombrer dans le cliché de la cornemuse et de…
Nesh : Ce n’est pas le genre de la maison.
Richard : … et du biniou.

Vlad : Ca a été fait et refait.
Richard : Ca a été fait et refait. On l’a fait dans Bran Barr et c’était très bien. Et je ne pense pas que ça ait sa place dans Nydvind puisque ce n’est pas notre folklore. Donc on sera plutôt sur des instruments beaucoup plus acoustiques que des instruments à vent…
Nesh : … plus à corde, ce genre de choses.

Vlad : On attend en tous les cas la suite avec impatience. Donc on a parlé très longuement de votre actualité que je ne pensais pas autant chargée. Je suis assez surpris car véritablement c’est une démarche qui me semble vraiment très atypique, et ça rejoint complètement cette idée que je me fais de Nydvind sur le côté assez puriste, le côté purement qualitatif. Et j’espère que vous continuerez sur cette lignée.
Richard : Au passage je vous rappellerais l’effroi…

Vlad : L’effroi ?
Richard : L’effroi que j’ai eu en découvrant qu’un autre groupe avait eu la même idée que nous. J’ai découvert ça sur internet et puis je suis allé le vérifier dans un magasin, que nos amis Vintersorg avaient eu la même idée que nous. Ca m’a un peu pris la tête, je me suis dit « Merde, on pensait avoir une super bonne idée ». C’est l’anecdote, ce n’est pas très grave parce qu’ils en sont déjà à leur deuxième album ; ils ont sorti le vent et "Orkan", l’ouragan. On s’est dit « Qu’est-ce qu’on fait ? », on en a parlé entre nous ; « Y a un autre groupe qui l’a fait », on s’est rendu compte que ça ne devait en aucun cas nous arrêter dans notre démarche qui est suffisamment personnelle pour ne pas être confondu avec celle de quelqu’un d’autre. Donc on est droit sur notre projet.

Vlad : Et du coup le challenge est d’autant plus grand !
Richard : Oui mais je pense que nos chers collègues, je pense qu’eux n’auront pas l’audace que l’on a, enfin je n’en sais rien. Mais eux je pense qu’ils vont sortir un album avec des éléments mais tout en restant fidèles à leur musique, qui est leur personnalité. Aller aussi loin dans les extrêmes que Nydvind envisage de faire, je pense qu’il n’y a pas grand monde qui oserait le faire, surtout entre les deux derniers albums qui sont le jour et la nuit en terme musical. C’est justement ça qui nous a permis de nous dire qu’on continue sur cette démarche-là, que notre démarche est vraiment unique : le côté des 4 éléments, on n’est certes pas les seuls, mais dans l’idée de changer de musique par élément, ça c’est vraiment un vrai challenge au niveau artistique et je pense que là-dessus on est tous en phase sans problème.
Nesh : Et puis on a envie de le faire et on va le faire. C’est un choix même si effectivement ça a déjà été fait. On le fait à notre façon, c’est notre vision des choses, parce qu’on veut le faire et c’est nous, c’est aussi l’idée.

Vlad : Et puis c’est là qu’on reconnaitra l’identité propre de Nydvind à un moment donné.


Un énorme merci aux membres de Nydvind pour leur grande disponibilité et leur patience sereine…

Un grand merci à Metalovore pour sa grande réactivité…



Richard Loudin (Nydvind)


Juin 2013,
Dirigée par Vlad Tepes.







Nydvind_logo



The "Nordic Heathen" interview




Chapter 1 : Horizon(s) of Nydvind


(by Vlad Tepes)



Nydvind


Nydvind is an entity that I care very much about for 10 years now, since "Eternal Winter Domain" came out from a freezing journey. During all these years, lots of things happened in the band’s life and it appeared important to us looking for the Nydvind to know more about the past, present and future of the entity.

So myself and Metalovore have met Richard, Nesh and Eric during a splendid journey, where we rushed into the woods to undertake this Nordic Heathen interview. The language exchange was extended – a lot in fact – and with a sumptuousness that we wanted to keep uncut (so more than 2 hours of interview !).

And so, we’re offering to you the first chapter of this Nordic Heathen interview, where the Nydvind spoke us about their numerous projects. Sit down comfortably and prepared to be surprised by the freezing winds…




Vlad Tepes : Here we are in this wooded ground with Nydvind. Hello gentlemen.
Richard/ Nesh/ Eric : Hello.

Vlad Tepes : I’ve got a lot of questions for you. I hope that you summon yourselves patience. Maybe we’ll start with general questions about Nydvind and its concept – in quotes. Then speak about your current plans, because some might heard that there’re numerous. And then discuss again about your first album, sail to the second one, to loop the loop. And finally we’ll end with general questions, sometimes improbable. I think it’s better to end with improbable questions in the very end of the interview. Shall we start ?
Richard/ Nesh/ Eric : Let’s go.

