mercredi 12 juin 2013

Fatum Elisum / Marche Funèbre - Live Rouen 2012



Fatum Elisum / Marche Funèbre

Funeral Fate…

(par Vlad Tepes)




A post Doom’s day eve
Moment : 22/12/12.
Lieu : Emporium Galorium (Rouen, 76).


Fatum Elisum / Marche Funèbre @ Emporium Galorium, Rouen 22/12/2012



Groupes :

Marche Funèbre   Fatum Elisum

La Terre n’est plus… l’air est putride… les corps se décomposent lentement… la vie en est à son ultime effort… Et bien c’est ce scénario qui aurait pu (aurait dû ?) se produire si la fin du monde avait réellement eu lieu la veille. Mais nous sommes le 22 décembre 2012 en terre rouennaise et manifestement tout le monde aura survécu. Ce qui nous importe aujourd’hui, moi et ma Fée de Sang (après deux errances filthiennes absolument délectables cette même semaine…), c’est le constat que les doomeux ont eux bel et bien survécus, cherchant à dépeindre une fin du monde tant désirée. A défaut d’être réalisée, ce soir elle promet d’être incarnée !

En effet, deux noms du doom/death se produisirent à l’Emporium Galorium : les belges de Marche Funèbre et les rouennais de Fatum Elisum. Il fallait bien rattraper la négligence prophétique et enfin faire trembler les entrailles de cette terre…




Marche Funèbre_logo

Je me réjouissais de retrouver Marche Funèbre ce soir-là, étant resté sur ma faim lors de leur prestation au Doom Over Paris VI (le 25 novembre dernier). Le changement d’environnement et d’ambiance fut flagrant par rapport à la date parisienne, ne serait-ce qu’au niveau des lumières : ici, elles furent quasi éteintes (soit le grand cauchemar des photographes !), permettant de donner un aspect… funèbre. Ce climat était pleinement en accord avec le style pratiqué. Dans l’obscurité, la Marche Funèbre débuta…

C’est par le biais de Lethe que la marche commença, soit le plus long morceau issu de leur premier opus "To drown" (2011, Shiver Records). Cette remarque à priori anodine est le signe selon moi d’une volonté de se faire plaisir et de ne pas se mettre de barrière. J’ai vraiment ressenti cela ce soir-là.




Après un son plutôt lourd arriva le premier break où le chant clair pu s’exprimer pleinement, porté par des notes de guitare subtiles… avant une intense reprise. La suite du morceau se poursuivit dans un jeu de contrastes, entre lenteur et accélération rageuse. Mais c’est bien la lenteur qui sortira victorieuse, avec un chant clair particulièrement juste, scandant la désespérance continuelle… avant de laisser place à une ultime accélération, en guise de dernier souffle de vie visant à faire oublier tant de tristesse… en vain.

Marche Funèbre revint en arrière avec On wings of Azrael (dont le texte est issu de Ligeia d’Edgar Allan Poe), seul morceau joué ce soir-là issu de leur tout premier EP "Norizon" (2009).




Ce titre m’avait laissé partagé lors de la prestation parisienne, et je pus en profiter bien plus en ce 22 décembre. En effet, j’arriva ce soir-là à articuler les divers chapitres du titre. Un frisson émergea même lors du hurlement d’Arne clôturant la toute première accélération…

Le rythme se mit à ralentir de nouveau pour le titre suivant : The well that drowns me




A la fois lourd et efficace, c’est bien malgré tout la lourdeur qui guida l’ensemble, où deux chants clairs s’entremêlèrent avec aisance. Mais plus le morceau avança et plus la noirceur s’installa, le chant black supplantant le chant clair. Comme vous pouvez le constater, il se passa beaucoup de choses au sein de ce seul morceau, jouant une fois de plus avec les contrastes, ces derniers servant encore et toujours le désespoir…

Le moment vint pour Marche Funèbre de dignement dire au-revoir à son bassiste Zoran, effectuant ici son tout dernier concert avec le groupe. Ainsi, ce fut avec son titre préféré que le chapitre se clôtura : The dark corner.




