mercredi 13 novembre 2013

Mournful Congregation / Ataraxie / Monads / Charnia - Live Belgique 2013



Mournful Congregation / Ataraxie / Monads / Charnia

Let there be doom…

(par Vlad Tepes)




Moment : 20/04/13.
Lieu : Decadance (Gand, Belgique).


Mournful Congregation / Ataraxie / Monads / Charnia @ Decadance, Gand (Belgique) 20/04/2013



Groupes :

 Charnia Monads
  Ataraxie   Mournful Congregation



Il y a des soirées musicales que l’on se refuse de manquer tant elles nous allèchent. Et en ce 20 avril, il paraissait indispensable de rejoindre Gand pour une soirée doomesque des plus incroyables, réunissant des ténors du doom/death à la fois international et national : les Australiens de Mournful Congregation et les Rouennais d’Ataraxie.

Nous nous engouffrâmes avec Bloodhound dans cette salle exigüe du Decadance…



Charnia_logo

Jelle Pieters (Charnia)


La mélancolique nuit débuta avec les jeunes loups de Charnia. Ils nous offrirent une trop courte prestation, soit trois morceaux seulement, du fait d’un retard dû à l’un de leurs membres (ou plutôt un ancien membre devrais-je dire). Une rage manifeste sur le visage, le vocaliste Jelle Pieters délivra avec ses compères une prestation violente et atmosphérique. Pratiquant ce que je qualifierais de sludge contemplatif, Charnia nous aura offert une musique assez ultime, me rappelant avec grand plaisir un certain Neurosis dans les instants les plus apocalyptiques. A ce titre, voici Galilei à travers cette archive audio :




Maitrisée et franchement racée, la musique de Charnia demeure de haute volée, ce qui est assez étonnant pour un groupe à priori si jeune. Ainsi, le sentiment avec lequel je fus laissé, c’est une frustration assez importante. A revoir de toute urgence pour ma part…




Set-list Charnia :

1) The silent cartographer
2) Galilei
3) Longinus





Monads_logo

R.Polon (Monads)


C’est ensuite au tour des joyeux drilles de Monads de prendre la suite des doomesques opérations. Le groupe pratique une musique à la croisée du doom/death et du dark métal au sens bethlehemien du terme. Ainsi, l’ensemble retranscrivait un sentiment de torture intérieure, appuyé par des rythmiques pesantes caractéristiques du doom/death. Malgré une certaine difficulté à investir la (petite !) scène, l’attitude des musiciens était assez cohérente avec leur musique, à savoir sobre et froide.


R.Polon (Monads)



Malheureusement, le son fut assez catastrophique durant la majeure partie du set, nous infligeant un grésillement franchement désagréable. Sur cette archive audio, vous entendrez cette excellente composition qu’est Within the circle of seraphs, gâchée par ce fameux son :




Monads est un groupe qui a vraiment des choses à dire, et le son de cette prestation n’aura pas eu raison de ma volonté de les revoir sur scène…







Ataraxie_logo

Après ces deux excellentes mises en bouche, il était désormais temps d’attaquer le premier plat de résistance avec la colossale musique d’Ataraxie. Six mois après leur prestation parisienne au festival Doom Over Paris, il était temps de m’injecter une sérieuse piqûre de rappel…
Soulignons le temps infini de sonorisation qu’il fallut au groupe pour se préparer, dû au personnel de la salle manifestement léthargique. Ce fut Jo qui en subissa directement les conséquences, ne réussissant que très tardivement à obtenir une réverbération digne de ce nom !

La prestation débuta par l’indispensable L’ataraxie, sorte de rite de passage pour toute prestation du groupe. Bénéficiant d’un son manquant de puissance, l’interprétation fut quant à elle de bonne qualité.




Mais les hostilités démarrèrent véritablement dès le second morceau avec l’imposant Anhédonie. Avec un son toujours trop peu puissant, l’interprétation quant à elle poursuivit sur sa lignée, à savoir une qualité irréprochable.




Cela faisait bien longtemps que je ne m’étais pas autant démonté la nuque sur ce morceau d’anthologie ! Torturé et maladif comme il se doit, je fus conquis de bout en bout.

Un concert d’Ataraxie passant toujours à trop grande vitesse (aussi paradoxal que cette expression puisse être), nous arrivâmes déjà à la fin du show, avec un nouveau titre issu de "L’être et la nausée" (qui n’était pas encore paru au moment de ce concert). Voici ainsi pour la seconde fois en live le pavé de torture qu’est Face the loss of your sanity




Le son fut cette fois-ci relativement correct (même si manquant toujours de puissance) pour nous offrir un titre violent et sans compromis. Je continue à le trouver très différent de ce qu’Ataraxie nous a offert sur ses deux premiers opus, sans pouvoir pour le moment poser de qualificatif précis pour représenter ce changement. En tous les cas, Face the loss of your sanity s’imposa comme une pièce de choix, avec un style très marqué et structurellement complexe.
Mais une galère n’arrivant jamais seule, le titre fut coupé en deux parties distinctes, Fred ayant eu quelques soucis avec sa guitare, ce qui fut somme toute peu dommageable concernant le rendu global.