Vlad Tepes : Nydvind… what an enigmatic name. What does it mean ? Is it a dreamlike designation or is there an accurate meaning behind it which can be shared with us ?
Richard : Actually, "Nydvind" is a name that came out from nowhere, I found it by accident. I found it in a moment when in fact I wanted to create a Nordic project. And wanting to create this Nordic band, I wanted to play with a tone… I wanted to say Scandinavian but not really Scandinavian because there is none direct reference to Scandinavia. I hesitated between several names for the band and found "Nydvind". "Nydvind" delighted me a lot. Later I realized in translating it, that it was very close from the Norwegian translation, it means "new wind" in Norwegian – "ny" meaning "new" in Norwegian, and "vind" the "wind". So the new wind in Norwegian, this is what the band’s name means in a very direct way. But it was totally involuntary, but finally I find it pretty cool to see things this way. I don’t tell it so many times that it means "new wind", in fact it was involuntary, but I think this is a poetic way to describe the band and different from what we can find in general. "New wind" means too that there isn’t any band that looks like Nydvind I think, in all humility. I think that when we created the band, we wanted to do something very different from the others, even if we have obvious influences that we can talk later, I think that Nydvind’s music – and it often comes out in interviews – is an original music and rarely we’ve been compared to other bands, or in fact not in an evident way. So here is the meaning of the name and the history of the band’s creation.

Vlad Tepes : Alright. Indeed we’ll have the opportunity getting back to this, but Nydvind does in fact a distinguished and personal music. I wonder one thing given that you’re assimilated – I don’t want you to get mad – to the Pagan scene…
Richard : There is no reason for us to get mad ! We totally accept being on this scene.

Vlad Tepes : … in fact there is this originality. This is a scene pretty soothed by mythology, etc. I was wondering if you were more anchored in something mythological, or something more personal, contemplative, and subjective in the end… or maybe are you into both aspects ?
Richard : I’ll start answering and Nesh may go on then. The reason for being of the band was initially to not being mythological at all, for two reasons. The first one is that when I’ve created Nydvind we were already in Bran Barr. Bran Barr is clearly mythological ; this is a band where Aed Morban is the founder, a band directly inspired by Celtic legends, and behind its inspirations a true commitment into the world of historical reconstitution. And in a personal capacity – I clearly say in a personal capacity – I have myself no link with mythology, it doesn’t interest me at all even if we have evolved over the years. But during the founding of the band, this is entirely personal – I wouldn’t say philosophical because it would appear a little bit pretentious – but poetical and very personal in the way of looking at things. Following the example of other bands which don’t make use of lots of references – in particular I think to Empyrium, the German band – who did Pagan music or Pagan dark/doom with a very poetical vision, very personal and which didn’t make any reference to mythological stories, etc. So we were totally into such approach in the beginning. I must quote another influence which is Satyricon, the first albums – "Dark medieval times" and "The shadowthrone" – albums which don’t make any direct reference to mythology. Satyricon is a Norwegian band so we could expect some talking about Vikings, but not at all. When we read the lyrics from the first Satyricon albums, we’re into forest, castles, something pretty abstract. And I was totally into that initially. But this is also true that we’ve been enriched by new members, there was some questionings about the concept of the band over the years. And maybe Nesh should talk about the rest, about what can be produced later.
Nesh : Concerning my eyesight of the band when I entered Nydvind, it was more the natural aspects, ecological too, we have a little bit such state of mind. Indeed there is absolutely no mythological concept but we are into a sense of being in communion with nature, our environment, the forest. In relation to that, our place of resources where we seek for some ideas and where we meet up from time to time (especially in the beginning), it is in the Vosges, in a natural place with its big forests, lakes, mountains, and all this snow at winter time. This is the spirit that stands at the basis of the band, and which unites us and made us evolve, to progress a little bit until now. So it is clear that later we’ve been affiliated to the Pagan/mythological aspect. It is true that Viking metal has had an enthusiasm on a particular period. Being signed under Trollzorn, this was a symbol that affiliated us to this kind of music. Personally, I’m more involved into the mythological and Viking aspect, being part of an association of historical reconstitution, the Branche Rouge which Aed Morban from Bran Barr is the founder. We’re a bunch of mates really attached to this Viking mythology, we’ve done lots of researches. So I think that it has an influence on our ideas, and listening to Viking bands like Amon Amarth, more into a death metal spirit, or bands from the Finnish, Swedish or Norwegian scene can have an little influence on the musical composition and maybe a little bit on the implicit themes. We avoid expressing it in a clear, precise way. It is true that for example "Sworn to the elders", the second album, makes a reference to our ancestors so we’re going to mythological aspects more or less, implied but with no exact reference. On the next album, we’re not really fixed but maybe there will be a notion – without pointing out, without any date, in a hazy way – something that will appeal a past where we may imagine what Vikings could be, maybe they are not ; we’ll try to keep this ambiguity about the band, without posting but without denying it too completely. These are our ideas about the next album. Then we’ll see for the following ones, when we’ll talk about it on that specific part about the future of the band.