L’atmosphère se fit bien plus opaque pour ce morceau, plus noire aussi. L’interprétation fut bien plus sauvage et entière que pour les morceaux précédents, le groupe cherchant véritablement à parfaire leur hommage. A ce titre, les vocaux d’Arne furent parfois sauvages, une autre fois arrachés, exprimant avec brio une rage mêlée de désespérance.
Ce morceau est probablement celui qui m’aura le plus touché, car possédant une tonalité de gris particulièrement torturée, fleurant bon l’eau croupie dont l’on se délecte juste avant de s’assoupir pour l’éternité…

Nous en arrivâmes déjà au morceau final, introduit par une introduction vocale assez prenante : voici Valley of tears




Assez efficace au demeurant, ce morceau clôtura ce concert rouennais en fleurant néanmoins le doom/death du début des années 90. Le headbanging pu enfin s’exprimer librement, permettant de compléter toute la désespérance longuement dépeinte sur les précédents morceaux du show. Ce Valley of tears aura en quelque sorte bouclé les émotions véhiculées par la musique du groupe ce soir-là.

Ce concert de Marche Funèbre m’aura cette fois-ci vraiment touché. En effet, le cadre tout comme la set-list ont contribué à instaurer un climat de tristesse des plus délectables. J’ai ainsi réussi à véritablement m’approprier leur univers, me permettant de mieux comprendre et ressentir leurs compositions. Alors que je les trouvais parfois décousues à Paris, ce 22 décembre je les ai ressenties en véritables unités. Cela confirme mon intuition préalable, à savoir qu’il est nécessaire de prendre le temps de découvrir la musique de Marche Funèbre pour l’apprécier à sa juste valeur.
Perpétuant la tradition du doom/death, Marche Funèbre est un groupe sur lequel il faut désormais compter dans nos univers mélancoliques…




Set-list Marche Funèbre :

1) Lethe
2) On wings of Azrael
3) The well that drowns me
4) The dark corner
5) Valley of tears





Fatum Elisum_logo

Un an et quelques poussières après leur précédent concert rouennais, voici que je retrouvais à nouveau avec grand plaisir Fatum Elisum. Le light-show se sera sensiblement illuminé, mais restant résolument opaque et dépouillé. L’humain allait à nouveau se perdre dans des considérations nihilistes…


EndE

La soirée débuta dans un long malaise avec In Vain, issu du premier opus éponyme du groupe (2008). J’avoue avoir été profondément réjoui d’entendre pour la première fois ce titre en live :




"Douloureux" est le mot, dans une interprétation assez instinctive. Il en est ressorti un aspect arraché et assez abrupt, tranchant avec la version studio. Malheureusement, le seul point noir fut un son manquant de basse et parfois imprécis. Mais cela ne gâcha en rien le plaisir d’avoir entendu ce que je considère comme étant le morceau le plus marquant de ce premier opus.

Poursuivant dans la souffrance, des notes rachitiques et évocatrices firent leur apparition pour introduire The twilight prophet. Assez cohérent dans le déroulement du concert, le titre s’inscrivit presque comme une suite logique d’In Vain :




 Avec un son plus entier, je me plongea à corps perdu dans cette longue complainte, superbe une fois de plus. Rehaussé par une rythmique doom/death, il m’était impossible de rester insensible face au plus beau moment de ce concert rouennais. Un mot, un seul : poignant.

Poursuivant dans leur deuxième opus, ce fut le vindicatif Homo Nihilis qui prit la suite des hostilités. J’avoue, je ne suis pas trop client du tout début du morceau, attendant plutôt la longue partie mélancolique.




Et cette attente fut récompensée ! En effet, ce long passage fut magnifique, assez équivalent émotionnellement parlant à The twilight prophet. Et cela confirme mon ressenti premier d’un titre d’une certaine manière découpé (ce que je ne ressens sur aucun titre du second opus). Au final, Homo Nihilis fut pour moi profondément contrasté, me laissant une certaine frustration en l’âme…

Bouclant la boucle, Fatum Elisum fit un retour au premier opus avec le désormais classique Dancer of spirals. Le titre fut plus cathartique pour moi qu’Homo Nihilis, et je dois dire que l’effet reste toujours intact :




Toutefois, les vocaux me sont apparus trop instinctifs sur la partie initiale (tout comme sur le début d’Homo Nihilis d’ailleurs) et je ne cache pas une certaine frustration à ce niveau ! Mais ne soyons pas mauvaise langue, le rendu global fut assez fidèle à ce morceau bien connu et apprécié des doomeux extrêmes. A raison.