Cet excellent concert d’Ataraxie l’aura été par la seule volonté de ses musiciens, car le son une fois de plus n’aura été nullement un appui. Pourtant, avec une set-list représentant l’ensemble de la discographie de nos Rouennais, l’impact aurait dû être bien plus intense si tous les paramètres avaient été plus favorables. Je suis ainsi sorti frustré de cette prestation, attendant toujours de pied ferme une insensée célébration rouennaise…


Set-list Ataraxie :

1) L’ataraxie
2) Anhédonie
3) Face the loss of your sanity





Mournful Congregation_logo

Le second plat de résistance s’annonçait copieux avec les Australiens de Mournful Congregation. 4 ans après leur tournée Milestones of Misery de 2009, je me languissais de les revoir, agrémenté du fait qu’aucune date ne nous avait été offerte suite à la sortie de "The Book of Kings".
La prestation se déroula dans la quasi pénombre, avec un light-show quasi inexistant parfaitement adapté à ce style de musique. En effet, un doom aussi extrême s’apprécie particulièrement les yeux fermés, en totale introspection…
Ce concert débuta par le superbe Mother, Water – The great sea wept. Quel ravissement que de retrouver ce titre joué devant nous, à la subtilité impressionnante.




D’une lenteur conventionnelle à la version studio, mes yeux se fermèrent et c’est un long et lent head-banging qui m’empara de moi. Intense et très évocateur, Mother, Water – The great sea wept me transporta de la première à la dernière note. Du grand art…

Voguant vers "The Book of Kings", les larmes montèrent dès les premières notes de The waterless streams. D’une mélancolie très profonde, il fut impossible de ne pas se laisser envahir par cette vague de tristesse venue des abysses, dont la profondeur vous happe littéralement.




Rythmiquement, ce titre fut également particulièrement lourd, nous indiquant que Mournful Congregation reste bel et bien un groupe de doom/death. Me concernant, je suis assez satisfait que ce soit The waterless streams qui fut choisi pour représenter ce soir-là leur quatrième album.

Revenant en arrière, nos Australiens exhumèrent un titre issu de leur premier opus, en la qualité de Skyward gaze, earthward touch.




Ici, je trouve le choix plutôt maladroit car je considère ce morceau comme assez secondaire sur "Tears from a grieving heart". Ainsi, j’aurai nettement préféré entendre par exemple le poignant Opal of the stream beneath the hills. Je resta ainsi assez froid à ce moment précis du show.

Bien plus ambitieux selon moi, le titre éponyme The Monad of Creation s’inscrivit en dantesque épilogue…




Ce titre particulièrement épique (dans son acception doom bien entendu) provoqua chez moi une sensation d’écrasement, comme si la mélancolie s’était mutée en pierre. Ainsi l’apaisement que je ressens bien plus en écoutant la version studio passa ici au second plan. En effet, cette écoute exigea un investissement émotionnel conséquent, vampirisant le peu d’énergie qu’il me restait encore. Superbement éprouvant…

Cette prestation de Mournful Congregation n’aura fait qu’alimenter l’image de pionnier que je me suis construit d’eux depuis quelques années. Circonscrivant un style qui leur est propre (quasi hermétique pour la grande majorité des mélomanes dits "normaux"), une prestation live du groupe est éprouvante tant la lourdeur mélancolique est impressionnante. Au final, il est presque bien plus fatiguant d’écouter une telle lenteur plutôt qu’1h30 de blast beats en continu !
Mournful Congregation aura su s’imposer une fois de plus, comblant ses plus fervents admirateurs. En attendant une nouvelle venue dans quatre années…



Set-list Mournful Congregation :

1) Mother – Water, the great sea wept
2) The waterless streams
3) Skyward gaze, earthward touch
4) The monad of creation




Cette soirée fut en demi-teinte, dont la qualité du son fut seule responsable (concernant Monads et Ataraxie uniquement). Car pour ma part, les quatre prestations de ce soir-là m’auront touché, exprimant un univers à part entière, ainsi qu’une identité palpable.
Nous pouvons ainsi dire que la scène doom reste d’une grande vivacité, que ce soit à travers les groupes qui n’ont plus rien à prouver (Mournful Congregation, Ataraxie), ou bien les jeunes loups assoiffés (Monads, Charnia).



Mai/octobre 2013,
Rédigé par Vlad Tepes.




Mournful Congregation / Ataraxie / Monads / Charnia @ Decadance, Gand (Belgique) 20/04/2013


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