Vlad Tepes : So you are a little bit on a knife edge, if I understand what you meant.
Richard : Totally, and this is the biggest problem of the band, because since the creation of the band we’ve always been categorized as a Pagan band. In fact we are a Pagan band, I have no doubt about this, but people mix up Pagan metal and mythology. Because Norwegian and Swedish people speak about Vikings, Irish people like Primordial/Cruachan speak about Celts, German people speak about Teutons, etc. And French people – we’re not many making Pagan music in France – our colleagues speak about Celts and Gauls. This isn’t the case with Nydvind because that’s not how I saw the band. Like I mentioned earlier, I wanted to create Nydvind to get away from what I knew from Bran Barr. Because Bran Barr, musically and lyrically, was something pretty accepted being Pagan/Celtic both in its form and its message. Nydvind, I wanted it to be some Nordic Pagan music – I say Nordic and not Scandinavian, because North is an abstract concept – both in its form and its core. So in the core, the first album speaks a lot about snow, cold. It is freezing, both in its form and its lyrics. And then we realize that we couldn’t make every album about snow and cold, others doing it much better than us (I especially think to Immortal, which I like)…

Vlad Tepes : This is something else.
Richard : This is something else but we couldn’t release ten albums with those things everytime : frost, snow, mountain, etc. So we renew ourselves with the second album, "Sworn to the elders", which is more classic in terms of lyrics because there are references to nature, but also to ancestors and History in general. And we’re going to cross another step with the next albums because we found an interesting concept, I don’t know if we can speak about it right now or later…