Le concert se termina par la même et jouissive cover de novembre 2011, avec The hordes of Nebulah de Darkthrone. A vrai dire, le son de ce soir fut parfait pour accueillir cette norvégienne offrande, très largement doomisée pour l’occasion :




Le son crade de la version d’origine fut hautement respecté. De plus, un certain Nocturno Culto n’aurait sûrement d’ailleurs pas renié les vocaux d’EndE, s’inscrivant dans la plus pure tradition par moments. Ce fut d’ailleurs à s’y méprendre notamment sur les premières éructations. Soulignons par là-même le talent certain d’EndE à venir rendre hommage aux plus illustres vocalistes norvégiens, allant de Nocturno Culto à Attila Csihar (je vous renvoie à l’’interprétation de The pursuit of sadness en novembre 2011 en ce même lieu).
Cette cover (malgré que ce soit la seconde fois que  je l’entende), je pense l’avoir encore plus apprécié que lors de ce dernier concert… sombre délectation…


Hugo , EndE & Asgeirr

Ce show de Fatum Elisum nous aura offert une set-list plus variée qu’en novembre 2011, n’offrant pour autant mieux ou moins bien, mais bien quelque chose de différent. Ainsi, l’ensemble a eu une allure moins monolithique ("Homo Nihilis" constituant une offrande douloureuse et souffrante), ce qui aura permis d’osciller entre les deux opus. Bien entendu, certains titres manquent à l’appel selon moi, comme le superbe The pursuit of sadness ou East of Eden. Mais l’interprétation d’In Vain permit d’atténuer cette frustration. Toutefois, je regrette qu’aucune nouvelle pièce n’ait été proposée, car là était une de mes attentes. Ce sera ainsi pour une fois prochaine !

Malheureusement le son ne fut pas idéal et manquant de plus de basses. A ce niveau, Marche Funèbre fut plus massif. Quant à elle, l’exécution technique demeure assez similaire à celle de novembre 2011, à savoir parfois instinctive/impulsive. A la réserve des musiciens vient en contraste un désespoir qui s’expulse littéralement d’EndE. L’aspect cathartique de la performance fut évident, se complétant à merveille avec l’aspect théâtral. Et c’est bien cette alliance qui fait la particularité de chaque performance d’EndE…




Set-list Fatum Elisum :
1) In vain
2) The twilight prophet
3) Homo Nihilis
4) Dancer of spirals
5) The hordes of Nebulah (Darkthrone cover)


Après cette soirée riche en émotions, nous eûmes la possibilité d’échanger longuement avec un Mr riche de contrastes, un certain EndE… Et je ne me lasserai jamais d’exalter l’atmosphère particulière des concerts à l’Emporium Galorium. En effet, le climat est quasiment familial et véritablement confidentiel, permettant un contact privilégié avec les artistes. De plus, le fait d’être au milieu d’une audience aussi restreinte donne de l’espace à une musique aussi introspective que le doom/death. Et il est intéressant de faire coexister la chaleur humaine du climat crée en ce lieu au froid désespoir de ce type de musique. Voilà quelque chose à vivre pour tout mélomane qui se respecte.

Moi et ma Fée de Sang gardons un souvenir exquis de cette soirée, avec deux prestations bien distinctes, exprimant chacune leur vision du doom/death. Et je dois dire que ce fut exécuté avec talent et surtout avec force sincérité.

Pour conclure, je me permettrais de reprendre les propres mots de notre cher EndE, à savoir que nous implorons une nouvelle fin du monde pour venir la célébrer à nouveau… doomesquement parlant bien entendu.



Février/Mai/Juin 2013,
Rédigé par Vlad Tepes
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Fatum Elisum / Marche Funèbre @ Emporium Galorium, Rouen 22/12/2012



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