Vlad Tepes : As you want it so, we can talk about it right now !
Richard : Because in fact we had an idea, well Nesh had this idea that we found excellent – unfortunately we’re not the first ones having this idea because a Swedish band called Vintersorg had it before us – is to release 4 albums about the 4 elements. And this is a great idea because it gave us artistically speaking a roadmap, a cape sparing us from saying “What we’re going to do on the next album ? What can we speak about ? Which will be our themes ? Which will be the musical atmospheres that we’ll broach ?”. And now were totally, in quotes, into a career plan : the expression is a little bit barbaric but I think we’re into an artistic plan where we know that on the next 4 albums, if everything goes well – we’re going to touch wood – the band will keep living on that 4 albums. These are the 4 elements, so the next album will evoke water. The name of the album is "Seas of Oblivion" and will be an album mainly focused on the water and sea thematic in general, and as Nesh said so an explorative dimension, the major sagas of our ancestors – but we don’t know from where they come from, from when it dates…
Nesh : In principle, I’ll just go backwards about this choice of albums and the band. So it mainly came from the fact that I’ve reached a little bit to write at guitar level, initially at bass guitar with Nydvind during the creation of the band, not a lot of time after the creation of the band, the guitarist position being freed, and myself having left Bran Barr. And playing for Bran Barr had an influence at the Nydvind level. So I started writing, and many times we listened some compositions done for Bran Barr and Richard mentioned me “Well, it sounds like Nydvind, this is a little bit the spirit”. So we decided rather than looking for another guitar player, work today with three musicians, Richard still at guitar and vocals, Eric at drums, and myself who takes care of in studio – because in live, it is more complicated – keeping writing the bass lines as well as some parts of guitar. So now I mix different influences, and in fact the first track from Nydvind that has been written is called Sea of Thalardh, which is a song that I found at first pretty simple, and I didn’t like it at all. So one day listening to it “And if I tried to reworked it”, just keeping the same structure and maybe adding a second guitar line and by composing a bass line. And working on it, just bringing further elements, because the structure was good, the basis was already here. And bringing these little elements, I thought “So this song is not so bad”, and is pretty good in fact. With the same idea, we thought “So, Sea of Thalardh, two or three influences”, we told us “Why not”. Actually what happened is that Richard found a picture on the internet, which illustrated a maritime landscape a little chaotic with a boat, a big wave. There was too… I don’t remember what was on it. In fact we thought “Why couldn’t use it for an album cover ?”, and then why not totally found a concept-album on water, starting with a mixing between the cover we saw and the song Sea of Thalardh, and developing around such spirit. And then, telling us “We’ll see what we can do on the next albums”.
And then in regard of this album based on water I thought with my colleagues, “Why not trying to found the next albums on a theme about the elements”. We already have water, then why not ground, air, fire. And we thought that since we have multiple influences, compositions that finally stick more to a specific genre than another on some compositions. Richard has a big Doom influence, Eric is connected up to that style too ; in my history of passionate one and metalhead Doom metal is a genre that speaks to me, I played some in the past, not as many as Richard but I’ve a lot of such influences in that area. And we thought, why not found a genre in regard of an element : one element – one album – one specific genre. And for the 4 elements, 4 different musical genres. Speaking about that, on the next album "Seas of Oblivion", we’ll stay in the Pagan spirit, but maybe a little more epic. In regard of other influences, we’re influenced by the other bands of the Pagan style. Moonsorrow is still a big influence, a band that I like a lot. There is Primordial that has an influence too. And in our compositions we can feel it in relation to that. And we thought, we’re going to use these little influences to keep the Pagan spirit for a more epic thing and which indeed can go together with the maritime/navigation/exploration sides and the whole concept. So the next album is going to be found on such theme and with such genre which is going to diversify more or less, within the stories and themes we thought that we could based things on historical facts, and finally we prefer do not. We don’t prefer make it public clearly because it isn’t our style, this isn’t what we want to do. But I think everyone will interpret and see his own image. The main idea is that each auditor listens and imagines what he wants with the media, the lyrics, the music and the layout of the album at that moment ; and everyone can imagine what he wants. Some people maybe will imagine Vikings, others will rather imagine medieval navigation or the renowned explorations of Spanish Conquistadors and all that follows for example. So here it is, everyone will imagine what he wants in regard of that.
Richard : Actually I bounce back to it. What matters to us is to mention heathen topics, historical but at the same time disconnected from any objective reference. There are some examples on the first album, and I especially think to The Call of Mother Earth, this is a track from the first album where I clearly speak about a pagan ritual, since this is a funereal ritual of a warrior who left the world of the living. And I speak in these lyrics of an amount of rituals, ceremonies in fact pretty close to the Wicca for example and I don’t want to name it because I don’t want to fall into this type of caricature, to say “I read this myself, so I apply what I’m reading”. In fact we’re not dogmatic into Nydvind, we particularly don’t want to – added to the fact that we’re not Christian nor Catholic – decline into the caricature of the Pagan one who claim to be an alternative to monotheistic religion. So we’re a kind of spoilsport in quotes… well it goes pretty well for us, we don’t have too many problems, we’ve had much more problems in the past with other bands (speaking to my personal case). I have another example : this is I, The exil, which is a bonus-track of this album, and its title has been written by our friend drummer. And in fact it is a topic which evokes a journey of the defunct to celestial lands : so here we are very religious in the approach, but we’re not naming things. We’re not naming either the kingdom of heaven, nor the character’s origin. In fact I think we’ll keep to make use of this idea on the next album, namely we’re draw our inspiration from mythological things, historical, literary, mystical, etc., but we don’t want to get in such compartment…

Vlad Tepes : Draw inspiration from !
Richard : There we go, draw inspiration from, because none of us in the band is a practicing believer, whether it is any magic. We are Celts more or less. About the Vikings, Nesh was talking about it earlier, we’re not Viking at all if we consider the historical origin. So we don’t want to do nonsense, and I don’t want to expose myself to some critics – not necessarily in France – but in other countries, especially in Germany where people told us “Where are you from ? You’re French and you’re speaking about what ?”. Because it’s true that German pagan people are very nationalistic (in the good sense of the word), namely they speak about, like Irish, Norwegian people, etc., the history of their land and us much less. It’s true that it is different from us French people, because we could overflow on the topic but nationalism in France is much more taboo than other countries in Europe. And it isn’t well seen in France the pride to be Gallic, subject to be accused of extreme right-wing or nationalism, etc.

Vlad Tepes : This is not the same thing at all.
Richard : It is completely different and it’s true that German people were surprised by the fact that we could not speak about our pride to be French. Personally I’m proud to be French, I’ve any problem with nationalism and such pride of my roots. But I don’t want giving to Nydvind such color, political in quotes even if it isn’t a political color but it could be considered as a political color by our environment. And they were pretty surprised when we talked about it with German people. Dutch people by the way, Heidevolk, are very patriotic, they only speak about their ethnical roots. I don’t know if you’re familiar with Heidevolk ?

Vlad Tepes : Not much.
Richard : A Pagan Dutch band. The guys are ultra patriotic, and we like them because we’ve toured a little with them but we’re not at all into such approach of national identification.
Nesh : We’re a little bit into regional identification !
Eric : Maybe it is a particularity of Metal, to Metal music. Even though it is an identity scene, with lots of sub-scenes : you’ll see Black, Pagan, Death… it is very compartmentalized. And maybe it is a particularity of Pagan Metal too : we speak about our roots, we speak about our country, from where we were born, we’re exalting all those things. But on an artistic level after all, the hazard is to face endlessly the same references : mythology, Odin, etc. Precisely what is interesting with Nydvind, and much more interesting in regard of what has been done into Pagan Metal, it’s the fact that rather than bound something with mythology… especially with a mystical form related to nature, elements – water, fire, ground… – and climates – cold, etc.
Richard : Thoughtful as it has been told earlier.

Vlad Tepes : I was thinking to that precisely.
Richard : Pretty entwined, pretty thoughtful.
Eric : So this is the artistic challenge, that everyone finds, has a specific lecture of Nydvind’s creations, maybe Viking as it has been mentioned earlier. According to me it evokes something else, it depends on affiliations according to everyone. Everyone will have his own lecture, and it is what gives interest to Nydvind’s creations.

Vlad Tepes : In all cases, you’re totally into something pretty ambitious, very qualitative. When we look to the release date of your albums, we see that you’re not into some kind of emergency to release albums in an industrial way, you’re not like “release an album just to release an album”…
Richard : Yes, we never worked like that, either with Nydvind nor with the other bands. The proof is that Bran Barr released its first album in 2000 and the second one in 2010. We take our time, and we’re – I often say so – a little bit dilettante, especially myself. It has been lots of years since we’ve been inside the scene, we’re not new ones. Some of us have been there since 20 years. It’s not easy to be on the alert like we can be the first years. During the first years we were in fact much more on the alert in regard of releases. Now we’re into an approach where we want to do music mainly for ourselves and not to comply to the market demand, to deadlines, which generated some comments from our record-label telling us : “There’s not a lot of news ; you don’t tour very much ; you don’t release lots of albums”. According to myself I almost prefer those bands rather than bands touring all the time and who have an album every year. Because Eric was saying so earlier it banalised the product, in quotes, and makes the band pretty common. I think to Cannibal Corpse, Marduk that we used to see every year, who released albums every year, it was the time of Winter… no the X-Mas festival. Every year there was the same bands.

Vlad Tepes : It was pretty predictable.
Richard : It was routine and after all when something is released every year, it is immediately ingested, immediately digested, and then next. So Nydvind, us, I won’t say that it is voluntary to release an album every four/five years but it suits to us, this is our work rhythm. I think that the next albums maybe will be released faster, because we have the luck to have found this course of action for the next 3 or 4 albums ; I found that this is very impelling for the band and it will help us release albums more often. According to myself I don’t look for gratefulness from the Metal scene, so an album being released 5 years after the precedent I think it’s not serious at all. And as an example, when Bran Barr played at the Cernunnos two or three years ago, no one heard about us and guys were very happy to see us like “They’re still there”. In the end we’ve done a show in front of a full audience, in front of a public very happy to see us. In the end there was a little bit this "happening" kind of thing, showing that the band is coming back, “It’s been a long time since we didn’t see them”, and I think that it is better than “This is the umpteenth time or umpteenth album of Nydvind like Finntroll or Ensiferum, all these Pagan bands that has fully entered the industrial logic in total opposition with the world in which we are.
Nesh : It depends on the signing for which label. This is the benefit to be non-professional in the end, to not having professional pressure. That’s true that not many bands into Pagan make a living from their music. But for us it stands a hobby, and so we don’t have any label, we don’t have any pressure. But it’s true that some of us would like touring a little more, but we balance with other things. But in the end it offers us, it gives us more freedom in regard of that and we have less pressure. You mentioned the example of Bran Barr live, but I’d mention the example of Nydvind during the last Cernunnos : we had any news in comparison with Bran Barr who had released at that time an album one year before ; here we had no news at all but we found people who were there to see us for our performance at Cernunnos. So almost without news, people deal with us all the same. It’s true that not releasing an album regularly, not making news or that kind of things, maybe we lose contact with people who might be interested but in a less advanced way. And people who are really interested by the band, who like us, always get information and always have heard of these type de things. So here it is, maybe this is a choice, to say so “Well, maybe we have a restricted core of fans but they are…
Richard : … they’re faithful and in long term.
Nesh : This is the exact idea, in opposition to bands releasing albums and will have short-lived fans who will not be the next year, or that kind of things, who will forget pretty fast because they’re consuming… today a consumer society in large-scale, and even Metal takes part of such consumption cycle.

Vlad Tepes : In fact, it works pretty well for you because you managed to make an impression on people. Indeed you’ve only released two albums, but at Cernunnos I think the audience would not have expressed things that way with so much fervor if your two albums would have lesser quality. So I think that the betting has been won. I suggest you to get back in time with your first album if you want it so. Unless if you want to add other things about the writing of the album…
Richard : Yes, we haven’t finished yet !

Vlad Tepes : So I let you pursue, because there is this bouzouki interlude which is according to me another color and will not belong to the third album if I’ve understood well.
Nesh : I don’t know to which point we can speak about our ideas… In fact we began with a concept, to speak about history a little bit, the next album – some have already seen it – should be entitled "Telluria". This is a concept from Richard which is based on ground, with a very telluric aspect. And we thought that in terms of musical color this is something which could correspond to mid-tempo tracks, heavier, which maybe could be linked to Doom or…
Richard : … even the first album.
Nesh : Even the first album, this kind of things. And we have some songs because Richard wrote lots during all these years, quality tracks and some things that will be released one day. So we began working on it. And the idea of working upon the aquatic/maritime aspects, it wasn’t so much coherent with the concept and the name of the album, and we decided to add "Seas of Oblivion" before it. The album that will follow is called "Telluria", and will be based on an telluric aspect with a heavier music. But there still will be blasts but not a lot. In the end I think there will be more melodic things, sometimes heavy. I think that our Doom influence will be very present. Maybe some Wolves in the Throne Room, I know that it has been an influence which could be evocative in such spirit. I think that this album will be more in the vein of Richard.
Richard : Well, to be very clear about it, for the album "Telluria" five tracks are ready and already written, written fifteen years ago. Maybe I overdo, not 15 years. To get back to what Nesh was saying, when we created Nydvind 12 years ago, I wrote approximately 30 songs. It I evident that with 30 songs there are some weaker ones, and maybe 10 from them have been removed but some of them have never been released and will feed the third album… the forth one "Telluria". And so we’ll get in touch on this forth album lots of tracks which are 10 years old, and some of them could have been put into the first album, and I think that you’ve some good memories about it, and in fact you like it a lot.

Vlad Tepes : Excellent memories !
Richard : So I hope that you’ll like the forth one which will fed a lot by this period of writing, so pretty dark, pretty cold. Not so much Wolves in the Throne Room in the end, I think that…
Nesh : Some parts…
Richard : There will be some parts a little bit…
Nesh : This will not be the basis.
Richard : Here it is, it will be in the Nydvind spirit and very very melodic. I wouldn’t say cold because it’s true that the first album is cold, but the forth one will be more melodic, more Doom than "Eternal Winter Domain". And so, this is it for "Telluria".
Nesh : After that there will be the next one which will be more from myself in fact.
Richard : Much more.
Nesh : You were speaking about the bouzouki. What you must know about "Seas of Oblivion", is that the instrument will start to take a large space on some tracks, two/three breaks which are already written and which be developed with electric guitar, because the marriage in the end…
Richard : … is very good !
Nesh : The interlude we played at the Cernunnos I think will be used on the album "Telluria". At that moment we hadn’t found a place for it yet : it will be an interlude, or it will be an album’s production, or it will be a track which be developed. We’ll see what we can get with it. About my side musician/learning the instruments, I simply started guitar with electric guitar in opposition with people starting with classical guitar. In fact I came across classical guitar later, and so playing classical guitar slowly I started to work in those things. And I discovered a few years ago, in the beginning of 2011, the band Tenhi, a Finnish dark/folk band, and I had a huge favorite for this band. There is also Empyrium which we were talking about earlier, a band that I like a lot too. Indeed I think it was Richard that made me discover it a few years ago, I really liked this band. And others like Agalloch which I discovered by accident, who have a musical influence much more melodic, more acoustic in its spirit. And I started writing structures, skeleton of songs only with classical guitar and its influences. And from now on, I have five compositions made with classical guitar with some ideas of arrangements with another instrument, we don’t know yet which one it will be. We’ll see : violin, vocals or an electric guitar. And this kind of things, we thought it would fit with the theme of air inside the four elements, to make a more ethereal album, lighter, more melodic, more acoustic. In the end it will be maybe the orientation of the album after "Telluria", which will be the air concept, which will change a little bit and maybe shock.
Richard : It will be totally different because we will not be the first ones doing it…
Nesh : … we will not fit into the diehard metal concept.
Richard : It will be an acoustic album.
Nesh : It will acoustic or partially acoustic.
Richard : Dark/folk.
Nesh : We’ll be into the dark/folk spirit, we heard the compositions, it pleases everyone a lot, it can give us some ideas. Until now these are skeletons, parts of the project we’ll pursue later. But it is at work by now and I think we all agree to work on it. And then the album about fire in the end, we let you imagine what it’ll be about and to which kind of music we’ll make reference.

Vlad Tepes : We stay pending. Indeed it promises some new things. When I listen to you, in one hand I feel like an anchoring in what you’ve done, and at the same time a will to free yourselves. I feel like there is something very funambulistic. This is my own feeling when I listen to you.
Richard : In all honesty I think, and I’m totally serious saying that, experiencing a band is like the experience of the ones that compose the band. I think that no one of us is corrupted. We’ve always been original – Eric, Nesh or myself – we’ve always played in different bands. We’ve never did what everyone did. Speaking about the time when I was into Despond, we were the only ones in France doing that. Then, what Nesh was saying, I think that we’re going to release with the acoustic album, the fifth one, we’ll be the only ones in France doing that. Not a lot of people have done this in the whole world. There are some bands who did acoustic albums, Skyforger or even Ulver and co, but I think that the French scene is a conventional scene in the end.
Nesh : We can mention Drudkh who released an acoustic album too.
Richard : Some have released acoustic albums… even Eric, we’ve all been through different ways, and then this is what can resume the band Nydvind. Not doing a lot of shows is going through such way too, because we don’t do the same thing everybody does. Some of us would like to play more often, it’s not always like that. But this is also the DNA of the band, namely we are different, we’re not like everybody else, and then we’ve an artistic project which is pretty ambitious. We must admit that this is ambitious, but it also gives a huge run-up to the band in regard of next years. Because like we were saying earlier, there are some many bands saying “What are we going to do now ?”, even inside Bran Barr we asked ourselves such question. After the second album, “What can we do next ?”, in fact it created some dissents which provoked a separation inside the band. But this isn’t the case for Nydvind : we have a road which is drawn and without for all that being a prison, because we’ve lot of freedom of course. And the last album may be memorable as well because this is an album of fire, so it may be a very violent album. And it will be a nose-thumbing to the scene, because people could say : “They released an acoustic album ; what are they going to release now ?”. If they receive a direct Black Metal album, I think we’re going to surprise our world. And it gives us a lot of enjoyment to surprise people. And we are even gladder to hear, as you said, people supporting us without any news from us, without doing lots of shows. Then it’s true that every time we do a show, we have a fan-base in fact narrow but very faithful ; and this is what is important to us. And people tell us that they’ve been touched by our music, that something is happening in it, that this is not fast-food, and in the end that something remains from Nydvind even if it happens at a very very underground level and very very humble in regard of other bands. According to us, it is widely self-sufficient.

Vlad Tepes : In all cases, Nydvind still exists, and this is the most important thing to me. It is better to release an excellent album rather than releasing ten mournful ones, and you guys belong to the first category.
Richard : May I get back on that ? What cost the most to us, this is such multiplicity of projects : there was Seide for Eric, Bran Barr pour Nesh and myself, and other projects for Nesh. It clipped Nydvind’s wings, because if Nydvind would have been the main project between 2003/2005 and 2010 I think that we could have released albums faster and it wasn’t the case. We’ve been pretty busy and for some of us we had some personal things.
Nesh : It has an influence too because this is not our job, we also have a professional life, a personal life that has an influence on our availabilities, our investment inside the band, such kind of things. So this is not very easy to handle all this, making everyone in sync in regard of the engagement into the band. It’s true that some people of the band want to give themselves a hundred percent into the band at one moment or another, and others don’t follow it because they have another life behind it. And it can frustrating, and in opposition this is not every time the same person in such situation.
Richard : However one thing is for sure is that since we’ve back on an intensive beat, six months by now, we’re ok to say that we want to move on, we’re very motivated. We have in front of us this artistic road which offers us milestones in our progression. And I think I’m speaking maybe too much but I don’t fear saying that the next two or three Nydvind albums will chain themselves very fast, because "Seas of Oblivion" will be released at best in the end of the year, at the latest in the beginning of 2014. Well it will depend on choices of signatures we’ll do. But I think that "Telluria" will be released the following year, it is almost certain. So it’s true that we fit into what I criticized earlier, in quotes – so bands releasing albums too close one from another – but here I think we have a rush, we want it. And then "Telluria" is almost written at 70%. And I think that the three of us want to move on these two albums, because according to myself I’m very curious to have the following album, so the acoustic one. And I already want to caress a little bit such universes which will be the one from the fifth and which doesn’t have a name. That’s why I want that the two, the third and the fourth, to be released pretty fast because I’m very curious to release the fifth one, and I even don’t speak about the sixth. The sixth will be an explosion.
Nesh : I think that what is happening, as we mentioned it, is that the work – we didn’t lie idle during these last years – this work about "Seas of Oblivion" and about "Telluria" is already advanced. We began working, it is already arranged, we already have all the structures ; on "Seas of Oblivion" we even have definitive structures, because we’re now repeating most of the songs once per week. We already played some during shows. On the album "Telluria", the tracks are already done, structured, and maybe there are some arrangements to do on the album, but we can say that 70% of the work is done. So it’s going to be fast, because we’ve already worked on some tracks. And in the end these two albums can be released pretty fast. The following album maybe will need a little more work, because indeed it is not our world originally. We’ll need to get more attached to the writing process, arrangements, melodies, and maybe work with other instruments we’re not familiar with. The idea was to have a big part with classical/acoustic guitar, eventually folk guitar and bouzouki too, and maybe other instruments. I started to learn another instrument which is called nyckelharpa which is a folkloric Swedish instrument, string instrument with a bow, so a little more complicated to handle. And eventually to play with string instruments, and with the help of some people, maybe add other instruments with string/bow like violin, cello, this kind of thing.
Richard : And dulcimer too.
Nesh : Some dulcimer with hammer and that kind of instruments. So we can’t play all the instruments – I think it will be an album which we can’t play live in the future – but use other musicians with other instruments to enliven, give more color to the album and be wider according to that.

Vlad Tepes : And you could think to some guests, like Markus Stock for example. I say this totally by accident…
Nesh : Speaking about guests, I think that we will not tell it right now, but we have already some ideas of guests for the next album, essentially for the vocals. But it needs to be confirmed with our contacts. It will be a surprise…
Richard : In all ways, we will necessarily have guests on the acoustic album, not necessarily Markus Stock that we don’t know personally – who is the frontman of Empyrium for those who don’t know it – it isn’t easy, we don’t know them. However we’ll have some guests from the local scene, the folk scene, we’ll have some violinist friends or traditional instrumentalists. It is for sure that for us the idea is to bring something novel for this acoustic album – I must mention novel for France because we don’t have the pretention doing something which haven’t been done before us – but with acoustic string instrumentalists. The most important thing is not fall into the cliché of bagpipes and…
Nesh : This is not the house style.
Richard : … and Breton bagpipes.

Vlad Tepes : It has been done and redone.
Richard : It has been done and redone. We’ve done it in Bran Barr and it was great. And I don’t think it fits into Nydvind because it isn’t our folklore. So we’ll more use acoustic instruments rather than wind instruments…
Nesh : … more with strings, this kind of things.

Vlad Tepes : We are waiting for the things to come with lots of restlessness. So for a long time we talked about your current events and I didn’t think it was so loaded. I’m very surprised because it is a process which appears to me as very atypical, and it joins the idea of mine in which Nydvind is pretty puristic, the strict qualitative aspects of it and nothing else. And I hope that you’ll stay on such a line.
Richard : By the way I must remind you the terror…

Vlad Tepes : The terror ?
Richard : The terror that I had discovering another band had the same idea of us. I discovered this on the internet and then I’ve checked it in a store, that our friends from Vintersorg had the same idea as us. It bothered me, I told to myself “Damned, we thought having a great idea”. This is the anecdote, it’s not so bad because they released by now their second album, the one about wind, "Orkan" the hurricane. We thought “What are we doing now ?”, we spoke about it the three of us ; “There is another band who did it”. We realized that it couldn’t stop us in any way in our walk which is enough personal to be overwhelmed with the one of someone else. So we’re straight on our project.

Vlad Tepes : And so the challenge is even bigger !
Richard : Yes but I think that our dear colleagues will not have the same audacity as us, well I don’t know really, but I think they will release an album with elements but staying true to their music, which is their personality. Going so far as Nydvind wants to do, I think that not a lot of people will dare doing it, especially between two albums different as day and night in musical terms. It is precisely that that allowed us to follow on such walk, our unique walk : speaking about the 4 elements, we’re not the only ones of course, but switch the music per element, this is a real challenge artistically speaking and I think that on such point we all agree.
Nesh : And we want to do it and we will do it. It’s a choice even if indeed it has already been done. We do it our way, it is our own vision, because we want to do it and this is us.

Vlad Tepes : And then this is on such point that we’ll identify the proper identity of Nydvind at any given moment.


A huge thank you to the members of Nydvind for their availability and their calm patience….

A big thank you to Metalovore for his high reactivity…



Richard Loudin (Nydvind)


June 2013,
Directed by Vlad Tepes.




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